Eswatini : sortir de la dépendance, le nouveau défi économique du royaume
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- il y a 13 heures
- 11 min de lecture
Petit royaume d’Afrique australe étroitement arrimé à l’économie sud-africaine, l’Eswatini cherche aujourd’hui à modifier les ressorts de sa croissance. Sa dépendance aux recettes de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU), aux investissements publics et à quelques secteurs exportateurs fragilise ses finances publiques et limite sa capacité à créer suffisamment d’emplois. Le budget 2026/2027 marque une nouvelle étape : l’État veut désormais faire de l’investissement privé, des PME, de l’industrialisation, de la transformation numérique et des infrastructures les piliers d’une économie plus productive. Mais le royaume peut-il réellement sortir d’un modèle où la croissance dépend encore largement de ressources et de marchés extérieurs ?

Dans les économies africaines de petite taille, la dépendance n'est pas toujours une faiblesse ; elle peut être une stratégie rationnelle. Pour l'Eswatini, l'intégration régionale a longtemps offert un accès naturel au marché sud-africain, une monnaie arrimée au rand, des recettes douanières substantielles et une porte d'entrée pour les investissements étrangers. Le problème apparaît lorsque cette interdépendance devient une contrainte, car le royaume ne maîtrise ni le rythme des recettes versées par la SACU, ni la conjoncture de son principal partenaire commercial, ni l'évolution de certains marchés extérieurs dont dépend son industrie. Une baisse des recettes douanières peut rapidement dégrader le budget. Un ralentissement régional peut peser sur les exportations. Et une croissance tirée par quelques grands projets d'infrastructures risque de s'essouffler une fois les chantiers achevés. C'est cette fragilité que les autorités tentent désormais de traiter.
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