• Harley McKenson-Kenguéléwa

« La révolution numérique a transformé les start-up africaines en véritables moteurs du changement »

Mis à jour : mai 16


" Startup Lions ", C'est le titre du dernier livre de Samir Abdelkrim, expert de l’innovation africaine, dont les travaux sont unanimement reconnus par la profession, et initiateur du prochain sommet Emerging Valley 2018. Sa plume nous plonge au cœur du monde de la technologie numérique sur le continent et nous montre comment des jeunes ont créé des écosystèmes entrepreneuriaux sans l’aide des pouvoirs publics. Ses trois ans d'immersion en terre africaine sont retranscrits dans cet ouvrage qui vous en apprend bien plus que des cours théoriques dispensés dans une université. Originaire de Kabylie, ce natif de Marseille nous délivre un message d’optimisme et d'espoir en une Afrique qui veut se réinventer.

(Source : Forbes Afrique)
Samir Abdelkrim : « La révolution numérique a transformé les start-up africaines en véritables moteurs du changement et du renouveau en Afrique »
Samir Abdelkrim au centre de la photo

Forbes Afrique : Existe-t-il une spécificité en milieu entrepreneurial en Afrique ?

Samir Abdelkrim : Les entreprises, tous continents confondus, ont des objectifs de profit, de rentabilité, d’augmentation de part de marché… Les jeunes entrepreneurs du continent africain donnent toutefois à leur start-up une dimension patriotique, un aspect que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Le dévouement et l'amour qu'ils portent à leur pays sont sans égal, ce qui les amène à vouloir résoudre des problèmes dans le but de contribuer au développement et à la transformation structurelle des économies africaines. La révolution numérique a transformé les start-up africaines en véritables moteurs du changement et du renouveau en Afrique.


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Un tel engagement s’explique par le fait que les administrations centrales et les collectivités locales n’ont pas su doter suffisamment leur pays en infrastructures depuis l'avènement des indépendances. Ajouté à cela la mauvaise gouvernance, un fléau qui touche un bon nombre de pays dans cette partie du monde. Aujourd’hui, toutes les sphères de la société y rivalisent de créativité et d’audace pour apporter leur pierre à l’édifice en vue d’un développement pérenne et efficient. Plus singulièrement, l’entrepreneuriat n’ambitionne pas de se substituer à la puissance publique ; il souhaite plutôt accélérer toutes les initiatives de développement. Des start-ups innovantes que je cite dans mon livre, tels que M-Kopa au Kenya ou Tech-Innov au Niger en sont de parfaits exemples.

F.A : Une partie de votre travail aborde l’importance des communautés technologiques qui occupent une place prépondérante dans les écosystèmes entrepreneuriaux africains. On a le sentiment que le numérique serait en passe de devenir le seul moteur de croissance. Ne craignez-vous que les autres secteurs d’activité prometteurs, pourtant plébiscités par les investisseurs (agro-business, santé, finance, transport, énergie …), soient moins valorisés ?