La Zambie accepte désormais le yuan chinois pour le paiement de ses taxes minières
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- 2 janv.
- 24 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Pour la première fois, la Zambie intègre formellement la monnaie chinoise dans son dispositif fiscal appliqué à un secteur stratégique, celui des mines. Annoncée par les autorités et mise en œuvre à partir de la fin de l’année 2025, cette mesure s’inscrit dans un contexte très spécifique : une dépendance structurelle aux exportations minières, une relation commerciale et financière étroite avec la Chine — premier acheteur du cuivre zambien — et des tensions récurrentes sur les réserves de change en dollars. Pourquoi Lusaka a-t-elle fait ce choix maintenant ? S’agit-il d’un simple pragmatisme financier visant à réduire les coûts de conversion et à aligner les flux fiscaux sur la réalité des échanges en yuan ? Ou d’un signal plus politique, révélateur d’un rééquilibrage monétaire discret dans les relations sino-africaines, à l’heure où le renminbi cherche à s’imposer comme une devise internationale crédible ? Entre innovation institutionnelle, portée géopolitique et limites bien réelles, cette décision interroge autant sur l’évolution du système monétaire africain que sur la place croissante de la Chine dans les économies du continent. Ce grand dossier revient en détail sur les faits, le cadre réglementaire, les implications économiques pour l’État zambien et les entreprises minières, ainsi que sur la signification réelle — et les frontières — de cette "première africaine". Il explore également ce que ce choix dit, plus largement, de la progression du yuan en Afrique et des nouvelles marges de manœuvre recherchées par certains pays face à la domination du dollar. Le site d’actualités économiques CEO Afrique décrypte ce tournant monétaire afin d’en éclairer pleinement les enjeux économiques, financiers et géopolitiques.

Crédit photo : ©CEO Afrique / Harley McKenson-Kenguéléwa
Jusqu’ici, le paiement des taxes minières en Zambie s’effectuait en dollars. Désormais, des yuans chinois entrent aussi dans les caisses de l’État — une première dans les finances publiques africaines. Loin d’un simple détail technique, cette décision marque un tournant inédit.: pour la première fois sur le continent, un État africain accepte officiellement qu’une partie de ses recettes fiscales stratégiques — celles issues de l’exploitation minière — soit réglée dans la monnaie chinoise. Il ne s’agit ni d’un simple arrangement comptable, ni d’un geste symbolique anodin. Cette ouverture au renminbi marque une inflexion dans la manière dont un pays africain organise la collecte de ses revenus souverains, jusque-là largement libellés en dollars américains, monnaie de référence du commerce international des matières premières.
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