• Harley McKenson-Kenguéléwa

L’Afrique du Sud, un géant économique qui garde son aura auprès des investisseurs

Mis à jour : mai 19


Le fait que l’Afrique du Sud devance l’ensemble des nations africaines en termes d'attractivité résulte du fait qu’elle possède les caractéristiques d’un État industrialisé et que les fondamentaux de son économie demeurent solides. Mais elle emprunte aussi quelques traits propres aux pays en voie de développement. Une situation hybride et un paradoxe apparent qui doivent amener, au préalable, les investisseurs étrangers à échafauder méticuleusement une stratégie d'implantation, de croissance et de rentabilisation sur le moyen & long terme.

"Point d’actualité et environnement du Business en Afrique du Sud" : Tel a été l’intitulé du webinaire organisé le 5 Mai dernier par le Comité d'échanges Afrique- France (CEAF), un réseau créé par la Chambre de Commerce et d’industrie de la région Paris Île-de-France, auquel ont participé Axel Baroux (Directeur Afrique subsaharienne chez Business France), Yves Guenon, (Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco Sud-Africaine & directeur d’Izibani Consultancy) et Enrico Stecchezzini, Africa Territory Manager chez SOCOMEC) ; modéré par Zoubir Rabia (Chef de projets internationaux, CCI Paris Paris Ile-de-France).

Le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, a donc analysé les atouts et les challenges à relever pour ce pays en matière d’attrait des investissements, sur la base des témoignages des intervenants.


Pretoria, capitale administrative de l'Afrique du Sud



« L’Afrique du Sud, c’est le seul pays africain membre du G20, des BRICS [ Brazil, Russia, India, China & South Africa, NDLR ] et disposant d’une centrale nucléaire en fonctionnement sur le continent ».


Ce mini-portrait dressé par Axel Baroux, le directeur "Afrique Sub-saharienne" chez Business France — l’agence chargée de l’internationalisation de l’économie française — suffit amplement pour se rendre à l’évidence : l’Afrique du Sud entend s’affirmer comme le seul véritable hub d’affaires de stature internationale, situé sur le continent africain. Certes, ce pays d’Afrique australe a été touché par la chute spectaculaire de son PIB (Produit Intérieur brut), causé en grande partie par la crise liée à la pandémie Covid-19. D’autant plus qu’elle a déjà perdu sa place de deuxième économie d’Afrique en termes de PIB, soit 283 milliards de dollars U.S concernant la production de richesse réalisée au cours de l'année 2020, au profit de l’Égypte (362 milliards de dollars U.S), elle-même derrière le Nigeria (443 milliards de dollars U.S), selon les sources de statista.com/statistics. Mais si l'on se réfère strictement à la définition d’une puissance au sens premier du terme — capacité d’un pays à imposer sa volonté aux autres sur le plan économique, financière, technologique etc ... — , il convient de prendre en considération la solidité de l' écosystème entrepreneurial et d’innovation et la très forte densité du tissu industriel.


« Le PIB de l’Afrique du Sud, c’est 65% du PIB de l’Afrique australe. Lorsque vous vous rendez en Zambie, au Botswana ou en Namibie, les enseignes sud-africaines sont omniprésentes et vous y trouvez des façons de faire des affaires à la manière sud-africaine. Ce sont les raisons pour lesquelles beaucoup d’entreprises considèrent l’Afrique du Sud comme un hub, parce qu’elles peuvent rayonner dans la région, via leurs contacts sud-africains [ ... ]. Par ailleurs, même s’il existe une espèce de compétition très forte entre l’Afrique du Sud et le Nigeria, ces deux géants africains ne jouent pas tout à fait dans la même catégorie, ni en terme géographique, ni en terme de PIB par habitant, ni en terme de modernité » analyse Axel Baroux.


Aujourd’hui, la plupart des observateurs économiques s’accordent à dire que les perspectives de croissance sont plutôt favorables.


« Le pays a fortement pâti de l'adoption des mesures de confinement, eu égard au coronavirus, entraînant une chute du PIB de l’ordre de 7% au cours de l’année 2020. Mais les prévisions de croissance pour 2021 ont été revues à la hausse. La Banque centrale table sur une croissance de 3,8% ; Les économistes de BNP Paribas misent plutôt sur un taux de 4,2% [ ... ]. Les autorités sud-africaines ont décidé d’établir un plan de relance pour le secteur de la construction et les infrastructures, avec déjà près de 500 projets identifiés, permettant de voir l’avenir en rose » poursuit Axel Baroux.


En effet, ce plan sud-africain, consacré à la modernisation des infrastructures, s’élève à 800 milliards de rands (46,91 milliards d’euros) étalés sur trois ans, dont 60 milliards de rands (3,52 milliards d’euros) qui seront dépensés au cours de cette année 2021, selon les dires du ministre des Finances, Tito Mboweni.


Le très grand nombre de projets qui sont actuellement en cours de réalisation ou en attente de validation donnent