• Harley McKenson-Kenguéléwa

African Tech : Quels sont les principaux secteurs à surveiller ?

Mis à jour : juin 14


La prestigieuse école de commerce HEC met en avant les opportunités d’investissement dans le domaine du numérique et des technologies, présentant un potentiel considérable sur le continent africain.

"Secteurs en pointe pour les créations de startups en Afrique ? " : Tel a été le thème du webinaire organisé le 9 Juin dernier dans le cadre du programme "Challenge + Afrique", auquel ont participé Bola Bardet (Fondatrice & CEO de Susu), Christian Kamayou (Directeur général d’AKIBA Business Partners) et Redda Ben Geloune (Fondateur & PDG de AITEK) ; modéré par Étienne Krieger, (Professeur Affilié à HEC Paris, docteur ès sciences de gestion à l'Université Paris-Dauphine).

Le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, a analysé les projections établies par cet établissement d’enseignement supérieur pour les années à venir.



Avec l’émergence des classes moyennes, l’Afrique se présente désormais comme un continent attractif pour bon nombre de startups innovantes du secteur technologique, d’autant plus que les consommateurs ont des attentes de plus en plus élevées.


« [ ... ] l’Afrique est un terrain de jeu pour tout entrepreneur motivé. Il y a tellement de besoins et de challenges à résoudre » déclare Bola Bardet, fondatrice et CEO de Susu, une start-up spécialisée dans les prestations de services digitaux de santé .


Même son de cloche du côté de Christian Kamayou, fondateur d’AKIBA Business Partners, un cabinet de conseil en stratégie, estimant que « les startups qui s’attaquent à la résolution de problèmes concrets seront en mesure de trouver leur marché ».


Le webinaire organisé par HEC Paris, dans le cadre du programme "Challenge + Afrique", a donc été une occasion pour les panélistes de faire ressortir les principaux les principaux secteurs porteurs de croissance dans le domaine de l’innovation sur le continent africain. À commencer par la Fintech — résultat d’une symbiose entre l’univers bancaire et la sphère technologique — , un marché très lucratif, générant de plus en plus de chiffres d’affaires au fil du temps. Plusieurs facteurs expliquent ce succès : le faible taux de bancarisation dans la plupart des pays d’Afrique, l’essor fulgurant du marché de la téléphonie mobile qui a permis de développer des services financiers à destination des personnes concernées par l'exclusion bancaire, une grande agilité et réactivité que procurent ces néobanques & banques mobiles etc ...


« Les chiffres témoignent de l’existence de cette opportunité latente sur le continent africain. Il y a 5 agences bancaires pour 100 000 habitants — contre 13 agences pour 100 000 habitants dans le reste du monde — . Les startups africaines de la FinTech ont levé 836 millions de dollars à travers 65 deals, soit un total de 54% des financements qui ont été alloués à ces jeunes pousses, précise Redda Ben Geloune, fondateur & PDG de la structure d’appui à la transformation numérique AITEK et portant également la casquette de co-directeur académique du programme "Challenge+ Afrique" à HEC, s’appuyant sur le rapport établi par le fonds d’investissement Partech Africa. Plusieurs acteurs occupent le marché : M-Pesa au Kenya avec 23 millions d’utilisateurs actifs en 2019 et 12 % de croissance annuelle moyenne. Paystack et Interswitch au Nigeria font aussi la une des journaux en ce moment » poursuit cet ingénieur de formation.


Grosso modo, les segments de la FinTech se déclinent autour des prêts, des paiements, de la gestion d’actifs et des assurances. C'est sur ce dernier aspect que Bola Barde, dont l’activité — en l’occurrence celle de l’entreprise Susu — se situe à la croisée des chemins entre la FinTech, l’e-santé et l’Insurtech, apporte son éclairage et ses enseignements :