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Zimbabwe : après la stabilisation, le temps des grandes réformes est-il venu ?


Après des années marquées par l’hyperinflation, l’instabilité du taux de change, la défiance envers la monnaie nationale et l’isolement financier, le Zimbabwe semble avoir retrouvé une forme de respiration économique. La croissance a rebondi, l’inflation en monnaie locale a fortement ralenti et le ZiG, lancé en 2024, a résisté jusqu’ici à l’épreuve que toutes les monnaies zimbabwéennes précédentes avaient échouée à surmonter : celle de la confiance. Mais la stabilisation n’est pas encore une transformation. Derrière les progrès macroéconomiques subsistent une dette en défaut, des arriérés extérieurs, un marché des changes encore imparfait et un environnement réglementaire coûteux pour les entreprises. Le programme de suivi conclu avec le Fonds monétaire international ouvre désormais une nouvelle séquence : celle où le Zimbabwe devra démontrer que la stabilité retrouvée peut devenir le socle de réformes structurelles capables de libérer durablement l’investissement, la compétitivité et l’emploi.




Il y a, dans l’histoire économique récente du Zimbabwe, une leçon que les chiffres à eux seuls ne suffisent pas à raconter : dans un pays qui a connu plusieurs épisodes de crise monétaire, la stabilité ne se décrète pas. Elle doit être reconstruite, parfois presque transaction après transaction, dans les comportements des entreprises, des ménages, des banques et des investisseurs. C’est cette reconquête de la crédibilité qui constitue aujourd’hui l’enjeu central de la politique économique zimbabwéenne. Le pays a enregistré une croissance de 8,3 % en 2025, selon le Fonds monétaire international, portée notamment par le rebond de l’agriculture, la vigueur du secteur minier et des conditions extérieures favorables, en particulier les prix de l’or. Pour 2026, le FMI projette une croissance réelle d’environ 5 % et une inflation moyenne de 5,1 %.

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