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L’Afrique du Sud, un géant économique qui garde son aura auprès des investisseurs

Dernière mise à jour : 4 avr.


Le fait que l’Afrique du Sud devance l’ensemble des nations africaines en termes d'attractivité résulte du fait qu’elle possède les caractéristiques d’un État industrialisé et que les fondamentaux de son économie demeurent solides. Mais elle emprunte aussi quelques traits propres aux pays en voie de développement. Une situation hybride et un paradoxe apparent qui doivent amener, au préalable, les investisseurs étrangers à échafauder méticuleusement une stratégie d'implantation, de croissance et de rentabilisation sur le moyen & long terme pour investir en Afrique du Sud.

"Point d’actualité et environnement du Business en Afrique du Sud" : Tel a été l’intitulé du webinaire organisé le 5 Mai dernier par le Comité d'échanges Afrique- France (CEAF), un réseau créé par la Chambre de Commerce et d’industrie de la région Paris Île-de-France, auquel ont participé Axel Baroux (Directeur Afrique subsaharienne chez Business France), Yves Guenon, (Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco Sud-Africaine & directeur d’Izibani Consultancy) et Enrico Stecchezzini, Africa Territory Manager chez SOCOMEC) ; modéré par Zoubir Rabia (Chef de projets internationaux, CCI Paris Paris Ile-de-France).

Cet événement en ligne a donc été dédié aux dirigeants de grandes entreprises ou PME, voire aux patrons de startups, qui ont souhaité recueillir les données les plus fiables possibles, avant de décider d'investir en Afrique du Sud. Le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, a analysé les atouts et les challenges à relever pour ce pays en matière d’attrait des investissements, sur la base des témoignages des intervenants.


Pretoria, capitale administrative de l'Afrique du Sud



« L’Afrique du Sud, c’est le seul pays africain membre du G20, des BRICS [ Brazil, Russia, India, China & South Africa, NDLR ] et disposant d’une centrale nucléaire en fonctionnement sur le continent ».


Ce mini-portrait dressé par Axel Baroux, le directeur "Afrique Sub-saharienne" chez Business France — l’agence chargée de l’internationalisation de l’économie française — suffit amplement pour se rendre à l’évidence : l’Afrique du Sud entend s’affirmer comme le seul véritable hub d’affaires de stature internationale, situé sur le continent africain. Certes, ce pays d’Afrique australe a été touché par la chute spectaculaire de son PIB (Produit Intérieur brut), causé en grande partie par la crise liée à la pandémie Covid-19. D’autant plus qu’elle a déjà perdu sa place de deuxième économie d’Afrique en termes de PIB, soit 283 milliards de dollars U.S concernant la production de richesse réalisée au cours de l'année 2020, au profit de l’Égypte (362 milliards de dollars U.S), elle-même derrière le Nigeria (443 milliards de dollars U.S), selon les sources de statista.com/statistics. Mais si l'on se réfère strictement à la définition d’une puissance au sens premier du terme — capacité d’un pays à imposer sa volonté aux autres sur le plan économique, financière, technologique etc ... — , il convient de prendre en considération la solidité de l' écosystème entrepreneurial et d’innovation et la très forte densité du tissu industriel.


« Le PIB de l’Afrique du Sud, c’est 65% du PIB de l’Afrique australe. Lorsque vous vous rendez en Zambie, au Botswana ou en Namibie, les enseignes sud-africaines sont omniprésentes et vous y trouvez des façons de faire des affaires à la manière sud-africaine. Ce sont les raisons pour lesquelles beaucoup d’entreprises considèrent l’Afrique du Sud comme un hub, parce qu’elles peuvent rayonner dans la région, via leurs contacts sud-africains [ ... ]. Par ailleurs, même s’il existe une espèce de compétition très forte entre l’Afrique du Sud et le Nigeria, ces deux géants africains ne jouent pas tout à fait dans la même catégorie, ni en terme géographique, ni en terme de PIB par habitant, ni en terme de modernité » analyse Axel Baroux.


 

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Aujourd’hui, la plupart des observateurs économiques s’accordent à dire que les perspectives de croissance sont plutôt favorables, un contexte susceptible de donner du sens, quant au choix d'investir en Afrique du Sud.


« Le pays a fortement pâti de l'adoption des mesures de confinement, eu égard au coronavirus, entraînant une chute du PIB de l’ordre de 7% au cours de l’année 2020. Mais les prévisions de croissance pour 2021 ont été revues à la hausse. La Banque centrale table sur une croissance de 3,8% ; Les économistes de BNP Paribas misent plutôt sur un taux de 4,2% [ ... ]. Les autorités sud-africaines ont décidé d’établir un plan de relance pour le secteur de la construction et les infrastructures, avec déjà près de 500 projets identifiés, permettant de voir l’avenir en rose » poursuit Axel Baroux.



En effet, ce plan sud-africain, consacré à la modernisation des infrastructures, s’élève à 800 milliards de rands (46,91 milliards d’euros) étalés sur trois ans, dont 60 milliards de rands (3,52 milliards d’euros) qui seront dépensés au cours de cette année 2021, selon les dires du ministre des Finances, Tito Mboweni.


Le très grand nombre de projets qui sont actuellement en cours de réalisation ou en attente de validation donnent à penser que l’attractivité de la Nation arc-en-ciel reste relativement forte par rapport aux autres pays du continent.


Des atouts économiques majeurs


Les différents quartiers d’affaires — Sandton, Rosebank, Malboro, Rhodesfield et Midrand ( Johannesburg) ; Century City, Bellville, Claremont (Cape Town) ; Hatfield, Centurion (Pretoria) ; Umhlanga (Durban) — offrent l’image d’une modernité forte conquérante, ce qui fait rappeler aux visiteurs que l’Afrique du Sud dispose de l’économie la plus avancée du continent.


Le réseau de transport n’est pas en reste : Très étendu et figurant parmi les plus modernes sur le continent, il dessert l’ensemble du territoire national et facilite ses échanges avec les autres pays limitrophes ou situés sur d’autres continents, par le biais de la centaine d’aéroports — dont Cape Town International Airport, Oliver R. Tambo International Airport à Johannesburg et King Shaka International Airport à Durban — , un réseau routier d’une longueur de 754 600 km, un réseau ferroviaire considéré comme le plus long d’Afrique (22,051 km), ainsi que les six principaux ports : Richards Bay, Cape Town, Saldanha Bay, Port Elizabeth, East London et Durban Harbour, la zone de transport maritime la plus achalandée en Afrique subsaharienne.


Autre point qui mérite d'être relevé, notamment sur le plan financier : le dynamisme de JSE Limited (Johannesburg Stock Exchange), la plus grande bourse des valeurs d'Afrique avec une capitalisation boursière de 1 005 milliards de dollars américains enregistrée en Août 2020, soit environ 80% de la capitalisation boursière du continent africain, et de solides assises du système bancaire local.


« Le système bancaire est absolument incroyable ; il est égal ou supérieur à ce que l’on observe en Europe. On peux parler d’un secteur financier de haut standard » note Dr Yves Guenon, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco Sud-Africaine, et directeur d’Izibani Consultancy, un cabinet de conseil aux entreprises.


Même son de cloche du côté d' Enrico Stecchezzini, "Africa Territory Manager" auprès du constructeur de biens & équipements électriques SOCOMEC qui a été « impressionné par l'efficacité des services de transferts d’argent par téléphonie mobile » bien meilleure qu’en Europe, selon ses dires.


Un tout autre détail considéré comme un point essentiel en matière d’attractivité : l’existence un vaste marché de consommateurs doté d’un pouvoir d'achat élevé. Pour les entrepreneurs qui parviennent à se conformer au droit des affaires et aux normes ou usages en vigueur, le jeu en vaut la chandelle, car le grand marché sud-africain, fort de 59 millions de consommateurs, demeure très rentable.


« Il existe une vraie classe moyenne, estimée à 20 millions de personnes, ayant des habitudes de consommation à l’occidental, comme l’illustrent notamment les 2000 shopping malls de très grande qualité que l’on trouve sur l’ensemble du territoire » affirme Axel Baroux .


Pour sa part, Yves Guenon fait observer qu’en 1982, année de son installation en Afrique du Sud, « la classe moyenne y était très réduite et n’était composée que de Blancs. Aujourd’hui, la proportion de Noirs y est beaucoup plus importante [ ... ] ».


Cette classe moyenne est en mesure de dynamiser les secteurs porteurs. Une étude menée par l’agence Business France met en évidence une multitude d'opportunités d'investissement, parmi lesquels, la santé, l’eau & l’assainissement, l’agriculture & l’agro-alimentaire, ainsi que l’Éducation & la formation.


« Des secteurs comme les infrastructures et l’agriculture vont requérir énormément d’appui et de soutien . Le tourisme est assez sinistré, mais redémarrera vite. Il y a aussi énormément de besoin en matière de maintenance dans les centrales thermiques » ajoute Dr Yves Guenon.


 

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Bridées sur leur marché domestique par une croissance faible, résultant de la crise liée à la pandémie de coronavirus, les entreprises internationales ont donc la possibilité de modifier leur stratégie de croissance en choisissant, entre autres, de se développer en Afrique du Sud.


Les Sud-Africains peuvent surtout s’enorgueillir de la vigueur de leurs institutions démocratiques, d’une liberté de la presse sans égal sur le continent et une capacité des tribunaux à trancher rapidement en cas de litiges commerciaux.


« Ce qui frappe particulièrement, c’est le fonctionnement des tribunaux à l’anglo-saxonne. L’existence d’une liberté de la presse constitue aussi un élément important en terme de maturité réglementaire et politique de ce pays » rapporte Axel Baroux.



L’Afrique du Sud met également un point d’honneur à renforcer la protection ses investisseurs minoritaires. Le dernier rapport Doing Business, publié par la Banque Mondiale met à l’honneur ce pays, en le hissant au deuxième rang continental dans cette catégorie, juste derrière le Kenya.


Un pays "tech-friendly"


Aerobotics, Ashanti AI, LeadRobot, Zoona, CLEVVAN, GoMetro, Ukheshe Technologies, GetSmarter etc... toutes ces start-up sont les figures de proue d’un écosystème d’innovation en plein ébullition, considéré à juste titre comme étant le plus mature sur le continent, et il va sans dire que les levées de fonds effectuées par les jeunes pousses témoignent de la vitalité de la scène Tech locale. L'année 2020 a permis à cet écosystème de lever 259 millions de dollars, s'inscrivant en légère hausse par rapport à l’année précédente, soit 205 millions US$ injectés dans les start-up sud-africaines, dévoile le dernier baromètre Partech Africa du capital-risque en Afrique. Alors que l’économie nationale, à l’instar des autres économies dans le monde, a tangué comme jamais, eu égard au contexte de crise sanitaire, les pépites technologiques de la Nation arc-en-ciel ont fait preuve d’une certaine résilience et figurent toujours dans le top 4 des levées de fonds sur le continent, aux côtés du Nigeria (307 millions US$), le Kenya (304 millions US$) et l’Égypte (269 millions US$).



L’écosystème d’innovation de ce pays est aussi porté par des incubateurs, des accélérateurs ou des espaces de co-working comme "The Awethu Project", Tshimologong Precinct, Raizcorp, Timbali Technology Incubator, Black Umbrellas, Grindstone ou Launchlab. L’existence de ces structures d’appui de qualité est un signe additionnel de la maturation de la scène tech sud-africaine.


En une sorte de puissante apothéose, le dernier rapport publié par FDI Intelligence, une division du très sérieux organe de presse londonien Financial Times, a attribué la première place à l’Afrique du Sud sur le continent pour sa capacité à faire naître et croître sur son territoire des jeunes entreprises innovantes dans le domaine de l’économie numérique, avec en chef de file la conurbation urbaine de Cape Town - Stellenbosch qui, à elle seule, a abrité 550 startups technologiques, drainé 88 millions de dollars d'investissements dans ces jeunes pousses à travers 46 transactions — constituant ainsi les plus grosses levées de fonds, par rapport aux investissements réalisées dans les start-up à Johannesburg — et compte le plus grand nombre de sociétés de capital-risque et d’espaces de co-working, ce qui fait de la "Mother City" « un écosystème tech plus grand que ceux de Lagos et Nairobi réunis », si l’on en croit les déclarations de Wesgro, l’agence de promotion du tourisme, du commerce et des investissements pour la région du Cap et du Cap occidental.

 

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Une assertion qui ne va aucunement dans le sens des certitudes de Dr Yves Guenon qui partage un avis contraire sur les hubs Tech les plus actifs, étayant ses propos sur la base de sa connaissance du pays :


« La Silicon Cape est effectivement très active. Mais la majorité de l’innovation se fait à Pretoria et à Johannesburg. L’idée de créer son business à partir du Cap relève de rêves qui sont propres aux surfeurs » déclare sans ambages le directeur d’Izibani Consultancy. Je peux vous affirmer que le gros de l’investissement et la Recherche & Développement se concentre dans la région de Johannesburg et de Pretoria [ ... ] » .



En réponse à une question posée lors du tchat dans le cadre de ce webinaire, Axel Baroux, de son côté, adopte une position plus nuancée :


« La ville de Pretoria, située à une soixantaine de kilomètres de Johannesburg, est davantage perçue comme la capitale politique et administrative : il y existe un écosystème entrepreneurial, mais le dynamisme et la taille sont plus du côté de Johannesburg, y compris sur les sujets axés autour de la Tech et de l’innovation. 80% de ces secteurs sont traités dans la province du Gauteng , avec une dominance pour Johannesburg et Pretoria, même si Cape Town possède aussi un bel écosystème Tech ».


 

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Une terre d'accueil des investissements étrangers


La Nation arc-en-ciel n’a pas été épargnée par la forte baisse des investissements directs étrangers (IDE) dans le monde, le pays ayant enregistré des entrées d'IDE de l’ordre de 2,98 milliards d’euros pour l'ensemble de l’année 2020, contre 4,31 milliards d’euros en 2019, selon les données de la South African Reserve Bank (la Banque centrale sud-africaine), principalement en raison de la crise mondiale engendrée par la pandémie de Covid-19. Elle se classe ainsi en troisième position des pays ayant capté le plus d’investissements directs étrangers, juste derrière l’Égypte et le Nigeria, en s’appuyant sur le rapport établi par la CUNCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement). Mais cela n’entrave en rien à la mobilisation des différentes agences de promotion des investissements — WESGRO, Tshwane Economic Development Agency, TIKZN (Trade & Investment KwaZulu-Natal) etc ..... — qui déploient pleinement leur énergie pour dynamiser l’attrait des IDE.


On dénombre pas moins de 400 entreprises françaises implantées en Afrique du Sud, avec plus de 65 000 salariés qui y exercent leur travail. Les fleurons de l’économie hexagonale (Alstom, ACCOR, LVMH, Air Liquide, L'Oréal, Thales, Schneider Electric, Dassault Systèmes, BNP Paribas, Eutelsat, Socomec etc...) contribuent déjà de manière importante au développement du pays.


« Même si la France n’est que le 5ème partenaire en terme d’investissements étrangers, et contrairement à certains pays comme l’Allemagne qui reste très focalisée sur son industrie automobile, la France offre une plus grande diversité d'investissements, touchant quasiment tous les secteurs » se réjouit Dr Yves Guenon.


Axel Baroux, quant à lui, exhorte les PME tricolores à investir davantage en Afrique du Sud, du fait de ses énormes potentialités :


« Les entreprises françaises ont souvent un tropisme trop appuyé sur l’Afrique francophone et dans la sous-région ouest-africaine en particulier, avec un focus sur la Côte d’Ivoire et Sénégal où les parts de marché sont importantes. Il faut pourtant tenir compte de cette réalité économique : Le PIB de l’Afrique du Sud, c’est 8 fois le PIB de la Côte d’Ivoire. Et le Gauteng, province la plus dynamique de l’Afrique du Sud, représente à elle seule le PIB du Maroc » .

 

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Selon un rapport de la direction générale du Trésor français, la plupart des firmes hexagonales implantées en Afrique du Sud sont impliquées également dans les activités de RSE (responsabilité sociétale des entreprises), en conformité avec la législation sud-africaine qui vise à réduire les inégalités générées par l’ancien régime de ségrégation d’apartheid, en favorisant l’émancipation économique à large échelle des Noirs par le biais du B-BBEE (Broad-Based Black Economic Empowerment), se traduisant par des obligations d’actionnariat, d’encadrement et de formation du personnel local.


« [ ... ] Le marché de la commande publique est assez réglementé, prenant en considération les mesures du B-BBEE. Ce qui implique évidemment pour les entreprises d’ identifier le bon distributeur ou le bon partenaire qui ont accès à ces marchés publics [ ... ] » explique Axel Baroux.


Implanter son entreprise en Afrique du Sud : mode d’emploi


Les entrepreneurs tentés par l'aventure sud-africaine pourront s'inspirer de l'expérience d’Enrico Stecchezzini, cadre dirigeant de la division "Afrique" chez SOCOMEC. À l’origine, les ambitions de ce groupe industriel, spécialisé dans le contrôle et la sécurité de l’énergie électrique basse tension, étaient de se développer sur le marché des onduleurs. Il s’agissait donc de créer un bureau de liaison en Afrique subsaharienne anglophone. Le choix s’est porté très vite sur l’Afrique du Sud qui est confronté fréquemment à des problèmes aussi divers que difficiles liés à la production et à l'approvisionnement énergétique


« L'Afrique du Sud est le hub qui nous permet de développer notre business dans la sous-région, au sein de la SADC [ Southern African Development Community : Communauté de développement d'Afrique australe, NDLR ] dont font partie également la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe. Nous voulions nous rapprocher au plus près de nos clients et nos partenaires dans cette zone, se souvient Enrico Stecchezzini. En plus, le pays est doté d’infrastructures parmi les plus développées sur le continent » .



Courant 2016, ce dernier entame les démarches nécessaires pour l’obtention d’un "Critical Skills", un visa de travail qui autorise son détenteur à se rendre dans le pays avec un billet d’avion aller-simple. Parallèlement, il élabore un business plan qui définira son projet économique, dans le cadre de cette demande.


« Les procédures d’obtention de visa sont parfois longues et complexes. L’Afrique du Sud est stricte à ce sujet » déplore t-il. Au final, son plan d’affaires est validé et son visa octroyé en 2017.


Peu après son installation à Johannesburg en Février 2018, Enrico Stecchezzini poursuit sa réflexion sur la charpente juridique de l’entité, un choix qui revêt d’une importance capitale quant aux objectifs de SOCOMEC, et qui aura des conséquences au quotidien. Plusieurs formes juridiques sont envisageables pour cet implantation : Sole proprietorship (entreprise individuelle), Partnership (partenariat), Private Company (Pty Ltd) etc.... Sur les recommandations d’un cabinet de conseil qui y a pignon sur rue, le choix s’est finalement porté sur l’"External Company", une structure utilisée généralement par des entreprises étrangères souhaitant créer une succursale en Afrique du Sud. Le bureau de liaison a été immatriculé en fin de compte en Août 2018.


« En général, les coûts opérationnels et d’implantation sont peu élevés par rapport ceux observés dans la plupart des autres pays. Par ailleurs, nous avons été étonnés de la rapidité avec laquelle notre compte bancaire a été ouvert ; cela nous a pris que cinq jours » s’enthousiasme le manager de SOCOMEC. Aujourd’hui, il se félicite de s'y être installé, avec l’ensemble des structures qui l’ont accompagné dans ses démarches. « Je tiens à souligner la disponibilité et le dévouement de Business France et la Chambre de Commerce franco-sud-africaine qui travaillent de concert et en bonne intelligence, deux structures qui organisent également des séances de formation et de networking pour le développement de vos affaires ».




Des défis de taille à surmonter


L’ancien régime de discrimination raciale que représentait l’Apartheid était directement à l'origine des fortes inégalités existant dans le pays. Vingt-sept ans ans après la fin de cette politique dite de "développement séparé" et malgré l'émergence d'une véritable classe moyenne noire, les écarts de richesse entre communautés restent importants, l’Afrique du Sud figurant parmi les pays en tête de peloton en termes d'inégalités économiques, un facteur susceptible d’entretenir ou accentuer les tensions sociales. Pour peu que l’on garde en mémoire de la Nation arc-en-ciel quelques images rapportées par les médias, relatives à la criminalité et aux violences xénophobes, on hésiterait un peu, au première abord, à prendre un billet d’avion pour se rendre à Johannesburg, Cape Town ou Durban ... Mais Dr Yves Guenon, ayant une solide connaissance du pays dans lequel il réside depuis près de 39 ans, tient à relativiser les choses :


« [ ... ] Lorsque je suis venu au courant de l’année 1982 en Afrique du Sud pour préparer l’intervention de sociétés françaises, nous étions dans une situation de quasi-guerre civile. Aujourd’hui, cette situation est relativement apaisée [ ... ]. Certes, on a toujours une criminalité élevée ; mais le fléau le plus important pour un étranger, ce sont les accidents de la route ».


Un sentiment partagé par Enrico Stecchezzini, pour qui « il s’agit davantage d’une "microcriminalité". On peut sortir, aller au restaurant, au cinéma etc... , à condition d’avoir un degré de vigilance beaucoup plus élevé ».


Par ailleurs, dans un tout autre registre, la dernière étude publiée en Avril 2021 par l’assureur-crédit COFACE révèle que le risque d'impayés des entreprises en Afrique du sud est catégorisé "C". Autrement dit, l’appréciation du risque-pays est considérée comme élevée, une situation comparable à celle de la Namibie, l’Égypte ou l’Éthiopie, susceptible d’affecter les firmes multinationales, les entreprises exportatrices, ou les investisseurs en portefeuille.


Un rapport qui entre en contradiction totale avec l’expérience de terrain dont fait valoir Dr Yves Guénon, faisant entendre une voix discordante :


« La situation que vivent les sociétés françaises en Afrique du Sud n’est pas différente de ce que l’on voit ailleurs. Il peut y avoir des retards de paiement. Cependant, les règles contractuelles sont bien établies et on est couvert par le droit [ ... ]. Tout au long de ma vie professionnelle dans ce pays, je n’ai jamais été contraint d’intenter une action en justice, y compris à l'encontre des sociétés publiques endettées ».


Axel Baroux abonde dans ce sens, estimant que « les Sud-Africains sont en général considérés comme de bons payeurs. Mais attention aux arnaques, prévient-il . Au cas où vous seriez sollicité directement en France par des entreprises sud-africaines, arguant du fait qu’elles aient facilement accès à tel marché, le mieux serait de nous contacter chez Business France. Le cas échéant, nous vous indiquerons si chacune de ces entreprises jouit d'une certaine respectabilité ou non ».


 

Par Harley McKenson-Kenguéléwa



 

 

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