Gabon : la croissance résiste, mais les équilibres budgétaires se dégradent
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- il y a 9 heures
- 10 min de lecture
Le Gabon continue d’afficher une économie en expansion, portée par les investissements publics, les services, la construction et une activité hors pétrole appelée à jouer un rôle croissant. Mais derrière cette résistance de la croissance, les comptes publics se sont considérablement tendus. La révision du budget 2026, qui ramène la prévision de croissance de 6,5 % à 4 %, révèle l’ampleur du réajustement en cours : recettes plus fragiles, dépenses contraintes, dette coûteuse et besoin de financement élevé. Entre ambition de transformation économique et impératif de consolidation budgétaire, Libreville se trouve désormais confronté à une équation centrale : préserver l’élan de l’activité sans laisser la dérive des finances publiques compromettre la stabilité macroéconomique.

L’économie gabonaise ne s’effondre pas. C’est même, à première vue, le paradoxe de la conjoncture actuelle : alors que les équilibres budgétaires se dégradent, l’activité continue de progresser. La croissance résiste, soutenue par la demande intérieure, les travaux d’infrastructure, la construction et les secteurs hors hydrocarbures. Mais cette résilience ne doit pas masquer le changement de tonalité intervenu en quelques mois dans les prévisions officielles. Le projet de loi de finances initial pour 2026 reposait sur une hypothèse de croissance particulièrement ambitieuse de 6,5 %. Dans le nouveau cadrage macroéconomique présenté dans le cadre de la loi de finances rectificative, cette prévision a été ramenée à 4 %, tandis que la croissance du secteur hors pétrole est attendue à 4,4 %, selon le gouvernement gabonais et les informations présentées à l’Assemblée nationale en juin 2026. Le budget de l’État a, dans le même mouvement, été revu à 5 495,2 milliards de FCFA, contre 6 358,9 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale, soit un ajustement de 862,9 milliards de FCFA.
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