• Harley McKenson-Kenguéléwa

Les startups africaines face aux enjeux du Big Data

Mis à jour : mai 17


Le Big Data constitue clairement un enjeu vital pour les entreprises du monde entier. Alors que pratiquement toutes les sociétés à travers la planète s’attellent à collecter des données, les analyser, les valoriser et les exploiter sous forme d’information d’aide à la décision afin de gagner des parts de marché dans ce contexte de mondialisation, les startups africaines peinent à suivent le mouvement, faute de moyens ou d’infrastructures adéquates.

" Les startups africaines à l’ère de la data : pourquoi s’appuyer sur l’analyse de données lors du processus d'internationalisation ? " : Tel a été le thème du webinaire organisé le 8 avril dernier par le Sommet Emerging Valley, auquel ont participé Aïda Ndiaye (Public Policy Manager chez Facebook), Birame Sock (Fondatrice de Kweli & "Founder 5"), Serigne Fall (Responsable du pôle "Digital Growth" chez Looka), Idriss Marcial Monthe Djombissie (CEO de Cinetpay) et Dario Giuliani (Directeur de Briter Bridges) ; modéré par Cathy Sall (Conseillère Adjointe de Programme, International Trade Centre).

Cette e-conférence, que le webzine CEO Afrique a visionné, a été l’occasion d’échanges des regards croisés entre experts et dirigeants d’entreprise sur les problématiques de la disponibilité des données à travers le continent africain et les pistes de réflexion pour que le big data permet à ces jeunes pousses de passer le cap de l’internationalisation dans de meilleures conditions.




Véritable source d'informations utiles au quotidien et inépuisable mine de détails, le Big Data s'avère de plus en plus important au sein des stratégies des start-up, car il présente l’avantage d’optimiser la gestion de ses données et de mieux peaufiner le profil de la clientèle-cible dans un monde de compétitivité économique de plus en plus farouche.

Force est de constater que les startups africaines et leurs homologues européens, américains ou asiatiques ne sont pas logés à la même enseigne lorsqu’il s’agit de collecter des données.


« De par mon expérience aux États-Unis, on a eu accès à une pléthore de données sous différentes formes dans ce pays. Mais depuis que j'ai démarré ma propre start-up au Sénégal, je me suis très vite rendu compte du fossé existant entre ces deux mondes. Je n’avais pas accès facilement aux données lorsque je souhaitais réaliser des études de marché, en vue d’analyser la concurrence, cerner les habitudes des consommateurs et aussi optimiser mes opérations internes » constate Birame Sock, fondatrice & CEO de Kweli, une plateforme B2B de mise en relation entre producteurs et acheteurs globaux, et de "Founder 5", une structure d’appui aux startups à fort potentiel.


Certes, les données, devenues le nouvel eldorado du web, sont désormais affichées à la connaissance de tous, des sources d’informations gratuites et riches de renseignements, à travers des réseaux sociaux tels que LinkedIn, Twitter ou Facebook. Mais il convient de pointer du doigt le problème d’accès à Internet, constituant le nerf de la guerre sous l’angle du marketing. Les chiffres parlent d'eux mêmes : autour de 28.9 % de taux de pénétration au Cameroun, 17,7% en République Démocratique du Congo, 21,4% au Burkina Faso ou 11,9% au Togo, selon Internet World Stats. Toutefois, le problème du Big Data ne limite pas exclusivement à celui de la proportion d’internautes par rapport aux populations locales, d’autant plus qu’un bon nombre de pays réalisent déjà des scores relativement "honorables": 60.0 % de taux de pénétration Internet au Gabon, 56.7 % au Sénégal, 45.3 % en Côte d’Ivoire etc.. La difficulté réside surtout dans le fait que la disponibilité, la qualité et la mise à jour des informations recherchées font souvent défaut sur l’ensemble du continent. Ce qui amène à en déduire que les statisticiens, économistes, démographes, chercheurs et autres analystes ne sont pas suffisamment impliqués en amont dans la chaîne de valeurs du big data.


« [ ... ] Le problème principal dans la plupart des pays d’Afrique demeure l’accès à l’information. Les données ne sont pas souvent présentes sur Internet, atteste Dario Giuliani, directeur de Briter Bridges, une société de conseil en innovation sur les marchés émergents. Pour aller chercher cette information, il faut élaborer des questionnaires ou des interviews auprès de ses interlocuteurs, avant de l’analyser ».


Aïda Ndiaye, chargée des politiques publiques chez Facebook, abonde dans ce sens, précisant que : « beaucoup se sont exprimés sur le fait que c'est très difficile de faire des sondages en ligne, et donc d'avoir de l'information, car la majorité des africains ne sont pas encore connectés » et soulignant au passage que « quand on parle de collecter et partager l