Quelles solutions apportent les start-up dans les écosystèmes Tech d'Afrique ? ?
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  • Harley McKenson-Kenguéléwa

Quelles solutions apportent les start-up dans les écosystèmes Tech d'Afrique ?

Mis à jour : juil. 27

Des télécoms au secteur spatial, en passant par les transports ou la sécurité etc ... La Tech s'invite dans tous les secteurs, avec l'idée de sécuriser, de faciliter, voire d’améliorer le quotidien, et offre des perspectives de croissance à long terme pour les start-up qui souhaitent conquérir des marchés sur le continent africain.


Dans le cadre d’un webinaire intitulé " Développement de nouvelles activités en Afrique ? : Comment la Tech peut aider les territoires ", co-organisé le 23 Juin 2020 par "Systematic Paris-Region", la "French Tech Paris-Saclay" et la "Team France Export", une équipe d’intervenants composée de Christelle Astorg-Lépine (Cheffe de projet de "Connect by CNES"), Jean Koïvogui (fondateur de Nexafrika), Xavier Beloso (directeur Services Clients de Luceor), Philippe Llau (Eutelsat Communications), Innocent Ndry (chargé d’affaires export chez Business France) et Patrick Kouassi (CEO des filiales "Smile" Côte d’Ivoire & Burkina Faso), a présenté les principales tendances technologiques qui occupent actuellement le devant de la scène en Afrique.


Le webzine "CEO Afrique", qui a visionné l'e-conférence, en a tiré les extraits les plus significatifs.



Si les les États-Unis, l’Europe et l’Asie maintiennent leur leadership en matière d'innovation, les pays émergents et les marchés " frontières " d’Afrique, caractérisés par leur croissance globale forte, ne peuvent plus être ignorés. Avec cette avalanche de technologies qui ne cessent de voir le jour ou d’évoluer, le moment est venu de voler de ses propres ailes et d’identifier des niches ou des marchés accessibles à ses offres sur le continent. D’autant plus que les acteurs du capital-risque ont multiplié les investissements dans les start-up du numérique à un niveau historiquement élevé, signe du dynamisme du secteur.


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« Les start-up en Afrique ont récolté un peu plus de 2 milliards de dollars en 2019, souligne Innoncent Ndry, chargé d’affaires export chez Business France, se basant sur un rapport publié par le fonds d’investissement Partech. Le Nigeria, le Kenya, l’Egypte et l’Afrique du Sud ont drainé à eux seuls 85 % de ces financements issus du capital-risque. [ ... ]. Parallèlement, les nouveaux acteurs de cet écosystème sont plutôt localisés dans les Etats francophones d’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Le pays de la Teranga mène le bal avec environ 22 millions de dollars qui ont été levées par les start-up locales » .


Les écosystèmes tech les plus dynamiques sont donc concentrés essentiellement dans la sphère anglophone, notamment au Nigéria, en Afrique de l’Est et en Afrique australe, auxquels s’ajoute l'Égypte, des hubs qui bénéficient d’une forte culture entrepreneuriale.


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Pour faire écho à l'engouement des investisseurs à l'égard des nouvelles technologies et particulièrement pour les innovations spatiales, Christelle Astorg-Lépine, chargée de "Connect By CNES", établit une liste d'autres structures susceptibles de financer des projets de développement sur ce marché :


« [ .... ] Nous avons le "Space Ticket" qui est un fonds pour lequel le CNES est apporteur d’affaires. Nous accompagnons les start-up en phase d'early stage. Les montants octroyés peuvent aller jusqu’à 250 000 euros. Il y a également le fonds BASS (Business Applications and Space Solutions), que nous co-gérons avec l’Agence Spatiale Européenne, destiné à développer un business touchant au secteur spatial [ .... ]. Nous mettons donc à disposition nos sources de financement et notre expertise technique ».


Innocent Ndry complète cet état des lieux du financement de l’innovation, ajoutant « qu’un fonds de démarrage de 50 millions de dollars a été mis en place au Sénégal pour catalyser l’esprit d’entreprise [ .... ] ».


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Des opportunités de croissance sur le long terme


Parmi les très gros morceaux, se trouve la géolocalisation pour résoudre les problèmes d’adressage . Selon une étude réalisée à l'initiative des Nations Unis, près de 4 milliards dans le monde, dont une grande majorité d’entre eux se trouvant sur le continent africain, ne possèdent pas d’adresse postale et d'identification précise de leur habitation. Une situation qui peut se révéler problématique lorsqu’il s’agit par exemple d’entamer des démarches administratives importantes, de solliciter des ambulanciers pour dispenser des soins de santé urgents ou de faire ses achats en ligne, dans l'optique de se faire livrer à domicile.


La start-up Nexafrika, spécialisée dans le développement de solutions de géolocalisation, de référencement et d'adressage, s’est positionnée rapidement sur ce créneau en devenir.


« L’Afrique est le continent le plus démuni en terme d’accès aux données cartographiques et géographiques. Les statistiques sont très alarmantes. Près de 78 % de la population ne disposent pas d’adresses physiques. [ ....]. Certaines capitales africaines ne disposent que d’un seul bureau de poste. Tout ce qui est lié au système de cadastre est quasi-inexistant ou très peu développé, explique le fondateur de Nexafrika, Jean Koïvogui [ ... ]. Nous pourrions être confrontés à des situations où les collectivités ne prennent pas en charge l’adressage. Nous développons donc des solutions de boites aux lettres personnalisées munies de capteurs, Dans ce cas précis, nous serons détenteurs de notre propre base de données et assurerons nous-même la gestion de livraison auprès des populations [ .... ] ».


Pour sa part, la cheffe de projet de "Connect by CNES", Christelle Astorg-Lépine, met en exergue d’autres domaines d’application de technologies axées autour du spatial et énumère quelques projets à fort potentiel :


« [ .... ] Nous essayons d’expliquer à de nouveaux acteurs en quoi l’usage du spatial peut effectivement développer une nouvelle économie sociétale et environnementale [ .... ]. Concernant l’Afrique, nous avons plusieurs beaux projets en cours d’élaboration, parmi lesquels " Diamniadio " qui développe une offre de service de monitoring dynamique urbaine et, cela, en partenariat avec une start-up française, et Geomatica, une entreprise sénégalaise spécialisée dans les solutions géomatiques. Le projet OSS Saint Louis, porté par l'Université de Rouen Normandie, propose, quant à lui, une étude détaillée de l'environnement littoral du Sénégal et des impacts du changement climatique face à l’augmentation du niveau de la mer [ .... ] ».


Autre grand secteur porteur sur le continent africain, les nouvelles technologies au service de la sécurité & la défense, une créneau qui affole les compteurs de la croissance des jeunes pousses ambitieuses. Les algorithmes de reconnaissance faciale, les système de surveillance vidéo mobile sans fil et les outils de prédiction de comportements individuels font désormais partie du champ lexical associé aux réflexions qui visent à proposer des actions concrètes pour répondre à la problématique de la gestion de foules, la sécurisation d’événements importants ou celle des transports en commun.


Xavier Beloso , directeur Services Clients de l’équipementier Telecom LUCEOR [ acronyme de "Luceor WiMesh Networks", NDLR] met en avant l’utilité de ses technologies de pointe intégrées dans le contexte africain :


« Notre solution est un vrai complément aux technologies existantes comme le satellite, le cellulaire ou le wifi [ ... ]. Notre premier cas d’usage a concerné les jeux africains de Brazzaville qui se sont tenus au cours de l’année 2015. Nous avons déployé plus de 40 000 km2 de réseau doté de la technologie de routage et de maillage " WiMesh " [ ....]. Nous avons couvert le parcours compris entre le stade et l’aéroport pour sécuriser le convoi des VIP. [ ... ]. Nous essayons de pallier par exemple aux problèmes du wireless, aux faiblesses du réseau 4G ou des débits sur les flux montants etc..... On nous demande souvent de déployer un réseau en vue d’améliorer des infrastructures existantes sans avoir à subir toutes les contraintes du génie civil relatifs à la fibre et les contraintes de coûts [ ... ] » .



L’Internet par satellite a aussi de beaux jours devant lui, surtout en Afrique où il faudra beaucoup de temps pour couvrir toutes les zones reculées — en milieu rural, en zone blanche ou dans les endroits désertiques — mal desservies par les technologies permettant d'accéder au très haut débit via la fibre ou l’ADSL. Le fournisseur "Konnect Africa" assure déjà une vaste couverture de la région subsaharienne, proposant ainsi différentes offres pour se connecter à Internet par satellite.


« Le satellite est souvent un complément de connectivité pour les réseaux publics, les réseaux parapublics et les réseaux militaires [ .... ], explique le représentant d’Eutelsat, Philippe Llau. Notre service, "Konnect Africa", pose une architecture multi-spot, capable de pousser, d’envoyer et de recevoir une certaine quantité de mégabits. Il permet tout simplement de connecter les particuliers, les entreprises et les administrations à de l’Internet haut débit, avec 20 mégabits descendants et 3 mégabits remontants ».


Des défis majeurs à surmonter


Développer son activité, surtout quand il s’agit de se pencher sur les nouvelles technologies n’est pas chose aisée. L’une des règles d’or pour valider la pertinence de son innovation technologique, c’est de la confronter aux réalités et aux exigences du marché local.


« Les patrons de start-up font montre de narcissisme dans la mesure où ils expliquent qu’ils ont la meilleure solution du monde susceptible de bien marcher. La particularité de ce continent réside dans le fait qu’il faille plutôt trouver une solution "bancable" qui soit en mesure de répondre à une problématique » prévient Patrick Kouassi, directeur de filiales ivoirienne et burkinabè du groupe "Smile", un intégrateur européen de solutions open source.


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D’autre part, l’environnement général rassemble en son sein des facteurs qui influencent une entreprise sans que celle ne puisse exercer une quelconque influence en retour. Selon Patrick Kouassi, il faut également tenir compte des facteurs légaux, car une activité peut être soumise à une réglementation stricte. Un chef d’entreprise se doit donc de se conformer à cet univers de contraintes sous peine de voir son activité proscrite ou entravée.



Par Harley McKenson-Kenguéléwa







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