• Harley McKenson-Kenguéléwa

Investir à Cuba, nouvel eldorado ou grande illusion pour les PME ?

Mis à jour : 26 déc. 2020


Depuis les arrivées successives au pouvoir de Raúl Castro (24 février 2008 – 19 avril 2018) et de Miguel Díaz-Canel, Cuba affiche sa volonté d’ouverture économique. Les grandes entreprises du monde entier tentent de rafler des contrats sur ce nouveau marché des Caraïbes. À condition de faire preuve de patience, d’avancer avec précaution et de tenir compte des incertitudes macroéconomiques et géopolitiques qui pèsent sur le pays.

Le Capitole (El Capitolio), siège de l'Académie des sciences de Cuba, La Havane, Cuba

Fait inédit : Le ministre cubain du Commerce extérieur, Rodrigo Malmierca, s’est rendu au World Economic Forum de Davos qui s’est tenu du 22 au 25 janvier 2019, symbole du capitalisme mondial combattu farouchement et idéologiquement par le régime castriste il y a encore quelques temps, afin de soutenir un plaidoyer en faveur d'un renforcement et d'une diversification des échanges commerciaux internationaux. Cette première visite depuis 25 ans d'un haut responsable cubain dans cette station de ski huppée de Suisse est assez significative de la volonté des nouvelles autorités de faire drainer un flux constant d'investissements étrangers dans le but de de réintégrer totalement le circuit économique mondial .

Par ailleurs, l’assouplissement momentané des restrictions a amené les voyagistes et l’industrie du tourisme à se tourner vers Cuba.

Cuba, un marché prometteur pour les PME

Les entreprises du monde entier se bousculent au portillon de l’ île la plus peuplée des Caraïbes, forte d’un marché intérieur doté de 12 millions d’habitants, pour une raison simple : tout est à refaire et à reconstruire dans un pays qui a subi un blocus économique, commercial et financier depuis quasiment soixante ans et les besoins en infrastructures (routes, infrastructures hôtelières, télécommunications etc...) sont gigantesques.

« On assiste aujourd’hui à un tourisme haut de gamme. Mais Cuba ne possède ni les infrastructures et les services qui en découlent, ni la qualité de la formation hôtelière pour répondre à cette clientèle » explique le Franco-Cubain Carlos Gomez-Betancourt , président coordinateur général de " Cuba Business Club ", situé au Sky Center Tour La Marseillaise, dans la cité phocéenne. « [ ... ] Cuba est un marché unique et global. Lorsqu’on y développe une activité commerciale, il ne s’agit pas de fabriquer ou de vendre un produit dans des points de vente choisis mais d’un marché national » poursuit-il.

Par ailleurs, l’ État insulaire est une tête de pont avancée idéale pour développer ses affaires dans tous les pays hispanophones et lusophones de la région, soit un gigantesque marché de 265 000 000 habitants à sa porte.

Au-delà de ces chiffres, Cuba possède une forte proportion de main-d'œuvre hautement qualifiée. Le " Startup Weekend Havana ", qui s’était tenu en Novembre 2015 témoigne du fort dynamisme de la communauté des jeunes entrepreneurs, développeurs et programmeurs, malgré un écosystème local du numérique et du digital très fragile avec 3,696,765 d’utilisateurs du web, soit un taux de pénétration Internet de 33.6 % en 2016 d'après " Internet World Stats ". Ce haut niveau de formation et le taux d'internautes en constante augmentation représentent une aubaine pour les acteurs du secteur des technologies, médias et télécommunications.

« Le " Startup Weekend Havana " débute aujourd'hui » .

« On assiste à un " Startup Weekend Havana " exceptionnel , avec Santiago Zavala ( @ 500 Startups), Merchise Startups, Rodney Hernandez et Alex Medina » .