• Harley McKenson-Kenguéléwa

Thierry Ido-Wallon, l’Homme Qui Veut Réinventer l’Industrie de l’Amidon en Côte d’Ivoire

Mis à jour : mai 17


Substituer l’amidon du manioc à celui extrait du blé, du maïs ou de la pomme de terre : C’est le pari Thierry Ido-Wallon, un entrepreneur Franco-Burkinabé de 45 ans, bien décidé à se positionner sur un segment de marché inexploité en Côte d’Ivoire, offrant par la même occasion des opportunités d’emploi dans le secteur agricole et des perspectives de développement de la culture du manioc à l’échelon industriel.

(Source : Forbes Afrique)
Thierry Ido Wallon veut réinventer l’industrie de l’amidon

Thierry Ido-Wallon, co-fondateur de FramiTech, s’est assigné une mission à la hauteur de ses ambitions : transformer l’entreprise, dont il est le chef de projet, en leader incontournable sur le marché ivoirien de l’amidon de manioc. Tel est le sens du message qu’il a martelé lors d’une séance de Pitch, dans le cadre d’un évènement dédié à l’entrepreneuriat qui s’est déroulé en Juin 2016, dans le 8e arrondissement de Paris. Derrière ce regard faussement dur et froid, se cache en réalité un homme de principe animé d'un très fort sens de l'éthique – un sentiment qui a été ressenti par toute l’assistance –, déterminé à prendre part activement au changement opéré en Afrique, et de ce fait, bouleverser le marché de l’amidon au pays du feu Houphouët-Boigny. A écouter ce père de quatre enfants qui évoque son projet avec une analyse solidement argumentée et limpide, on a du mal à imaginer son parcours académique ou professionnel qui n’a, à l’origine, aucun lien avec le cœur de son nouveau métier.

Ce natif de Paris, issu d’une fratrie de 8 enfants, d’un père autrefois infirmier et d’une mère exerçant comme assistante sociale, passe son enfance au Burkina Faso jusqu’à l’âge de 8 ans et revient en France, où son père l’élève à la dure et s’évertue à lui inculquer des valeurs fortes telles que le respect, le sens de l’effort et de la résilience.

« Quand on fait quelque chose, on le fait bien ou on ne le fait pas du tout. L’excellence n’existe pas, mais tu dois chercher à l’atteindre » répétait-il sans cesse à sa progéniture, n’hésitant pas une seconde à briser son rêve de devenir footballeur professionnel, un métier qu’il considérait comme dévalorisant. Malgré sa déception de voir la perspective d’adhésion à un club de football s’éloigner, Thierry Ido-Wallon respecte à la lettre le souhait de son feu père de poursuivre ses études. Titulaire d’un Baccalauréat en Techniques commerciales au Lycée Honoré de Balzac à Paris, il obtient un BTS en Force de Ventes en 1995.

Ne sachant pas du tout quoi faire une fois son dernier diplôme en poche, il se sent totalement noyé et tout aussi désorienté lorsqu’il s’agit de trouver sa voie professionnelle. Il décide donc de s’engager dans la vie associative. Il contacte Patrick Dounga et Mathurin Guirio, avec lesquels il noue une amitié fraternelle depuis leurs années de fin d'études secondaires et lance en 1995 Farafinaspa, une structure spécialisée dans l'organisation d'évènements culturels. Grâce au soutien de diverses municipalités et aux partenariats établis avec plusieurs campus universitaires, cette association affrète des bus pour les groupes de personnes qui se rendent à Londres (l’Eurostar n’existait pas à cette époque) et sollicite des DJs pour animer des soirées outre-manche en présence d’artistes de renommée internationale tels que Wyclif Jeans, ancien membre du groupe de hip-hop américain Fugees, ce qui constitue en quelque sorte le summum de cette première aventure entrepreneuriale. Mais tous les membres de l’équipe, étant encore dans la vingtaine pour chacun d’entre eux, sont davantage préoccupés à savourer pleinement les moments que la vie leur offre et à goûter et explorer le monde.

« Nous étions un peu jeunes à l'époque et les distractions l'emportaient sur la sagesse et notre fibre entrepreneuriale n'était pas aussi aigue qu’aujourd’hui » se rappelle Mathurin Guirio, l’un des deux associés de Thierry Ido-Wallon.

Chacun décide, après quatre années d’implication associative, de la cessation de l’activité pour prendre des directions différentes. Témoignant de ses années de collaboration avec Patrick Dounga au sein de Farafinaspa, Thierry Ido-Wallon parle de ce dernier comme une personne qui a su injecter en lui une dose de rigueur et de discipline.

Soucieux d’assurer la sécurité financière de ses proches et lui-même, il enchaine, parallèlement à son engagement associatif, des postes n’ayant aucune synergie entre eux: vendeur pendant trois ans chez FootLocker, une enseigne américaine spécialisée dans le sport, steward à la Compagnie des Wagons-Lits pendant près de deux ans, développeur chez Atos Origin, suite à une formation spécifique de 6 mois. Or l’entreprise de services numériques procède à une importante vague de licenciement en 2012, du "pain béni " pour Thierry Ido-Wallon qui prend conscience au final qu’il n’a aucune passion pour l’informatique. C’est donc avec une joie non dissimulée qu’il accueille l’annonce portant sur son licenciement économique pour cause de restructuration. Mais s’ensuit une longue période de chômage de 2002 à 2005, une véritable traversée du désert éprouvante durant laquelle il a cette désagréable sensation de se voir refuser des d