• Harley McKenson-Kenguéléwa

Bâtir sa stratégie à l’export vers l’Afrique : Quels dispositifs de soutien en France ?

Mis à jour : mai 16


Réussir son développement à l’international, en l’occurrence en Afrique, est plus que jamais une nécessité absolue pour les start-up et les PME implantées en France. Ce constat est d'autant plus vrai que le continent africain demeure une terre de croissance, malgré la pandémie de Covid-19, et les aides & soutiens à l’export ne manquent pas dans l’Hexagone.

" Les outils de la confiance pour entreprendre avec l’Afrique " : tel a été le thème du webinaire organisé le 21 Avril dernier par le CAPP (Club Afrique de la presse parisienne), auquel ont participé Jean-Michel Huet (associé chez BearingPoint), Isabelle Bébéar (directrice des affaires Europe & International chez Bpifrance), Igor Chlapak (directeur du "Desk Afrique" chez Business France), Hannah Subayi Kamuanga (Responsable pays pour la République Démocratique du Congo, chez Proparco), Hafi Barry (directeur commercial AZA Finance), Denis Deschamps (délégué général de la CPCCAF — Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones — ) et Benjamin Bonnell (Fondateur & directeur général d’Expand In Africa) ; modéré par Alfred Mignot (directeur d’AfricaPresse.Paris).

Le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, donne les pistes pour se repérer dans cet écosystème entrepreneurial français, en vue d’accompagner les porteurs de projet désireux de se lancer en Afrique, sur la base des interventions des panélistes.




Des prévisions de croissance en 2021, estimées à +7,6% pour le Kenya, +7,5 % pour le Botswana, +6,6 % pour l’Île Maurice, +3,4 % en moyenne pour toute l’ Afrique subsaharienne .... Des perspectives encourageantes, si l’on en croit les données du FMI (Fonds Monétaire International). Certes, il ne s’agit d’un d’un retour fracassant de la croissance, eu égard au contexte de crise sanitaire mondiale. Mais ces chiffres sont assez suffisants pour raviver la confiance des entrepreneurs dans leur quête de nouvelles opportunités d’affaires. Mais à l'instar de tout projet entrepreneurial dédié à l’international, le fait de développer son activité dans les pays émergents ou les marchés dits "frontières" d’Afrique, pour s’avérer fructueux, requiert du temps, de la patience, du dévouement et de l’investissement, autant financier que technique et humain.


« L’Afrique est un continent d'opportunités. Mais il s’agit un contexte très différent de ce que nous connaissons. Il y a une fracture numérique, beaucoup de personnes non bancarisées, du clivage urbain & rural, des problèmes logistiques et des difficultés en matière de ressources humaines [ ... ]. Une grand part de la population active évolue dans le secteur informel, prévient Benjamin Bonnell, fondateur de "Expand in Africa", une société de conseils qui accompagne les clients sur l’ensemble des aspects de leur stratégie sur le continent africain. Cela ajoute une complexité aux entrepreneurs. C'est la raison pour laquelle 'il faut des vrais experts, capables d’assurer un accompagnement terrain en Afrique ».


Même son de cloche du côté de Denis Deschamps, délégué général de la CPCCAF (Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones), qui fait part de ses observations :


« Il ne faut pas croire — et cela vaut aussi bien pour les projets en France que pour ceux destinés à l’Afrique — qu'il suffit d'une bonne idée, d'une technologie que l'on pense innovante ou d'un voyage de "type mission export", pour que l’on conclut des deals et que son affaire fonctionne, parce qu'il n’existe peut-être pas de marché pour son produit. La relation avec l'Afrique repose sur le temps long, la continuité et le partenariat [ ... ] » .


De plus, il faut garder à l’esprit qu’il vaut mieux peaufiner les détails de sa préparation et bien évaluer sa stratégie d’implantation, plutôt que de foncer tête baissée dans son aventure entrepreneurial.


« Les "Afriques" sont plurielles. Il y a différents niveaux de maturité et différents niveaux de difficulté, rappelle Igor