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Commerce : la Russie de Poutine peut-elle réussir en Afrique ?

Mis à jour : mai 16

Le président Poutine compte avancer ses pions économiques en Afrique. Mais face aux grands partenaires commerciaux du continent, la Russie peine à s’imposer.

(Source : Forbes Afrique)
Commerce : la Russie de Poutine peut-elle réussir en Afrique ?

Il est loin le temps où la Fédération de Russie se désengageait d’Afrique, dans le sillage del'effondrement du bloc soviétique en 1991. Depuis le début des années 2000 et l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, le géant eurasiatique a adopté une politique extérieure expansionniste, dont l’un des volets vise précisément à renforcer sa présence économique sur le continent.

Une intention qui a rapidement été suivie d’actes concrets. Aujourd’hui, la plupart des fleurons de l’économie russe sont présents en Afrique. En Algérie,le géant gazier Gazprom est un partenaire stratégique de la Sonatrach. Severstal, une firme spécialisée dans la sidérurgie, est pour sa part active au Libéria et au Mali. Au Nigéria, le producteur d'aluminium Rusal a officialisé une prise de participation majoritaire dans le capital du raffineur Aluminium Smelter Company.Mais c’est en Afrique australe que les liens commerciaux sont les plus marqués. Emblématique des ambitions russes dans la sous-région, la multinationale Alrosa extrait par exemple du diamant en Angola et investit dans plusieurs projets gaziers. Son compatriote Norilsk Nickel, producteur de nickel, contrôle en partie le capital du sud-africain Gold Fields tandis que Renova exploite des mines de manganèse ; toujours dans la nation " arc-en-ciel ".

Membre du groupe des B.R.I.C.S (Brazil, Russia, India, China, South Africa), la Russie considère l’Afrique du Sud comme un point d'entrée vers le reste du continent et les relations commerciales entre les deux pays sont particulièrement solides et profondes, notamment dans le domaine de la défense, via Osoboronexport, l'agence russe chargée des exportations du complexe militaro-industriel.

Prenant acte de l’importance de ces échanges, les autorités sud-africaines envisagent ainsi d’assouplir les conditions d’obtention de visas pour les ressortissants russes. Les modalités d'octroi n’ont pas encore été dévoilées officiellement, mais d’après une source diplomatique, les touristes russes seraient autorisés à entrer en Afrique du Sud sans visa pour une durée allant jusqu’à 90 jours. De quoi renforcer un peu plus l’attractivité de la deuxième puissance économique africaine. Selon le ministère sud-africain des Relations Internationales et de la Coopération, 15.000 russes ont visité l'Afrique du Sud en 2015, soit une hausse de 44 % par rapport aux chiffres de l’année 2014.

Un retard difficilement rattrapable et une diplomatie économique relativement faible

Reste que sur le terrain économique, le pays des Tsars est largement éclipsé par la France, le Royaume-Uni, l’Inde, les États-Unis et la Chine. En 2013, les échanges commerciaux russo-africains avoisinaient ainsi les 5 milliards de dollars, un chiffre bien en deçà du volume réalisé avec les Etats-Unis (63 milliards de dollars), mais surtout avec la Chine (200 milliards de dollars/an).

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