• Harley McKenson-Kenguéléwa

Émergence de l' Africapitalisme : entre business décomplexé et contribution à l'intérêt général

Mis à jour : mai 16


Apparition d’une nouvelle génération de dirigeants d’entreprise, bouleversement du paysage du capital-risque, responsabilité sociale etc ... L’Africapitalisme se répand à un rythme soutenu sur le continent africain, tout en relevant le défi de la solidarité et du lien social, et s’affirme à l’heure actuelle comme une forme crédible d’organisation économique dans cette partie du monde. La montée des fonds d’investissement dans le capital des PME et des start-up africaines a permis d'engendrer des champions régionaux qui ont vu leurs résultats atteindre des sommets. Cependant, la crise mondiale liée à la pandémie de Covid 19 a brisé cette dynamique.

" Gouvernances, afri-capitalisme et soft power: la nouvelle donne africaine " : Tel a été le thème du webinaire, co-organisé par le journal " L'Opinion " et l’agence de communication " 35°Nord ", modéré par Nicolas Beytout et Philippe Perdrix, qui s’est tenu le mardi 6 octobre dernier. Il s’agit, là, d’un sujet auquel Léonce Yacé (Directeur Général de NSIA Banque Côte d'Ivoire), Vincent Le Guennou (Associé fondateur et co-PDG d'Emerging Capital Partners ECP), Anne-Laure Kiechel (Fondatrice de Global Sovereign Advisory, société de conseil aux États et aux Entreprises Publiques), Brice Chasles (Directeur Général Deloitte Afrique Francophone), Tidjane Thiam (Administrateur du groupe Kering, dans le secteur du luxe) et Rémy Rioux (Directeur général de l'Agence française de développement) ont tenté d’apporter des éléments d’explication et de compréhension. Le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, vous relate les éléments les plus significatifs concernant les interventions des panélistes.




« [ ... ] Dans les années 80, l’Europe faisait à peu près 20 fois le PIB de l’Afrique. Aujourd’hui, elle fait environ 7 fois le PIB du continent africain [ ... ] ! » . Cette progression relativement forte, constatée par Tidjane Thiam lors de la conférence "Gouvernances, afri-capitalisme et soft power : la nouvelle donne africaine" , permet de mettre plus clairement en relief l’Africapitalisme, une doctrine développée par l’homme d’affaires nigérian Tony O. Elumelu, qui promeut l'idée selon laquelle le secteur privé, l’entrepreneuriat et l’innovation technologique doivent constituer les éléments moteurs d’un développement économique pérenne profitable à toutes les couches de la société eu égard aux faiblesses institutionnels et à la défaillance de l’État-providence observées dans cette partie du monde avec l’adoption de stratégies d'investissement à long terme dans les secteurs d’activité les plus porteurs et une réappropriation des moyens de production.

Une thèse à laquelle semble souscrire l’ancien directeur général de Crédit Suisse :

« [ ...] J’appartiens à cette génération qui a pu scruter de près le véritable décollage de l’Asie. Regardez l’Indonésie, le Vietnam etc... Dans tous ces pays, j’ai pu faire le constat sur la contribution des entrepreneurs aux créations de richesse et d’emploi. [ ... ] Je tire les enseignements de mon expérience et j’en déduis qu’il n’y a qu’un seul mot d’ordre pour l’Afrique: l’entrepreneuriat ! Le talent est là; le capital humain est partout. Il faut juste mettre en place les conditions pour que tous ces talents puissent s’exprimer, créer des entreprises de taille importante qui investissent dans l’économie locale, en vue de satisfaire des besoins réels [... ] » .

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