• Harley McKenson-Kenguéléwa

Les villes africaines où créer sa start-up technologique : le match Cape Town vs Casablanca

Mis à jour : mai 17


Pour les aspirants entrepreneurs, Le Cap fait figure d'eldorado. Mais Casablanca a aussi de solides arguments à faire valoir. Afin de mieux discerner les points forts et identifier les marges de progression éventuelles de ces deux métropoles africaines, la Banque Publique d'investissement BPI France a organisé une conférence intitulée " De Casablanca à Cape Town : où entreprendre dans la Tech " , modérée par Mourad Chouiqa, qui s’est tenue le 1er Octobre dernier depuis l'AccorArena Paris dans le cadre du salon Big 2020. À cette occasion, la parole a été donnée à deux chefs d’entreprise et experts, connaissant bien le sujet des écosystèmes de startups en Afrique : Christophe Viarnaud, fondateur de Methys et président de la French Tech à Cape Town (Afrique du Sud), et Jérôme Mouthon, président de Teads MENA et de la French Tech à Casablanca (Maroc). À partir des expériences et initiatives de leurs propres organisations, ils nous livrent leurs "regards croisés".

Passage en revue des forces en présence, accompagné d'une analyse éditoriale par le webzine CEO Afrique qui a visionné en ligne cette conférence.



Bien que différentes dans leur approche, sans doute en raison des contextes géographiques et culturels, les villes de Cape Town et Casablanca n’en démontrent pas moins l’existence de deux environnements des affaires propices à la réalisation de synergies, à l'amélioration perpétuelle des conditions du marché et à l'établissement de partenariats internationaux stratégiques, exerçant ainsi des effets d'entraînement importants sur l’ensemble de leur économie respective.


Comparer la capitale législative de la nation arc-en-ciel et le poumon économique du royaume chérifien signifie comparer ce qu’elles peuvent valoir en tant que hubs start-up. Le Cap est la huitième ville la moins chère d’Afrique dans laquelle vivre, selon une étude du cabinet américain Mercer,  juste derrière Johannesburg et devant Blantyre (Malawi) et Nouakchott (Mauritanie), et a généré 34.5 milliards de dollars PIB, en partant du principe qu'elle participe annuellement au PIB sud-africain à hauteur de 10 %, avec une forte dominante sur le secteur tertiaire et une montée en puissance des Technologies de l’Information et de la Communication, de l’industrie électronique ou l’aérospatial, moteurs clés de la nouvelle croissance économique de la ville.

Pour sa part, la région du Grand Casablanca n’a produit la même année "que" 22.5 milliards de dollars US de PIB , en considérant le fait qu’elle contribue à elle seule à 19 % du PIB marocain, concentrant en son sein des activités industrielles et de services.

Au siècle de l'interaction et de la connectivité qui jouent un rôle déterminant dans le développement de l'économie numérique, il y a lieu également de mettre en exergue les taux de pénétration Internet à l’échelle des pays. Tandis que l’organisation Internet World Stats (IWS) évalue le nombre de Sud-africains connectés à 55% de la population totale, Le Maroc, quant à lui, affiche un taux de pénétration Internet de 63 %. Au niveau des villes, la seule métropole sud-africaine est dotée d’un taux de 63%.

Cape Town : une dynamique entrepreneuriale et technologique unique

« [ ... ] Le Cap, c’est " San Francisco " en Afrique; c’est la Silicon Valley du continent ! » s’exclame Christophe Viarnaud .

Il faut dire que plusieurs start-up font la fierté de la "Mother City" : Takealot, GoMetro, Timbuktu travel, Yoco, Get Smarter, Aerobotics, Thawte,  DataProphet  etc....