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Les entreprises françaises ont la cote en Afrique du Sud

Dernière mise à jour : 4 avr.


L’Afrique du Sud offre un grand potentiel de développement dans les domaines de l’environnement, des industries, de la communication, de l’agrobusiness ou de la santé. Autant de secteurs où les entreprises françaises excellent.

" Les entreprises françaises en Afrique du Sud : Quelle image ? " : Tel a été le thème du webinaire organisé le 6 Juillet dernier par l’agence chargée de l’internationalisation de l’économie française, Business France, auquel ont participé Bertrand Furno (Chef du Service Économique Régional pour l'Afrique australe, ambassade de France en Afrique du Sud), Phumzile Langeni (envoyée spéciale du président sud-africain Cyril Ramaphosa pour les Investissements Étrangers), Jean-Claude Lasserre (Directeur exécutif du bureau Afrique de Saint-Gobain et Président du Comité CCEF en Afrique du Sud) et Dr Yves Guénon (ingénieur, consultant en implantation industrielle et président de la Chambre de Commerce & d’Industrie franco-sud-africaine) ; animé et modéré par le journaliste Arnaud Fleury.

Le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, montre comment les firmes françaises ont su mettre à profit leurs avantages compétitifs sur le marché sud-africain, sur la base des témoignages des intervenants.




Les multinationales et les PME françaises peuvent s'enorgueillir de tenir la dragée haute en Afrique du Sud, face aux autres investisseurs étrangers, et s’érigent désormais en acteurs incontournables des investissements directs étrangers (IDE), avec la mise sur pied, le développement ou le maintien de filiales dans ce pays, ou encore via des prises de participation, voire le contrôle du capital de sociétés locales. On recense à l’heure actuelle près de 400 entreprises françaises dans cet État d’Afrique australe, avec la région du Gauteng ( Johannesburg, Pretoria etc ... ) et Cape Town comme principales destinations de ces investissements. D’autres suivent le mouvement, choisissant donc de plus en plus l’Afrique du Sud comme base régionale du fait d'un environnement jugé favorable aux affaires, d’autant plus que la dynamique d’investissements a commencé à prendre de l’ampleur depuis la fin de l’apartheid.


« [ ... ] Notre stock d’investissement a été multiplié par 10 en 20 ans. Il est passé d’un peu plus de 300 millions d’euros à environ 3 milliards aujourd’hui. Cela nous permet de replacer la France dans le paysage sud-africain. Au niveau des flux, nous sommes maintenant positionnés en troisième position à l’échelle européenne après les Pays-Bas et l'Allemagne » rapporte Bertrand Furno, Chef du Service Économique Régional pour l'Afrique australe, à l’ambassade de France en Afrique du Sud.


 

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Les investisseurs français ont la particularité d’être en premier lieu des

fleurons de l’économie hexagonale, avec une grande diversité d’activités telles que les équipements électriques (Schneider Electric, Nexans, Socomec etc...), la distribution (Leroy Merlin, Decathlon etc... ) le transport & la logistique ( Bolloré Logistics, CMA-CGM, Alstom, Air France etc ...), l’Hôtellerie (Accor) ou l’agroalimentaire ( Danone, Pernod-Ricard, LVMH etc....).


« ENGIE, aujourd’hui premier producteur indépendant d'énergie en Afrique du Sud, a réalisé deux investissements importants dans les derniers mois. En ce qui concerne le secteur de l’environnement, des grands groupes comme Veolia et de belles ETI, à l’instar de "Séché Environnement", opèrent dans le traitement de l'eau et des déchets dans le pays. Sur le plan industriel, le groupe Air Liquide a racheté une branche d’activité de son partenaire sud-africain SASOL, axée sur la pétrochimie. Sans oublier le secteur des médias & communications, avec les groupes tels que Vivendi et Trace Partners. Pour finir, le groupe Lesaffre, leader européen de la levure vient de racheter deux sociétés issues du secteur de la boulangerie, avec en prime la création d’ environ 400 emplois » précise Bertrand Furno.


Contexte de pandémie de Covid-19 oblige, les partenariats ne sont pas en reste non plus chez les entreprises du secteur de la santé.


« Avec cette crise sanitaire inédite, le soutien français s'est concrétisé par la contribution de PROPARCO [ filiale de l'Agence Française de Développement, NDLR ] à la mise en place d’un dispositif d'accompagnement financier à destination du groupe sud-africain Aspen Pharmacare Holdings Limited. À noter également la conclusion d’un partenariat avec le laboratoire BIOVAC. Dans les deux cas, l'idée est de développer la capacité de production de vaccins en Afrique du Sud et, d’une manière générale, dans l'ensemble du continent africain » poursuit Bertrand Furno.



Tous ces énoncés évoqués ci-dessus font écho aux observations faites par Jean-Claude Lasserre, CEO du bureau Afrique de Saint-Gobain et Président du Comité CCEF en Afrique du Sud, au sujet du niveau d'appréciation émanant des consommateurs locaux :


« Les Sud-Africains sont très friands de produits français, issus notamment des secteurs du design, du mobilier, de l’agroalimentaire et des nouvelles technologies [ ... ] » .


Dans le même ordre d’idée, mais de manière générale, Phumzile Langeni, envoyée spéciale du président Cyril Ramaphosa pour les Investissements Étrangers, souligne que « les entreprises françaises implantées en Afrique du Sud participent activement à vingt-deux secteurs de l’économie nationale ».


Les échanges commerciaux quant, à eux, sont également importants représentant 3 milliards d'euros dans les deux sens en 2019.


« Les échanges commerciaux bilatéraux ont été impactés par la crise liée à la pandémie de Covid-19. Ils ont reculé d'environ 30 % pour atteindre un peu plus de 2 milliards d'euros en 2020. Lorsqu’on scrute plus près l’état des lieux de l'export, les secteurs les plus touchés ont été l'aéronautique, l'industrie minière et les vins & spiritueux . Mais cela devrait s’inverser, eu égard à l'amélioration attendue de la conjoncture » relativise le conseiller économique de l’ambassade de France.



Une expertise française particulièrement appréciée


La quête de nouveaux marchés constitue bien entendu une motivation majeure pour les entreprises hexagonales. Ces dernières sont aussi très impliquées dans les activités de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans le respect des aspects relatifs au "Broad-Based Black Economic Empowerment" (B-BBEE) — une initiative gouvernementale visant à former et faire émanciper économiquement les personnes noires à travers toutes les couches de la société — , un atout que la plupart des entreprises de pays comme la Chine ne semblent pas posséder, si l’on en croit Bertrand Furno :


« [ .. ] Ce que l’on constate dans cet environnement sud-africain, c’est que les entreprises européennes et singulièrement leurs homologues français sont plus à l'aise que ceux d’autres pays comme la Chine qui souhaitent davantage, pour leur part, maîtriser leurs investissements à tout point de vue, y compris au niveau des salariés et du capital social. Cela confère effectivement aux sociétés tricolores des avantages comparatifs que sont une grande flexibilité et une capacité d'adaptation à toute épreuve ».


 

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Jean-Claude Lasserre abonde dans ce sens, ajoutant que « six grandes entreprises françaises ont dispensé des formations diplômantes à plus de 20 000 Sud-Africains, totalisant au final plus de six cent mille heures de cours, avec en prime du transfert de technologie au cours de ces deux dernières années » .


Même son de cloche du côté de Phumzile Langeni rappelant que « les firmes multinationales françaises, à travers huit centres de formation, ont permis la montée en compétences d’équipes locales, soit plus de 24 000 Sud-Africains majoritairement noirs qui, dans le passé, étaient exclus de la sphère économique ».



Besoin de pédagogie


Si les PME de l’Hexagone, à la pointe de l’innovation ou opérant dans les secteurs dits "traditionnels", parviennent à percer sur le marché sud-africain, force est de reconnaître que leur savoir-faire et leur expertise sont parfois difficilement identifiables ou reconnus comme étant bien "français" dans l’imaginaire collectif. Un bien grand paradoxe qu’a voulu mettre en lumière Dr Yves Guénon, ingénieur, consultant en implantation industrielle et président de la Chambre de Commerce & d’Industrie franco-sud-africaine :


« Globalement, l’image des entreprises françaises en Afrique du Sud est très bonne. Néanmoins, il existe un grand nombre de sociétés tricolores pour lesquelles les Sud-Africains seraient incapables de les identifier comme étant de marque française. Je ne suis pas certain que les gens sachent que Saint-Gobain ou Air Liquide soient français, alors que les constructeurs automobiles Audi, Mercedes ou Volkswagen sont immédiatement reconnus en tant que marques allemandes. Il est évident que nous souffrons d'un déficit de communication. Nous travaillons actuellement en étroite collaboration avec la Team France Export, en vue d'améliorer cette visibilité [ ... ] » .


 

Par Harley McKenson-Kenguéléwa



 

 


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