Nigeria : pourquoi la désinflation ne suffit pas à soulager les ménages
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- il y a 24 heures
- 9 min de lecture
Après deux années de réformes brutales, le Nigeria commence enfin à voir l'inflation ralentir. Le naira s'est stabilisé, les réserves de change se sont renforcées et la croissance résiste. Pourtant, pour des millions de ménages, la crise du coût de la vie est loin d'être terminée. La suppression de la subvention aux carburants, la réforme du marché des changes et la hausse des tarifs de l'électricité ont profondément renchéri l'alimentation, les transports et les dépenses courantes. En juin 2026, l'inflation est revenue à 15,91 %, mais le pouvoir d'achat reste comprimé et le crédit demeure très cher. Le Nigeria illustre ainsi une vérité économique souvent mal comprise : faire baisser l'inflation ne signifie pas faire baisser les prix — et encore moins restaurer immédiatement le niveau de vie.

Lagos, capitale économique du Nigeria
Sur le papier, le Nigeria a franchi un cap important. Après plusieurs années de forte inflation, la hausse des prix à la consommation commence à ralentir. Selon les dernières données du National Bureau of Statistics (NBS), l'inflation en glissement annuel s'est établie à 15,91 % en juin 2026, contre 15,93 % en mai. Il s'agit de la première baisse mensuelle après trois mois consécutifs de remontée. La trajectoire est néanmoins loin d'être linéaire. L'inflation était passée de 15,06 % en février à 15,38 % en mars, puis 15,69 % en avril et 15,93 % en mai, selon le NBS.
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