• Harley McKenson-Kenguéléwa

Ces projets d’infrastructures qui vont profondément transformer l’Afrique

Mis à jour : mai 16

Construction ou modernisation des autoroutes et des voies ferrées, extensions des aéroports, émergence de nouveaux gratte-ciels ... l’Afrique s'est transformée en un gigantesque chantier. Toutefois, les pouvoirs publics devront faire face à des défis titanesques et développer des solutions alternatives s’ils souhaitent accélérer la réalisation de tous leurs projets et continuer à s'impliquer dans des politiques de grands travaux.

Ces projets d’infrastructures qui vont profondément transformer l’Afrique

Les chantiers fleurissent à différents niveaux et avec diverses échéances dans une Afrique qui bouge et qui ambitionne clairement de jouer sa partition dans la mondialisation : ponts, réseaux ferroviaires, autoroutes, routes à péage, ports maritimes, aéroports, hôpitaux etc... Selon le rapport 2017 du Consortium pour les infrastructures en Afrique [ ICA : Infrastructure Consortium for Africa, NDLR ], les engagements en faveur du développement des infrastructures sur le continent ont bondi de 57,5 milliards d’euros en 2016 à 70,2 milliards d’euros en 2017. Les autorités des différents pays d'Afrique espèrent que ces infrastructures contribueront à booster la croissance économique, créer des emplois permanents, améliorer la qualité de vie et jouer un rôle crucial dans les échanges internationaux.

" BTP / Infrastructure : Ces projets qui vont profondément modifier l’Afrique ", tel a été l’un des thèmes de la 3e édition du forum " Rencontres Africa " qui s’est tenue en fin Septembre au Palais des Congrès de Paris, au cours duquel sont intervenus des décideurs africains et des dirigeants européens.

Au Sénégal, de gros chantiers ont été achevés ou sont en cours, dont les autoroutes de Dakar-Diamniadio et deThiès-Touba qui ont pour objectif de décongestionner le trafic routier, les centres-villes et permettre ainsi à ces territoires de se développer.

« Le Sénégal affiche une forte ambition de croissance [ ... ]. Sur la base de plan de développement du PSE ( Plan Sénégal Émergent), il s’agit de générer plus de croissance et mieux la répartir. Pour créer plus de croissance, il faut d’abord être compétitif. Et la compétitivité, ce sont d’abord les infrastructures qui relient les marchés » explique Abdou Karim Fofana, directeur de l’Agence de gestion du Patrimoine Bâti de l'Etat (AGPBE) du Sénégal.

Mathieu Glais, fondateur de la société de conseil PRODEVEMA estime que le processus de passation des marchés pour des projets spécifiques ‘clés en main’ au Sénégal va dans le bon sens avec, en contrepartie, un devoir de transmission de savoir-faire technique et de proposition d’offres locales qui devront avoir des retombées positives sur l’économie du pays.

« L’article 81 du code des marchés publics du Sénégal permet de passer en offre négociée des projets qui ont plus de 50 milliards de francs CFA, des projets stratégiques sur la base d’une clé en main » détaille le PDG.

Le Togo n’est pas en reste, avec des projets d’infrastructures notamment dans le domaine du traitement des déchets résiduels.

« Nous avons monté à Lomé un centre d'enfouissement technique [ ... ]. Nous allons passer à une phase de tri et de valorisation et nous en assurerons l’exploitation pendant 5 ans avec un partenaire français qui a déjà une solide expérience de gestion des centres de déchets dans l’hexagone » se réjouit Christian Combes, directeur Afrique du groupe de construction et de concessions Eiffage. Ce dernier a également tenu à rassurer sur la volonté du groupe de poursuivre les grands travaux de la future centrale hydroélectrique de Sahofika à Madagascar, « un projet de 200 mégawatts de 600 millions d’euros qui devrait a priori régler le problème énergétique de la grande Île [ ... ] », eu égard aux rumeurs qui circulaient dans le passé concernant le statu quo, voire l’abandon de ce projet.