• Harley McKenson-Kenguéléwa

Pauline Boutroy : une passion dévorante pour l’Afrique

Mis à jour : mai 17

Pauline Boutroy, une trentenaire française, s’implique dans divers projets de grande envergure pour faire avancer l’Afrique à grand pas. Portrait d’une " gladiatrice " qui s’engage sur tous les fronts.

(Source : Forbes Afrique)
Pauline Boutroy : une passion dévorante pour l’Afrique

Son visage s'illumine systématiquement d'un large sourire lorsqu’elle s'exprime de façon enjouée sur l’Afrique. « Je m’y suis rendu six fois, principalement en Côte d’Ivoire. Je repars très bientôt à Abidjan car nous lançons des actions concrètes. Mon calendrier sera très chargé ». Cette boulimique de travail est une amoureuse du continent. Son dernier voyage remonte au mois de Février 2017, période au cours de laquelle elle lance une campagne de crowdfunding en partenariat avec Baby Lab, un espace d’innovation situé dans la commune populaire d’Abobo à Abidjan, axée sur la transition numérique. Rien ne prédestinait pourtant cette française née dans une fratrie de 4 enfants à aller à la rencontre du continent, qui souhaitait plus tard piloter un avion ou exercer le métier d’archéologue, lorsqu’elle est enfant.

« Les rêves d’enfants n’ont rien à voir avec ce que l’on concrétise par son parcours et son expérience » déclare-t-elle, réaliste.

En 2003, après l’obtention du CESIMAD (Certificat d’étude supérieur internationale de commerce et développement), délivré par l’Ecole Supérieur de Commerce et de Développement à Lyon, elle entre dans la vie active, non sans heurts. Elle se rend vite compte qu’il est difficile d’évoluer dans un univers masculin lorsqu’on est une femme : son potentiel est largement sous-exploité par la plupart de ses employeurs. Elle retourne alors sur les bancs d'école, notamment au CNAM, où elle suit des cours pour parfaire ses connaissances en matière de gestion de compétences et des talents, une problématique qu’elle a su très vite identifier. En parallèle, animée par la fibre viticole- transmise par sa mère, viticultrice- la jeune femme décide de se lancer à la conquête du marché du vin en Afrique. Son point de chute sera Abidjan, une ville dans laquelle elle s’installe et s’immerge, au point de se voir attribuer affectueusement par ses amis ivoiriens trois noms différents, issus de l’ethnie Baoulé : Adjoua, Aya et Ablema. Son long séjour dans le " Manhattan des tropiques " lui permet de prendre conscience que la métropole offre des opportunités d’affaires à chaque coin de rue, tous secteurs confondus : TIC, santé, finance, agrobusiness…


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Elle constate aussi que la perception extérieure de l’Afrique est souvent négative alors qu’il y existe un incroyable vivier d’entrepreneurs et de start-up s en quête de visibilité internationale. « J’ai toujours détesté la pitié et l’image de misérabilisme de l’Afrique. J’y ai vu autre chose : un espace où l’on peut respirer, car à chaque pas, germe une nouvelle idée. Ce continent est riche alors que nous sommes saturés en Europe », explique-t-elle. Les potentialités économiques de l’Afrique, la jeunesse de sa population, la possibilité d'ouvrir de nouveaux horizons lui ont certainement plu », ajoute sa sœur Céline, impressionnée par son parcours professionnel.

Pendant plus de six mois, elle réalise un véritable travail de terrain : elle passe un certain nombre d’heures au quotidien auprès d’une multitude de porteurs de projet pour connaitre leurs besoins et attentes, confronte ses premières théories sur l’entrepreneuriat à la " réalité africaine " et s’entoure d’experts en la matière pour gagner en crédibilité, parmi lesquels Hermann Christian Kouassi, fondateur d’Incub’Ivoir, u