• harleymckenson

Start-up : la scène tech africaine, dans les starting-blocks pour faire émerger des "licornes"

Dernière mise à jour : janv. 11


Comment l’African Tech peut-elle changer de dimension pour faire émerger des "licornes" ? C’est en tout cas une question à laquelle ont tenté de répondre plusieurs experts et spécialistes, lors de la 4ème édition du sommet international Emerging Valley, dédié à l’innovation et l’entrepreneuriat. Un événement que le webzine CEO Afrique a été en mesure de visionner et décrypter.




Emerging Valley — hub fondé par Samir Abdelkrim — porte bien son nom, car son apport est non négligeable pour l'organisation de manifestations au sein desquelles les meilleurs conférenciers se succèdent régulièrement pour parler, entre autres, des écosystèmes tech des pays émergents d’Afrique. Cela tombe bien : C’est sur la scène de l’amphithéâtre du Palais du Pharo à Marseille, lors du sommet éponyme qui s’est tenu le 14 Décembre dernier, que des experts du capital-risque et de l’innovation en Afrique ont débattu autour du thème : " Plénière Investisseurs : 2021, année de l'émergence des licornes africaines ? Comment et pourquoi la Tech africaine peut devenir le nouvel épicentre du VC international".


Mareme Dieng, en charge de la stratégie & l’innovation au bureau Afrique du fonds de capital-risque "500 Global", comptait parmi les principaux orateurs de cette conférence. Et sa présence n’était pas anodine. "500 Global" constitue l’un des fonds de capital-risque phares de la non moins célèbre Silicon Valley et s’est spécialisé dans le financement de jeunes entreprises innovantes, opérant dans les services financiers, l’infrastructure informatique & réseaux internet, le mobile, l’e-commerce, l’éducation et la santé. Séduit par le développement des écosystèmes africains, "500 Global", qui a déjà réalisé plus de 2700 investissements dans de jeunes pousses prometteuses à travers le monde, veut s’immiscer davantage, au plus près, dans le quotidien des start-up africaines. À ce titre, Mareme Dieng a expliqué la philosophie d'investissement du fonds de capital-risque pour le compte duquel elle travaille :


« Chez 500 Global, nous investissons prioritairement dans les sociétés en phase d'amorçage. Nous étudions des opportunités d’investissement auprès d’entreprises qui cherchent à réaliser des opérations de levée de fonds en série A et série B. Aujourd’hui, notre portefeuille s’étend à plus de 2 700 startups, incluant 41 licornes [ ...]. Plus particulièrement en Afrique, nous avons déjà investi dans plus de soixante-dix-huit entreprises, réparties dans des pays qui représentent les plus grandes économies du continent, tels que l’Égypte ou le Nigeria, mais aussi dans des pays en voie d’émergence comme le Kenya, le Ghana, le Sénégal ou la Tanzanie [ ... ] » .


Le choix de ces pays ne doit rien au hasard, afin de pouvoir identifier les pépites qui feront peut-être partie des plus grosses entreprises africaines, au cours des prochaines décennies. Certes, l’Afrique ne dispose aucunement, sur un territoire aussi restreint que celui de la Silicon Valley, d’une telle concentration de talents à très haut potentiel susceptibles de transformer du premier coup ses réalisations technologiques en véritables succès industriels et commerciaux. Toutefois, force est de reconnaître que certaines métropoles africaines enregistrent une forte croissance de leur écosystème tech, eu égard à la présence d’universités figurant parmi les meilleures du continent, ainsi que des fonds d’investissement, des réseaux de business angels, des incubateurs et accélérateurs, dont le nombre est en constante augmentation. Au sommet de la liste des villes les plus innovantes, si l’on en croit 2thinknow, un cabinet de conseil & d’analyse australien à l’origine de l’Innovation Cities Index 2021: Le Caire, Alexandrie, Cape Town, Johannesburg, Nairobi, Dar es Salaam, Durban, Casablanca, Pretoria, Tunis, Lagos, Port-Louis etc ... Preuve que ce classement ne repose pas sur de l'information subjective : L’une de ces villes, Lagos, abrite Paystack, une FinTech rachetée au courant de l’année 2020 par la société américaine Stripe pour 200 millions de dollars, entrant ainsi dans le cercle très fermé des licornes, des start-up africaines non cotées en bourse, valorisées à plus d'un milliard de dollars, illustrant ainsi le changement de dimension opéré par la scène tech africaine en quelques années.