• harleymckenson

African Tech : Quels sont les principaux secteurs à surveiller ?

Dernière mise à jour : 4 avr.


La prestigieuse école de commerce HEC met en avant les opportunités d’investissement dans le domaine du numérique et des technologies, présentant un potentiel considérable sur le continent africain.

"Secteurs en pointe pour les créations de startups en Afrique ? " : Tel a été le thème du webinaire organisé le 9 Juin dernier dans le cadre du programme "Challenge + Afrique", auquel ont participé Bola Bardet (Fondatrice & CEO de Susu), Christian Kamayou (Directeur général d’AKIBA Business Partners) et Redda Ben Geloune (Fondateur & PDG de AITEK) ; modéré par Étienne Krieger, (Professeur Affilié à HEC Paris, docteur ès sciences de gestion à l'Université Paris-Dauphine).

Le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, a analysé les projections établies par cet établissement d’enseignement supérieur pour les années à venir.



Avec l’émergence des classes moyennes, l’Afrique se présente désormais comme un continent attractif pour bon nombre de startups innovantes du secteur technologique, d’autant plus que les consommateurs ont des attentes de plus en plus élevées.


« [ ... ] l’Afrique est un terrain de jeu pour tout entrepreneur motivé. Il y a tellement de besoins et de challenges à résoudre » déclare Bola Bardet, fondatrice et CEO de Susu, une start-up spécialisée dans les prestations de services digitaux de santé .


Même son de cloche du côté de Christian Kamayou, fondateur d’AKIBA Business Partners, un cabinet de conseil en stratégie, estimant que « les startups qui s’attaquent à la résolution de problèmes concrets seront en mesure de trouver leur marché ».


Le webinaire organisé par HEC Paris, dans le cadre du programme "Challenge + Afrique", a donc été une occasion pour les panélistes de faire ressortir les principaux les principaux secteurs porteurs de croissance dans le domaine de l’innovation sur le continent africain. À commencer par la Fintech — résultat d’une symbiose entre l’univers bancaire et la sphère technologique — , un marché très lucratif, générant de plus en plus de chiffres d’affaires au fil du temps. Plusieurs facteurs expliquent ce succès : le faible taux de bancarisation dans la plupart des pays d’Afrique, l’essor fulgurant du marché de la téléphonie mobile qui a permis de développer des services financiers à destination des personnes concernées par l'exclusion bancaire, une grande agilité et réactivité que procurent ces néobanques & banques mobiles etc ...


« Les chiffres témoignent de l’existence de cette opportunité latente sur le continent africain. Il y a 5 agences bancaires pour 100 000 habitants — contre 13 agences pour 100 000 habitants dans le reste du monde — . Les startups africaines de la FinTech ont levé 836 millions de dollars à travers 65 deals, soit un total de 54% des financements qui ont été alloués à ces jeunes pousses, précise Redda Ben Geloune, fondateur & PDG de la structure d’appui à la transformation numérique AITEK et portant également la casquette de co-directeur académique du programme "Challenge+ Afrique" à HEC, s’appuyant sur le rapport établi par le fonds d’investissement Partech Africa. Plusieurs acteurs occupent le marché : M-Pesa au Kenya avec 23 millions d’utilisateurs actifs en 2019 et 12 % de croissance annuelle moyenne. Paystack et Interswitch au Nigeria font aussi la une des journaux en ce moment » poursuit cet ingénieur de formation.


Grosso modo, les segments de la FinTech se déclinent autour des prêts, des paiements, de la gestion d’actifs et des assurances. C'est sur ce dernier aspect que Bola Barde, dont l’activité — en l’occurrence celle de l’entreprise Susu — se situe à la croisée des chemins entre la FinTech, l’e-santé et l’Insurtech, apporte son éclairage et ses enseignements :


« Le taux de couverture de l’assurance est de 1% en Afrique subsaharienne. L’offre de l’assurance est excluante : À 60 ans, on n’est plus assurable sur le continent ; cela coûte cher etc.... On sait que la première préoccupation est celle du paiement ; c'est faire en sorte que les patients, quand ils se rendent à l’hôpital, ont de quoi payer pour couvrir leur frais de soin. N’ayant pas pour vocation de fournir des prestations d'assurance, notre entreprise Susu s’est mise en partenariat avec des assureurs. Elle s’engage donc à assurer le suivi médical de bout en bout » .



Autre activité connexe qui va indéniablement prendre son envol : la HealthTech. Contexte de crise sanitaire mondiale oblige, les actions de sensibilisation sur la santé publique et d'autres aspects relatifs à la médecine vont s'intensifier. De plus, les entreprises du secteur, présentant des potentialités prometteuses, se voient offrir l’occasion de commercialiser les fruits de leur travail et leur recherche.


« Le marché de la HealthTech est évalué à 85 milliards de dollars, avec des prévisions s’élevant à 100 milliards de dollars à l’horizon 2030. Les meilleures startups du moment sont Zipline, une société de livraison de produits médicaux, et 54gene, une jeune pousse qui est en train d’alimenter une banque panafricaine de données génétiques » rapporte Redda Ben Geloune.


 

Lire aussi : Start-up africaines : Top 20 des pépites innovantes les plus prometteuses

 

L'avènement de la pandémie de COVID-19 a également fait réduire drastiquement les conférences, séminaires et réunions en présentiel et a constitué un accélérateur de tendances vers le 100% au travail à distance. Le secteur de l’EdTech a aussi su appréhender les enjeux du travail collaboratif, et surfer sur la vague du web 4.0 dans un bon nombre de pays africains, où le système scolaire et universitaire se révèle parfois structurellement défaillant.


« La pandémie de COVID-19 a permis de constater les avantages de l'e-learning, et beaucoup ont accéléré le développement de leur activité, en remédiant aux problématiques reliés à l’éducation et la formation, de par leur positionnement sur ce créneau de l’EdTech » souligne Christian Kamayou.


Il est fort à parier que cette activité fera preuve d’un beau dynamisme. À noter la montée en puissance de la startup EdTech "Tootree", co-fondée par Olivier Angue et Yves Jiwo.



Le covoiturage existe en Afrique depuis la nuit des temps




Un autre domaine où les besoins sont non satisfaits est celui de l'innovation transport & logistique, couvrant une palette d'activités offertes par l’utilisation du camion, de l’avion et surtout du bus ou de la voiture. À ce titre, Christian Kamayou dresse un constat implacable, teinté d’un humour grinçant, mais assez révélateur des problèmes liés aux opportunités non exploitées par les aspirants entrepreneurs :


« [ ... ] Sur le continent africain, la circulation est dense, les voitures sont omniprésentes etc... Généralement, ce sont plusieurs personnes qui montent à bord d'un même véhicule pour se rendre d'un point A à un point B. BlaBlaCar, leader mondial du covoiturage, a été créé en France. Pourtant, le covoiturage existe en Afrique depuis la nuit des temps ! aucun Africain n’a sauté le pas pour créer une application qui va dans ce sens, pour faire profiter au plus grand nombre ».


Toutefois, quelques belles initiatives ont vu le jour depuis quelques années, à l'instar de l'application de co-voiturage "Pip Pip Yalah", de la start-up marocaine créée par le duo d'entrepreneurs Otman Harrak et Hicham Zouaoui.


Par ailleurs, l’amélioration du taux de pénétration Internet assure un marché de l'e-commerce particulièrement dynamique. Les chiffres parlent d’eux -mêmes, si l’on en croit les données d’Internet World Stats : 85,2% au Kenya, 73% au Nigeria 68.5 % au Maroc, 68,4% en Tunisie, 60% au Gabon etc... Ce secteur offre de vraies possibilités pour créer une entreprise pérenne, à condition de prévoir large côté finance en ce qui concerne par exemple le budget marketing & communication, comprendre les attentes des internautes en matière de consommation et surtout cibler les prospects à l’échelle de tout le continent africain, afin de maximiser ses chances d’atteindre une taille critique. Redda Ben Geloune rappelle que « les start-up africaines opérant dans l’e-commerce ont levé 134 millions de dollars sur 30 deals en 2019 » et cite volontiers les trois pépites innovantes les plus en vue, « Jumia, Takealot et Copia » comme les véritables figures de proue dans ce domaine.


 

Lire aussi : Quelles solutions apportent les start-up dans les écosystèmes Tech d'Afrique ?

 

Force est de reconnaître que le secteur de l’e-commerce est parfois confronté à des défis multiples et les embûches semblent analogues dans plusieurs pays africains : mauvais états des routes, délais de livraison non-respectés par les transporteurs etc... De surcroît, Christian Kamayou soulève un problème non moins épineux :


« Les entreprises du secteur évoluent dans un environnement où l’adressage postal [ nom, numéro de rue de rue, NDLR ] n’est pas suffisamment élaboré. Il faut de l’innovation et d’autres mécanismes pour pouvoir réduire le coût de la logistique » .


Dès lors, le principal challenge réside dans la façon d’optimiser l’acheminement des commandes des clients.


 

data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAPABAP///wAAACH5BAEKAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==

Par Harley McKenson-Kenguéléwa




 

Tags :

actualité business en Afrique , faire des affaires en Afrique ; investir en Afrique ; start-up africaines ; s’implanter en Afrique ; actualité économique africaine ; entrepreneurs africains , lever des fonds Afrique , financement projet Afrique ; créer son entreprise en Afrique ; convaincre investisseurs , leader , investir en Tunisie , investir au Kenya , investir au Côte d’Ivoire , investir en Centrafrique , investir au Rwanda , entrepreneurs Afrique , commerce africain , secteurs porteurs en Afrique , la Bourse des valeurs, une alternative attrayante pour le financement des PME & startups ; portrait d'entrepreneurs africains , investir en Afrique du Sud , investir en algerie , actualité africaine , milliardaires africains , investir au senegal , rcep , pays émergents ,

61 vues
© Copyright