Au-delà des "Big Four" : comment les nouveaux marchés de la Tech africaine attirent progressivement les investisseurs
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- 29 juil.
- 44 min de lecture
Longtemps concentrés sur le Kenya, le Nigeria, l'Afrique du Sud et l'Égypte, les investisseurs internationaux commencent à porter un regard nouveau sur d’autres écosystèmes technologiques sur le continent africain. De la Tanzanie au Rwanda, en passant par la Zambie, le Malawi ou plusieurs marchés francophones, une nouvelle génération d'entrepreneurs fait émerger des opportunités de croissance encore largement sous-exploitées. Mais pour révéler ce potentiel, il ne suffira pas d'injecter davantage de capitaux : il faudra aussi repenser les méthodes d'investissement, renforcer les partenariats locaux et développer des outils financiers mieux adaptés aux réalités du continent. Une évolution qui pourrait redessiner durablement la carte de la Tech africaine et les stratégies des investisseurs à la recherche des prochains champions de l'innovation.

Crédit photo : ©CEO Afrique / Harley McKenson-Kenguéléwa
« Les opportunités d’investissement existent bel et bien. Le problème n’est pas l’absence de bons deals, mais le fait que les structures permettant aux investisseurs d’entrer et de sortir du marché ne sont pas encore adaptées ». En quelques mots, Sunga Mkwezalamba, directeur d'investissement chez Stradford Venture Partners LLP et fondateur de Malawi Investment Angels, résume le principal paradoxe auquel est aujourd'hui confronté le capital-investissement en Afrique. Loin de l'idée selon laquelle les marchés africains émergents souffriraient d'un manque de projets entrepreneuriaux solides, il soutient que le véritable frein réside dans l'environnement d'investissement lui-même : cadres juridiques encore perfectibles, faiblesse des marchés secondaires, contraintes réglementaires, risque de change, mécanismes de sortie limités ou encore absence d'instruments financiers adaptés aux réalités locales. Autrement dit, les opportunités existent, mais elles demeurent insuffisamment accessibles aux investisseurs faute d'un écosystème capable de fluidifier le financement des entreprises innovantes et d'offrir des perspectives de rentabilité compatibles avec les exigences du capital-risque et du capital-investissement.
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