• Harley McKenson-Kenguéléwa

Startups : Créer des licornes en Afrique francophone, rêve ou réalité ?

Mis à jour : févr. 11


Très peu de licornes sont africaines. De surcroît, l’Afrique francophone peine à rejoindre le mouvement. Lors du webinaire intitulé " startups : à la recherche de la licorne francophone ", modéré par Rym Keramane (associate partner chez Dalberg) qui s’est tenu le 5 Novembre dernier sous l’égide d’Africa CEO Forum en partenariat avec Huawei, des professionnels du monde de l’entrepreneuriat et de l’investissement, parmi lesquels Mohamed Zoghlami (co-fondateur d’ Afric'Up), Nouss BIH (responsable d’Investissement en charge de la Côte d’Ivoire chez I&P), Christian Jekinnou (associé-gérant chez Fanaka & Co), Raymond Mendy (directeur général de Texaf Digital Campus), Bola Bardet (directrice générale de Susu) et Adnane Ben Halima (VP Relations Publiques, Huawei Northern Africa), nous ont expliqué les raisons pour lesquelles les startups licornes demeurent très minoritaires dans cette partie du monde face à la sphère anglophone du continent, et ont profité de cette occasion pour développer des pistes de réflexion sur les stratégies à employer afin que les choses puissent bouger dans les années à venir.

Le webzine CEO Afrique, qui a visionné en ligne cette e-conférence, en a tiré les éléments les plus pertinents pour faire un tour d'horizon des causes de ce retard mais aussi énumérer les leviers qui pourraient faire émerger une nouvelle génération de champions africains.


Crédit photo : ©CEO Afrique



Dans l’univers de l’innovation technologique et du numérique en Afrique, il existe quatre "géants" : l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigéria et le Kenya et puis ... toute une myriade d’écosystèmes entrepreneuriaux en plein développement, répartis aux quatre coins du continent, de la Tunisie à l’Île Maurice, en passant par le Ghana, le Rwanda ou l’Ouganda et bien sûr quelques pays d'Afrique subsaharienne francophone, à commencer par le Sénégal, la République Démocratique du Congo; le Cameroun ou la Côte d’Ivoire.

« Les pays anglophones tels que l’Afrique du Sud, le Kenya ou le Nigéria sont très "business-friendly" et enregistrent les meilleures performances, de par leur poids économique [ ... ]. Leurs écosystèmes d’innovation s’appuient sur plusieurs acteurs : d’une part sur les start-up, mais aussi sur les organismes publics, les financiers, les experts de tous horizons, les grands groupes, les systèmes éducatifs  — universités, centres de recherche, fondations  — et surtout les incubateurs qui prennent de plus en plus une place importante », explique Mohamed Zoghlami, co-fondateur, Afric'Up et consultant en ingénierie d’affaires & analyses stratégiques.


Lire aussi : Palmarès des 25 meilleures villes d'Afrique où lancer sa startup



Christian Jekinnou, associé-gérant chez Fanaka & Co, donne pour sa part un point de vue plus nuancé, mettant en exergue le fait que les ressortissants des pays anglophones qui se sont imprégnés de la culture business à l’anglo-saxonne « adoptent une approche beaucoup plus pragmatique et vont aller directement à l’essentiel, perdant moins de temps dans la préparation et la conceptualisation des projets », contrairement à « la vision latino-française qui privilégie davantage un travail de réflexion au détriment de la réalité du terrain. Un élément qui fait toute la différence car une start-up doit se confronter très rapidement au marché [ ... ] ».