Économie du Maroc : Bilan de deux décennies & enjeux futurs
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Économie du Maroc : Bilan de deux décennies & enjeux futurs

Mis à jour : avr. 25


Climat des affaires, infrastructures, investissements, consommation, pouvoir d’achat, exportations, chômage etc .... Dans le cadre de la 12ème édition de la Journée de la création d'entreprise, l'association " Maroc Entrepreneurs ", qui a récemment fêté ses 20 ans d'existence, a profité de cette occasion pour demander à des experts de différents horizons et des institutionnels de dresser un bilan de l’économie marocaine, mettre en exergue la part de réussite du royaume chérifien et les enjeux futurs . Le site d’information CEO Afrique, présent à cet événement, a passé au crible les récits, la position et les interrogations prospectives de ces intervenants de haut rang.


crédit photo : ©Casa Anfa

« Au début des années 2000 , est apparue une migration nouvelle : une migration de compétences et de matières grises qui s’est substituée à la migration de travail antérieure . C’est de là qu’est née l’association Maroc Entrepreneurs pour pouvoir accompagner cette nouvelle migration ». C'est en ces termes qu’Abdesselam El Ftouh, directeur du Pôle économique de la Fondation Hassan II pour les Marocains du Monde, a présenté son chapitre introductif lors de la 12ème édition de Maroc Entrepreneurs qui s’est tenue le 25 Janvier 2020 dans le VIème arrondissement de Paris au sein de l'institut de France, organisée sous le thème "20 ans de progrès: quels défis pour le Maroc de demain ?". Une manière judicieuse de planter le décor et de fixer un point de repère: l’année 1999, période au cours de laquelle le roi Mohammed VI accède au trône, permettant ainsi aux panelistes d’analyser les évolutions économiques, monétaires et sociales jusqu’à nos jours .



Le Maroc, une terre favorable aux affaires et dotée d’un tissu économique dense


Poser la question de l’état de son économie, c'est acter entre autres le fait que le pays ait vu sa richesse accroître — ou décroître — . Le Maroc est la cinquième puissance économique d’Afrique au regard de son Produit intérieur brut (PIB) , selon les données de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, juste après le Nigéria, l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Algérie.


« En 1999, le PIB , en dollars constants, est passé de 40 milliards à environ 120 milliards en 2019, soit un triplement en 20 ans de la richesse produite par notre pays » soutient Driss Guerraoui, président du Conseil de la Concurrence, un organe chargé d’assurer la régulation de la concurrence sur les marchés et le contrôle des pratiques anti-concurrentielles et des opérations de concentration ou de monopole.


Le Maroc se retrouvait à une piteuse 102e place du palmarès international en matière de facilité de faire des affaires, selon l’édition 2006 de "Doing Business" [ Ce classement des économies, établi par la Banque Mondiale, n’a été instauré que le 13 Septembre 2005, soit deux ans après le lancement de la première édition du rapport "Doing Business" en Septembre 2003, NDLR ] . Une moins bonne place, synonyme d'un retrait au sein du concert des nations.



Une quinzaine d’années plus tard en 2020, le Maroc fait un bon spectaculaire, se hissant au 53ème rang à l'échelle planétaire et, de ce fait, propulsé au 3e rang sur tout le continent africain, reléguant plusieurs pays qui le devançaient auparavant , parmi lesquels la Namibie, le Botswana, la Tunisie, le Kenya, la Zambie, l’Éthiopie, l’Ouganda, le Malawi, le Nigeria, le Ghana ou le Lesotho .



Doing Business 2020 : Classement des pays d'Afrique

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Durant ces deux décennies, le Royaume chérifien s’est notamment évertué à mener des réformes décisives accélérant le processus de création d'entreprise et d’obtention du permis de construire, renforçant la protection des investisseurs minoritaires et élargissant son offre d’électricité aux populations locales.


« En 1999, le taux d’électrification était de 89,3% en milieu urbain. En 2019, la proportion s’élève à 100%. En zone rurale, le taux est passé de 39 % en 1999 à 99,64% en 2019 » poursuit Driss Guerraoui .


Le Maroc dispose désormais des faveurs des investisseurs étrangers et a fait partie en 2018 du Top 5 des pays les plus attractifs du continent avec 34,5 milliards de dirhams marocains d’Investissements Directs Étrangers (3,22 milliards d’euros), aux côtés de l’Égypte ( 6,07 milliards d’euros), l'Afrique du Sud (4,73 milliards d’euros) et la République du Congo (3,83 milliards d’euros) selon le dernier rapport du ‘World Investment Report’ publié par la CNUCED ( Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) . Au dernières nouvelles , les chiffres publiés par l’office des changes montrent que le flux des investissements directs étrangers a généré près de 18 milliards de dirhams ( 1,7milliard d’euros) fin Décembre 2019. À titre de comparaison, les indicateurs des IDE en1999 — toujours d’après la CNUCED — ne faisaient ressortir qu’un montant de 8,1 milliards de dirhams (757,26 millions d’euros) .

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Alléchées par ce climat propice au business, les entreprises étrangères sont présentes en masse, que ce soit dans l’automobile et des activités connexes (Renault, Aptiv, Yazaki, Sumitomo, Leoni, Lear Corporation), la banque ( BNP Paribas, Société Générale etc... ), le secteur pharmaceutique ( Roche, Novartis ) ou l’agroalimentaire (Nestlé, Coca-Cola, Danone) .


Ville de Rabat

D’un autre côté, l’économie marocaine est parvenue à favoriser la constitution de grands groupes nationaux, dont la plupart existaient déjà bien au delà de la période de 20 ans qui s’est écoulée, tels que AttijariWafa Bank, Maroc Telecom, Saham Group, la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), BMCE Bank, le groupe OCP (anciennement "Office chérifien des phosphates"), Ynna Holding, Finatech, Hightech Payment Systems (HPS), M2M Group ou la Société maghrébine de monétique (S2M) . Sans oublier le fait qu’une nouvelle génération de jeunes pousses innovantes est en train d’émerger au sein de l’écosystème entrepreneurial marocain .


« Cette modernisation économique et l’accroissement de la richesse ont été rendus possible grâce à une dynamique entrepreneuriale explique Driss Guerraoui . Les entreprises déclarées étaient en 1999 de 71952 en 1999 pour augmenter à 223000 en 2018 » .


Pour sa part, Jean-Pascal Darriet, président de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc , témoigne de l'élan entrepreneurial qui gagne de plus en plus le le pays à travers un exemple précis sous sa deuxième casquette de directeur général de Lydec, la filiale marocaine du groupe français de gestion de l’eau et des déchets Suez :


« Lorsqu’on m’a confié la direction générale de Lydec en 2012, nous avons mis en place un trophée ‘Innovation’. Nous avons vu émerger des dossiers de projet proposés dans le cadre de ce trophée, qui ont augmenté année après année, passant de 10 à 30 . Aujourd’hui, ce sont 100 dossiers déposés chaque année par des talents, qui sont soit modestes au niveau des moyens mis en œuvre ou bien plus organisés dans la construction de leur projet [ ... ] . En notre qualité de Chambre française de Commerce et d’Industrie au Maroc, nous accompagnons les entreprises dans le décryptage de la réglementation qui devient de plus en plus dense et complexe, afin de la rendre lisible. Nous apportons tous les éléments de simplification et de conseils ».

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S'agissant de l’aspect social, Driss Guerraoui se réjouit des avancées significatives dans ce domaine :


« Durant ces 20 dernières années, grâce à ce climat de confiance , nous avons réussi à mettre en place des réformes sociales audacieuses, avec en tête une grande réforme du code de la couverture médicale qui a permis à notre pays de disposer d’un système national de protection sociale. Cette instauration a permis à notre pays de passer d’un taux de couverture de 25% en 2005, date effective d'entrée en vigueur du code de la Couverture Médicale de Base (CMB) à 65 % en 2019 [ ... ]. Nous avons aussi assisté à la mise en place des institutions tels que l’Agence de Développement Social, l’ANAPEC [l'Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences, NDLR] et d’autres instances pour développer l’action sociale et solidaire » .


En 2019, le Maroc affiche un taux de chômage se situant à 9,2%, un chiffre bien moins élevé que celui de l’Algérie (11,4%), la Tunisie (14,9%),, le Botswana (20,7%), le Nigeria (23.1 %) ou encore l’Afrique du Sud (29%). En 1999, ces pays faisaient déjà moins bien que le Maroc avec ses 13,8% : Tunisie : 16,5% ; Botswana (18,93%), Algérie : 30%; Afrique du Sud (36,2%) etc...



Pléthore d’investissements dans des infrastructures de qualité


Ponts, construction ou extension du réseau autoroutier , lignes de train à grande vitesse etc ... D’ambitieux chantiers d'infrastructures ont été menés pour réduire la congestion du trafic routier à travers tout le Maroc et accompagner la hausse du trafic aérien et maritime.


« La modernisation économique, l’évolution relative du système productive nationale et la dynamique entrepreneuriale, ont également été rendues possibles grâce également au déploiement d’efforts extrêmement importants et volontaristes en matière de développement des infrastructures [ ... ] » renchérit le président du Conseil de la Concurrence.


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Opérationnel dès fin juillet 2007, le hub logistique Tanger Med , siégeant sur le Détroit de Gibraltar, et relié à 186 ports mondiaux, peut s’enorgueillir d’avoir traité 52,2 millions de tonnes manutentionnées en 2018, devançant ses concurrents égyptien (Port Saïd) et sud-africain (Durban). Son rôle devient important pour l’économie urbaine et maritime, au point de conférer à Tanger le statut de plus grand port à conteneurs d’Afrique et de deuxième pôle économique du Maroc, juste après Casablanca .


Le 28 Septembre 2017, Marrakech a mis en service ses premiers bus 100% électrique alimentés grâce à l'énergie solaire sur des lignes régulières traversant la ville, desservant Bab Doukalla, le quartier Al Massira et ses environs, les quartiers M’Hamid et le centre ville. Une initiative qui confirme les ambitions du royaume quant à sa volonté de devenir un pays respectueux de l’environnement et de l’humain .


Au moment de son indépendance en 1956, le Maroc ne disposait pas d’autoroutes. En 1999, le nombre de kilomètres d’autoroutes construits s’élevait à 476. En 2019, le volume a augmenté, portant le chiffre à 1170 kilomètres .



Le 15 Novembre 2018, avec l’ouverture officielle du tronçon Casablanca-Tanger de la Ligne à Grande Vitesse baptisée Al Boraq — fruit d’un partenariat entre l’ONCF (Office national des chemins de fer du Maroc) et la SNCF —, les trains s’élancent depuis la gare de "Casa Voyageurs" jusqu’à la gare de Tanger-Ville, en faisant une halte à Rabat Agdal et Kénitra . Le temps du transport passe ainsi de 4h45 à 2h10 en LGV. Plus de deux heures et demi qui changent beaucoup de choses pour les usagers marocains .


Le mois de Janvier 2019 a été marqué par l’aboutissement final et de l’inauguration du terminal 1 de l'aéroport Mohammed V, ce qui va permettre de juguler le risque de saturation de ses aérogares. Avec ce terminal, la capacité annuelle de l’ensemble des aérogares de l’aéroport Mohammed V atteindra près de 15 millions de passagers.


Le pont à haubans de Sidi Maârouf joue énormément sur la fluidité de la circulation dans le quartier d'affaires de Casablanca, depuis sa mise en service en Mai 2019 .


« En 1999, nous avons construit 34057 kilomètres de routes toutes catégories confondues, 19 aéroports et 11 ports. En 2019, ce chiffres vont croître pour atteindre 73000 kilomètres de routes, 27 aéroports et 31 ports [ ...]. Au moment de son indépendance en 1956, le Maroc ne disposait pas d’autoroutes. En 1999, le nombre de kilomètres d’autoroutes construits s’élevait à 476. En 2019, le volume a augmenté, portant le chiffre à 1170 kilomètres » détaille Driss Guerraoui .


Toutes ces infrastructures évoquées ci-dessus vont permettre ainsi de renforcer les échanges commerciaux et d’améliorer la connectivité vers le reste du continent africain l’Europe et Moyen-Orient . Parmi les grands projets déjà lancés, mais à finaliser ou à rénover, figurent le port Nador West Med, la Trémie des Almohades et la coupole Zevaco. Au registre de ceux qui sont encore en réflexion, il Y a bien sûr la construction de l’'autoroute Tit Mellil - Berrechid qui rendra plus facile l'accès aux abords du Grand Casablanca, les travaux d’agrandissement du terminal 3 de l’aéroport ou la construction de deux lignes de tramway supplémentaires qui viendront renforcer celles déjà existantes dans la capitale économique .


« Ces 20 dernières années, beaucoup d’infrastructures nouvelles sont apparues un peu partout pour accompagner ce développement des villes. Ce sont des investissements massifs qui ont été réalisés. Dans le cadre du plan de développement du Grand Casablanca mis en place en Octobre 2013, ce sont 120 milliards de dirhams qui ont été identifiés en matières de dépenses [ ... ] » souligne Jean-Pascal Darriet .


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L'apport économique et financier de la diaspora


Les Marocains du monde entretiennent des rapports étroits de longue date avec la mère patrie. Même si la diaspora est encore loin de devenir le premier investisseur du pays, leurs envois de fonds jouent un rôle considérable dans l’économie. Il convient de déterminer une échelle de valeur pour évaluer l’importance de cette diaspora : Quelques 5 millions, soit 15% de la population du pays, travaillent à travers la planète .


Le Maroc a connu plusieurs vagues d’émigration. A l’origine, elles étaient surtout liées à des contrats de travail et aux conditions économiques. Aujourd’hui, elles revêtent en partie une dimension estudiantine. Les banques locales ont encouragé, à travers leurs filiales, les ressortissants établis à l’étranger à alimenter financièrement l’économie du pays. Fort de ses 5 millions de ses compatriotes répartis à travers sur la planète, le Maroc a pu bénéficié de ces remises de fonds, lui a permettant de recevoir quelque 7,4 milliards de dollars en 2018. Selon la Banque mondiale, ces remises de fonds des Marocains du monde représentent 6,2% du PIB Marocain .

















« [ ... ] 20% des dépôts bancaires au Maroc sont constitués de dépôts de Marocains du monde » rapporte Wassim Biaz, directeur Pôle Banque des Marocains du Monde à la Banque Centrale Populaire . Toutefois, le financier tient à noter que la période d’euphorie entourant ces transferts d’argent est en train de prendre fin. « Le modèle atteint ses limites. L’une des raisons est d’ordre générationnelle. Les migrants de la première heure ont eu des enfants et des petits-enfants nés en Europe et, bien qu’ils gardent une attache forte vis-à-vis du Maroc, ont des attentes différentes. Ils éprouvent moins le besoin de transférer des fonds puisque leur famille réside ici [ en Europe, NDLR]. Du coup , il va falloir trouver d’autres leviers pour les inciter à investir au Maroc ».


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Des faiblesses persistantes


Derrière les chiffres de l'emploi relativement meilleurs que ceux constatés dans un bon nombre de pays d’Afrique, se cache une réalité moins reluisant : Les inégalités salariales restent profondes si l’on en croit le dernier rapport publié par l’ONG Oxfam. En 2019, le Maroc occupe la 121ème place du classement mondial des pays selon l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).


« Le PIB par habitant est passé de 1300 dollars en 1999 à 3345 dollars en 2019, ce qui a contribué à réduire de façon significative le taux de pauvreté. Toutefois il y a des inégalités entre le rural et l’urbain; et en milieu urbain, entre les centres-villes et les communes périphériques [ ... ] » reconnaît Driss Guerraoui .


Ville de Marrakech

Par ailleurs, les bonnes nouvelles en matière de climat des affaires et d’investissements directs étrangers ne doivent pas faire oublier les faiblesses de l’économie marocaine. En 1999, le PIB marocain représentait 6,79% du PIB africain total ( Afrique du Nord et Afrique subsaharienne réunies), exprimé en dollars courants. En 2018, la proportion a légèrement baissé : le Maroc n’a produit que 5,03% de la richesse à l’échelle continentale . Il convient aussi d’effectuer une comparaison avec la première puissance économique d’Afrique. Vis à vis du Nigeria , le Maroc voit son taux chuter, passant de 70,11% du PIB nigérian en 1999 à 29,68% en 2018 . Un constat amère qui met en exergue la belle marge de progression qui reste à réaliser .



Autre élément important à souligner : selon les données de la Banque centrale du Maroc, Bank Al-Maghrib, dix ajustements au niveau du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) ont conduit à une augmentation de celui-ci. Alors qu’il pointait à un équivalent de 1659,8 dirhams (157 euros) en 1999 , il s’est élevé à 2698 dirhams (255 euros) en 2019 , soit une augmentation de 1039 DH (98 euros) en 20 ans. Mais cela doit-il être interprété comme une hausse significative du pouvoir d’achat ? Selon la banque mondiale, les prix à la consommation font ressortir une hausse annuelle de 1,9% sur la période 2000 - 2018, ce qui réduit la marge de manœuvre des ménages aux revenus les plus modestes dans la gestion de leur budget.


Enfin côté balance commerciale, le compteur affiche un solde négatif de 208,99 milliards de dirhams (19,74 milliards d’ euros) à en croire les statistiques publiées fin décembre 2019 par l’Office des Changes , suite au déficit enregistré avec certains pays, tels que les États-Unis, la Turquie et l’Union européenne dans sa globalité . D’où la nécessité pour le Maroc de renforcer davantage sa stratégie de diversification de ses marchés à l’international. Ce déficit commercial a augmenté de façon spectaculaire par rapport à l’année 1999, où il s'était établi à 32,31 milliards de dirhams 3,04 milliards d’euros), selon les données de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) concernant les échanges commerciaux du Maroc avec l’extérieur .


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Un contexte international à risques


Les évolutions économiques du Maroc laissent envisager des possibilités de scénarios soumis à de nombreux aléas. Il faut tenir compte des incertitudes liées à un contexte sanitaire international marqué par la propagation du coronavirus qui plombera indéniablement la croissance mondiale, la faisant chuter à 2,4 % en 2020, contre 2,9 % en 2019 selon les prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). D’autant plus que le royaume chérifien importe en masse des produits high-tech et des appareils électroménagers en provenance de Chine, un pays étant son quatrième partenaire commercial et comptant le plus de cas de Covid-19 dans le monde à l’heure actuelle . Ajouté à cela, une issue plus ou moins incertaine du projet d’adhésion du Maroc à la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) , bloquée par l’opposition systématique du Nigéria, la locomotive économique de cette entité régionale. Autant d’éléments qui invitent à envisager l’avenir économique du pays avec un optimisme très modéré.


En quête d'un nouveau modèle économique moins inégalitaire et plus inclusif, intégrant l'apport de la diaspora


Au delà de l’évidence de la nécessité de poursuivre la dynamique engagée autour des investissements dans les infrastructures afin de maintenir l’attractivité du pays, Driss Guerraoui juge indispensable de miser sur une réduction drastique des écarts de richesse entre les régions du royaume :


« Il y a des défis colossaux à relever si l’on veut transformer ces acquis sur le plan économique : le défi de la généralisation la modernisation économique et sociale à toutes les régions du pays et qu’elle puisse bénéficier; le défi de la répartition des fruits de cette modernisation économique et sociale entre toutes les couches de la société; le défi de la durabilité et de la soutenabilité; et le défi de la gouvernance de cette transformation, une gouvernance responsable qui s’en remet aux principes du contrôle, de l’évaluation et du suivi. Le maintien d’une concurrence libre et loyale passe par la lutte efficace et sans merci contre les rentes, les passe-droits, le clientélisme, la corruption et toutes les déviances [ ... ] .


Pour sa part, Abdesselam El Ftouh estime qu’il faille renforcer « l’ arrimage du Maroc à l’économie mondiale » et « réfléchir à un plan d’action, concerté et intégré pour faciliter le retour gagnant-gagnant des compétences marocaines expatriées ».


Dans le même registre, Wassim Biaz abonde dans ce sens, jugeant que « les banques et les pouvoirs publics doivent travailler de concert pour attirer de manière différente l’épargne de ces Marocains du Monde [ ... ] » .


La journaliste et modératrice de la conférence Farida Moha, paraphrasant une étude réalisée par le média interactif " Rekrute " , avait rappelé en préambule que « 74% des Marocains du monde nourrissent l’espoir de rentrer au Maroc » . Ce message s'apparente à une note d'espoir pour un Maroc en quête d’émergence .


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Par Harley McKenson-Kenguéléwa

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