Bénin : la politique d’industrialisation est-elle en train de changer durablement l’économie nationale ?
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- il y a 1 jour
- 9 min de lecture
Longtemps associé à une économie de services, de commerce régional et d’agriculture, le Bénin tente depuis plusieurs années de changer de modèle. Au cœur de cette ambition : la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), les nouvelles zones économiques spéciales, la transformation locale du coton, du cajou et du soja, mais aussi une politique plus large mêlant infrastructures, fiscalité, facilitation de l’investissement et réforme de l’État. Les premiers indicateurs sont encourageants : l’industrie manufacturière progresse, les exportations montent en gamme et la croissance reste parmi les plus dynamiques du continent. Mais derrière ces performances se pose une question plus exigeante : le Bénin est-il réellement en train de modifier la structure de son économie, ou seulement d’ajouter quelques pôles industriels à un modèle encore largement agricole et informel ?

Pendant des décennies, l’économie béninoise a largement reposé sur une combinaison de trois moteurs : l’agriculture, le commerce régional et les services liés à la position géographique du pays. Le port de Cotonou a joué un rôle central dans cette architecture, tandis que la proximité du Nigeria a fait du Bénin une plateforme de transit et de commerce particulièrement exposée aux évolutions de son grand voisin. Cette configuration a permis au pays de générer de la croissance, mais elle a aussi limité la captation de valeur ajoutée sur le territoire. Exporter une matière première agricole est une chose ; la transformer, la conditionner, la commercialiser et l’exporter sous forme de produit fini en est une autre. C’est précisément ce changement d’équation que cherche à provoquer la politique industrielle engagée depuis plusieurs années par les autorités béninoises.
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