• Harley McKenson-Kenguéléwa

Le Kenya, nouvel eldorado pour investisseurs, entrepreneurs et startups

Mis à jour : mai 17

" Business as usual " reste, aujourd'hui encore, le mot d'ordre du Kenya, malgré le ralentissement de la croissance mondiale. Secoué par la pandémie de Covid-19 tout comme les autres pays à travers le monde, cet État d’Afrique de l’Est continue à puiser son énergie dans les forces de son écosystème entrepreneurial et d’innovation et, plus que tout autre sur le continent Africain, déploie des efforts incommensurables sur la scène internationale pour démontrer sa résilience, estimant que la vie économique doit reprendre ses droits. Le président Uhuru Kenyatta a eu l’occasion de mettre en lumière les opportunités considérables d’investissements au Kenya et d’analyser les enjeux pour les entreprises françaises au cours de la séance inaugurale de la 6e édition de BpiFrance Inno Generation (BIG) qui s’est tenue le 1er Octobre dernier depuis l'Accor Arena Paris. Betty Chemutai Maina, ministre de l'Industrialisation, du Commerce et du développement des entreprises, Richard Ngatia, président de la Chambre de commerce et d'industrie kenyane (KNCCI) et Moses Ikiara, directeur de l’agence de promotion des investissements KenInvest (Kenya Investment Authority) , sont intervenus le même jour, toujours dans le cadre du " BIG2020 " lors d’une conférence intitulée " Investir au Kenya, Terre d’Attractivités ".

Le Webzine CEO Afrique, qui a visionné en ligne cet événement, en a profité pour mettre en exergue les atouts de ce pays, étayés par les éléments les plus significatifs, tirés des interventions des panélistes.


Le quartier d'affaires Upper Hill, Nairobi, capitale du Kenya



« De nombreuses opportunités existent au Kenya ». C’est en substance le message que le président kényan Uhuru Kenyatta a tenté de faire passer lors du BIG 2020 de Bpifrance qui s’est déroulé à l’ AccorArena Paris, dont le Kenya a été le pays invité d’honneur. Avec un PIB estimé à 85,98 milliards de dollars US en 2018, cet État situé dans la partie orientale du continent représente la quatrième économie d’Afrique subsaharienne sur cette période, derrière le Nigeria, l'Afrique du Sud et l’Angola, selon les données du Fonds Monétaire International, et affiche d’autres chiffres élogieux : 4e place du classement "Doing Business 2020" établi par la Banque Mondiale; 5e pays le plus innovant en Afrique d’après le Global Innovation Index réalisé conjointement par l’Université de Cornell (États-Unis), l’INSEAD ( Institut Européen d'Administration des Affaires) et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle; 5e rang au classement des pays africains en matière d’accueil des conférences et congrès sur le continent, selon l’International Congress and Convention Association (ICCA); 5e pays le plus attractif pour l'investissement sur le continent d'après l’enquête " Pathways Towards the Emergence of an African Business model " co-menée par Africa CEO Forum et le cabinet de conseil Deloitte etc...


« La population du Kenya, estimée à 47 millions d’habitants, peut vous offrir un marché de consommateurs qui correspond à vos attentes. [ ... ]. Par ailleurs , nous disposons d'une main d’œuvre hautement qualifiée » atteste Moses Ikiara, directeur de KenInvest,

Au delà de ces données chiffrées, les efforts déployés par les pouvoirs publics font sens. Non seulement parce qu’ils reflètent l'éventail complet de la vision à long terme et la culture de la gagne profondément ancrée chez les autorités locales : Le Kenya a coutume de faire la course et de se confronter aux États phares du continent  — l'Afrique du Sud, le Nigéria et l'Égypte, terres d’entrepreneuriat et d’innovation afin de mieux progresser. Mais aussi et surtout parce que l’énergie investie pour promouvoir le pays est parfaitement symbolique sur quasiment tous les fronts d’activité.

Nairobi, acteur économique de poids pour le Kenya

La capitale du pays est la seizième métropole africaine par l’importance de sa population — très loin derrière le trio de tête : Lagos ( Nigeria), Le Caire (Égypte) ou Kinshasa (République Démocratique du Congo) — avec environ 4 600 000 habitants. Toutefois elle a un rang à tenir, celui de pôle économique de premier plan et de prestige . Centre névralgique du pouvoir politique, des affaires et de la finance pour tout le Kenya, la ville, qui a germé au milieu d’un marais il y a plus d'un siècle, évolue désormais dans un environnement que la mondialisation et le libre-échange ont rendu régional, à travers le COMESA [ Common Market for Eastern and Southern Africa : Marché commun de l'Afrique orientale et australe, NDLR ] et à l’échelle africaine par le biais du projet de future zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Avec des partenaires économiques qui s’érigent également en sérieux rivaux commerciaux : la ville tanzanienne de Dar es Salaam est positionnée au Sud-Est; Kampala (Ouganda) ne se trouve qu’à un peu plus de 500 kilomètres vers l’Ouest; et la métropole de Johannesburg (Afrique du Sud) est un peu plus éloignée, à quatre heure et demie d’avion tout au plus. Les chefs d’entreprise nigérians, dont le pays a signé plusieurs accords qui renforcent les échanges commerciaux bilatéraux avec la première économie est-africaine, sont devenus des protagonistes familiers du monde kényan des affaires, comme en témoigne le rachat d'iHub par l’incubateur Co-Creation Hub (CcHUB).