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Nouvelle garde ivoirienne : ces start-up qui sont en train de construire l'économie africaine de demain

Dernière mise à jour : 17 déc. 2025


Après avoir consacré un premier volet aux parcours de Linda Dempah (co-fondatrice & CEO d’Adeba Nature), Alex Assahoré (fondateur de COLONIE), Pierre‑Alexandre Assou (CEO de Flot), Jean-Philippe Lasme (fondateur d’EcolePAY) et les frères Délas & César N’dri (co-fondateurs de Wilyz), nous poursuivons notre exploration de l’avant-garde entrepreneuriale ivoirienne. Ces cinq premiers portraits — révélés dans notre dossier principal intitulé 10 start-up ivoiriennes à (très) fort potentiel, pour investisseurs exigeants — ont mis en lumière un élan : celui d’une génération qui ne se contente plus d’innover, mais qui structure des solutions capables de transformer durablement l’économie nationale et d’entrer en résonance avec les marchés internationaux.


Il est désormais temps de braquer les projecteurs sur les cinq autres talents qui complètent cette sélection exigeante : Marie-Ange Ehounou (gérante de Pouyou), David Say (fondateur de Myfiani), Loïk Behiri (co-fondateur d’AyoGreen), Andréas Gotiene (co-fondateur & CEO de Bokonzi) et Dr. Ousmane Soumahoro (fondateur de Umed eHealth Center). Chacun, dans son domaine, incarne cette convergence rare entre lucidité stratégique, maîtrise opérationnelle et capacité à répondre à des besoins réels avec des modèles évolutifs, scalables et pensés pour durer.


Leur présence au sein de cette cohorte n’a rien d’un hasard : ils font partie d’une génération d’entrepreneurs ivoiriens qui a intégré les codes de l’innovation globale, assume l’ambition, revendique l’impact et avance avec une maturité rarement observée sur un marché émergent. Leurs projets se situent à la croisée du digital, de la transition écologique, de la santé, de l’éducation ou encore de l’économie circulaire, autant de secteurs clés pour la transformation structurelle du pays et l’attraction de capitaux internationaux.


À travers ces cinq nouveaux portraits, CEO Afrique vous propose de prolonger l’analyse, de décrypter les signaux faibles et de comprendre pourquoi ces fondateurs sont, dès aujourd’hui, des acteurs avec lesquels il faudra compter dans les années à venir. Leur trajectoire raconte quelque chose de plus large : la montée en puissance d’un écosystème ivoirien plus solide, plus compétitif et désormais pleinement inscrit dans les standards mondiaux de l’innovation.


Crédit photo : ©CEO Afrique / Harley McKenson-Kenguéléwa



Sommaire














Marie-Ange Ehounou, gérante de Pouyou : ériger une filière agro-nutritive dédiée au bien-être des enfants


Dans un pays où des centaines de milliers d’enfants voient le jour chaque année, mais où près d’un quart des moins de cinq ans présentent encore un retard de croissance, l’histoire de Marie-Ange Ehounou résonne comme un signal d’alarme — et comme une réponse possible. Pour cette nutritionniste ivoirienne et mère de famille, la lutte contre la malnutrition infantile est une mission née dans la douleur, au cœur même de son foyer.


Un éveil brutal, un engagement durable


Quelques semaines après la naissance de son enfant, Marie-Ange Ehounou fait face à l’impensable. Malgré ses connaissances scientifiques, malgré son expérience, son propre bébé développe des signes de malnutrition. L’épisode est bref mais bouleversant. « En Côte d’Ivoire, sur les plus de 800 000 bébés qui naissent chaque année, un enfant sur trois est encore atteint de malnutrition, ce qui n’est pas normal » s'émeut-elle, étayant son argumentation sur la base des estimations récentes de l’ONU et d’autres données publiques. 


Ce témoignage poignant  révèle la vulnérabilité dans laquelle se trouvent des milliers de familles ivoiriennes, souvent démunies devant un paradoxe cruel : les formules nutritionnelles importées — chères, peu adaptées aux réalités locales, difficiles à trouver — ou les préparations artisanales, certes traditionnelles mais rarement sécurisées, ne suffisent plus à protéger les tout-petits. En effet, Dans l’ombre des rayons bien fournis des supermarchés d’Abidjan se joue, depuis des années, une équation économique implacable : celle d’un pays qui dépend massivement des importations pour nourrir ses enfants. Poudre de lait, ingrédients pour préparations infantiles, aliments transformés etc... La Côte d’Ivoire en fait venir des tonnes, année après année. Les rapports internationaux, qu’il s’agisse d’études commerciales ou de notes de marché de l’USDA (United States Department of Agriculture), le répètent avec constance : le marché local reste arrimé à l’extérieur, soumis aux variations des cours mondiaux, et donc vulnérable. Cette dépendance se traduit par un coût en devises considérable et, mécaniquement, par des prix finaux souvent déconnectés du pouvoir d’achat réel des familles ivoiriennes.

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