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Les 6 plus grands secteurs porteurs de croissance pour investir au Nigeria

Dernière mise à jour : 4 avr.


Le Nigeria constitue un eldorado économique à conquérir. Toutefois il convient de bien identifier les secteurs d’activité les plus prometteurs avant de s’y implanter.

Chacune de ces opportunités d’investissement a fait l’objet d’ateliers dans le cadre du "Forum d’affaires Afrique du Sud / Nigeria" qui s’est tenu virtuellement le 6 Juillet dernier, organisé par Business France — l’agence chargée du développement international des entreprises françaises — et modéré par le journaliste Arnaud Fleury.

Le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, a étudié ces secteurs qui pourraient témoigner d’une explosion de croissance dans les années à venir, sur la base des témoignages des panélistes.


Lagos, capitale économique du Nigeria



Il est impensable de songer à décrocher des parts de marché en Afrique sans prendre la peine de prospecter d'abord au Nigeria. 1ère économie du continent, pays le plus peuplé d’Afrique, un marché doté de 220 millions de consommateurs, une classe moyenne évaluée à près de 50 millions de personne etc .... : Autant d’atouts qui permettent de soutenir durablement la croissance des secteurs dits "classiques" et de l’industrie 4.0.


L’intensification des échanges de visite au plus haut niveau entre la France et le géant africain atteste un climat de confiance et de bonne entente . Après une visite effectuée courant Avril au Nigeria du ministre délégué en charge du Commerce extérieur et de l'Attractivité de la France, Franck Riester, un Conseil d’Affaires "France-Nigéria" s’est tenu le 28 juin au Château de Versailles, où se sont réunis des chefs d’entreprises de l’Hexagone et les capitaines d’industries les plus importants de cet État d’Afrique de l’Ouest.


 

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Mais en dépit des liens économiques historiques qui unissent les deux pays, on peut considérer sans exagération que la France est toujours en-dessous de son potentiel export vers le Nigeria, où les secteurs porteurs sont pléthoriques.


Première opportunité d’investissement mise en évidence : la Santé. Le Nigeria manque cruellement d'infrastructures sanitaires. Le Health Facility Registry (HFR) dénombre 41 000 établissements hospitaliers sur l’ensemble du territoire. Toutefois, il semblerait que les choses commencent à bouger.


« Actuellement, Egis accompagne la fondation privée Aliko Dangote dans une opération de réaménagement d’une partie de l’Hôpital Murtala Muhammad dans la ville de Kano, au Nord du Nigeria [ ... ]. Le groupe conçoit du design sur les bâtiments à construire et effectue le suivi des travaux » affirme Hans Herdenberger, directeur Régional Afrique du groupe d’ingénierie & conseil Egis, intervenant dans les domaines des transports, de la ville, du bâtiment, de l'industrie, de l'eau, de l'environnement et des services à la mobilité.


Pour sa part, Renaud Bauchamp, directeur général délégué du distributeur de produits pharmaceutiques Assene laborex, rapporte que le groupe Eurapharma — dont est issue la filiale Assene laborex — « possède une clinique au Nigéria , qui a été ouverte il y a près de cinq ans » . Et de poursuivre : « Pour l’instant, les entrepôts sont situés à Lagos et Port Harcourt. Mais on envisage d’en ouvrir à Abuja et Benin City ».


Par ailleurs, le pays dispose d’un très faible de pourcentage de personnel hospitalier par rapport sa population ; c'est notamment le cas des médecins, des sages-femmes et des infirmières. Sans oublier le fait que seulement 10% de cette population bénéficie d'une couverture maladie.


« Il n'existe pas, à proprement parler, de couverture universelle de santé dans l’univers médical du Nigeria. Les HMOs (Health Management Organizations) sont considérés comme étant ce qui se rapproche le plus, avec des coûts généralement très bas » explique Franz Debril, directeur des ventes chez le prestataire de prévention médicale "International SOS".


Il y a également lieu de noter qu’un bon nombre de Nigérians, aspirant à une consommation tous azimuts inspirée par les modèles européens et nord-américains, sont atteints de maladies cardiovasculaires.


Frederic Lieutaud, directeur général de Swiss Pharma Nigeria (SWIPHA) — racheté par Biogaran, filiale du groupe Servier — apporte un éclairage et ses enseignements sur la question :


« Le Nigeria affiche de forts besoins en médicaments de qualité à prix abordable. Les génériques représentent à peu près 50% du marché des médicaments. 95% de la population nigériane a besoin de ces produits de qualité [ ... ]. SWIPHA a choisi de s’implanter dans ce pays, où il existe un véritable tissu industriel.. La société a généré de la croissance à deux chiffres cette année et est profitable. Le groupe savait au départ que les choses ne seraient pas faciles au quotidien. Néanmoins, Il a réussi à gérer les équipes, l’équipement, la maintenance, les besoins en matières premières et en devises [ ... ]. Il y a de la place pour tout le monde sur ce marché, mais ce n’est pas simple ; on ne construit pas une marque au Nigeria en deux jours. Il faut être patient, savoir convaincre, trouver les bons distributeurs, identifier les bons canaux pou rapprocher consommateurs ».


Renaud Bauchamp fait cependant remarquer que la mise sur le marché de médicaments est soumise à une réglementation très stricte :


« [ ... ] Les procédures d’enregistrement prennent du temps. Dans une phase rapide, cela peut aller jusqu’à six mois, voire un an. De plus, il existe une barrière financière ; il faut compter entre 5000 et 10000 dollars pour enregistrer un produit. L’idéal est d’avoir un grand volume de production. Les entreprises pharmaceutiques locales jouissent également d'une forte protection industrielle. À titre d’exemple, on ne peut pas importer le Paracétamol au Nigeria et ce, afin d' aider les manufacturiers nigérians à écouler leurs propres produites [ ... ]. C’est un marché complexe. Mais le fait d'apprendre à gérer cette complexité est une stratégie qui peut s'avérer payante. Il serait plus sage de consulter préalablement la liste de médicaments interdits à l’importation. En ce qui concerne les produits exempts d'interdiction, il y a de la place pour toutes les sociétés pharmaceutiques de type familial ».


D’une manière générale, la gamme d’activités issues du médical est plus vaste que l’on ne pense : mutuelle de santé, ventes de matériel de diagnostic médical & de laboratoire, kits de test de parasites, e-santé & télémédecine etc ...


« "International SOS" effectue déjà des consultations en télémédecine au sein des cliniques, c’est-à-dire que nos patients peuvent échanger avec des médecins qui se connectent en ligne à partir de n’importe quel pays dans le monde, et ce en chinois, en thaï, en anglais ou en allemand 24 heures sur 24 » soutient Franz Debril.


Autre secteur à privilégier, l’Agriculture. Sortir de la dépendance du pétrole est une occasion pour les autorités de diversifier de l'économie nationale et de faire de ce secteur un élément puissant dans le développement économique, ce qui pourrait engendrer par la même occasion des réussites spectaculaires et des bénéfices conséquents. Le Nigeria est certes une grande puissance agricole, avec pour principaux produits le manioc, le sorgho, le cacao, l’igname, l’huile de palme, le riz, le maïs et l’arachide.


« L’agriculture contribue à hauteur de 24 % du Produit Intérieur Brut. Les autorités ont une idée claire quant à leur intention de mécaniser et moderniser ce secteur , de le rendre prioritaire dans les perspectives de diversification de l’économie. La pandémie a fait prendre conscience que ce n’est pas une très bonne chose d’avoir une seule source de revenu émanant du pétrole » rappelle Valor Iduh, chargé d’affaires, spécialiste des questions agricoles auprès du bureau de Business France au Nigeria.


 

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Paradoxalement, le pays ne parvient pas à satisfaire totalement la demande du marché. Autrement dit, il existe une différence substantielle entre les potentialités agricole et la production réelle.


« Mon opinion est que le Nigéria ne produit pas autant qu’il le devrait. De ce fait, le pays mise davantage sur les importations, au détriment de la production locale. De surcroît, il ne parvient pas à gérer correctement les problématiques liés au traitement post-récolte » déplore Akindele Philips, co-fondateur & CEO de FarmCrowdy, une startup spécialisée dans le financement des petits exploitants.


D’autant plus que le Nigéria doit relever plusieurs défis majeurs, parmi lesquels la gestion des risques liés au changement climatique, l’amélioration de l'accès à l'eau, l’augmentation des investissements dans les technologies d'irrigation, l’optimisation de la gestion des stocks des produits agricoles tout en limitant les pertes des récoltes et surtout le financement des intrants (engrais, pesticides, produits phytosanitaires etc ...) qui se révèle être d'une grande urgence, malgré la création de l’agence NIRSAL (Nigeria Incentive-Based Risk Sharing system for Agricultural Lending) .


« À l’origine, la vocation de FarmCrowdy est de faciliter l’accès au financement via le crowdfunding [ ... ]. Désormais, nous aidons les petits producteurs à se procurer des intrants qui peuvent contribuer à améliorer leur production et réaliser ainsi des économies d’échelle [ ....] » assure Akindele Philips.


Ify Umunna, co-fondatrice de Nourishing Africa fait aussi partie de ces dirigeants qui ont su mieux appréhender les enjeux de cette problématique :


« Ce que "Nourishing Africa" essaie de faire, c’est de fournir aux petits producteurs les outils dont ils ont besoin pour se développer. Nous dispensons des formations ; nous organisons des ateliers à travers notre plateforme numérique. Après nous être assurés de la solidité de leur business model, de la sincérité des livres de compte et de la montée en compétences des équipes — de telle sorte à être éligible à des financements — , nous nous engageons à les mettre en relation avec des investisseurs [ ... ] » .



De son côté, Xavier Dequippe, directeur général et co-fondateur Feed Avenue Ltd — filiale nigériane de l’entreprise bretonne, MG2Mix, spécialisée dans la fabrication de pré-mélanges essentiels à la nutrition animale — , met l’accent sur d’autres activités parallèles qui évoluent dans le bon sens :


« Le marché de l’élevage est bien établi. Les autorités ont déployé des efforts considérables pour développer deux secteurs phares : l'aquaculture et l’aviculture, avec une dominante pour les poulets de chair. La structuration de cette filière a amené tout un tas d’acteurs à se positionner. Nous, Européens, avons beaucoup à apporter et devons nous positionner sur le marché de la nutrition animale ; c’est un petit peu le cœur du système. C’est ce qui va vraiment faire marcher les fermes qui auront plus de facilité à améliorer leur rentabilité ».


Toujours en matière d’opportunités dans le domaine agroalimentaire, Valor Iduh met en exergue l’importance de privilégier la qualité des installation frigorifiques, une importance vitale pour la chaîne du froid, car cela permet une meilleure conservation es denrées alimentaires :


« Le Nigeria doit aussi faire face au manque d’infrastructures liées à la chaîne de froid . Le sociétés aujourd’hui commencent à favoriser les équipements fabriqués en Europe, y compris en France. On mise désormais sur des équipements de qualité [ ... ] ».


Tout comme le domaine de la santé, l’agroalimentaire est soumis à une réglementation draconienne en matière d’importation au Nigéria, notamment en ce qui concerne les boissons alcoolisées.


« Le Nigeria fixe des quotas d'importation sur de nombreux produits, dans le but de développer le secteur local. L’importation de la bière est par exemple interdite. Par contre, le marché du vin et des spiritueux, autorisés à l’importation, est en pleine croissance. La consommation du champagne, associé au luxe, à l’excellence et au raffinement à la française est également en hausse [ ... ] » poursuit Valor Iduh.


D’une manière générale, les intervenants s’accordent à reconnaître que la présence des entreprises françaises opérant dans le secteur agricole demeure faible, même si l’on assiste à quelques success stories. « On peut citer par exemple l’entreprise Nutriset qui est en partenariat avec le groupe Dangote » indique Valor Iduh.


 

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Un autre point qui mérite d'être souligné : le gigantesque marché nigérian est constamment inondé de produits locaux de mauvaise qualité, contrefaits et/ou dangereux, qui n'offrent certainement aucune viabilité, ne serait-ce qu'à court terme — biens agroalimentaires, produits pharmaceutiques, objets mobiliers, matériel de bureau et d'autres types d'équipement etc.... — . Plus que jamais, les consommateurs ont pris conscience de la nécessité de s’assurer de la qualité de ces produits. Certains organismes de réglementation (National Agency for Food & Drug Administration , Nigeria Agricultural Quarantine Service, Nigeria Customs Service etc...), accompagnant les entreprises nigérianes à l’export, se sont emparés de ce sujet épineux. À front renversé, il s’agit surtout pour les pouvoirs publics de vérifier que les produits importés répondent aux normes internationales. C'est en partant de ce constat que les acteurs du marché de l’Inspection, de la Certification et de l’Audit ont commencé à prendre leur envol. L’entreprise multinationale Intertek s’est rapidement positionnée sur ce créneau très porteur.


« [ ... ] Le Nigeria a mis en place un "Conformity Assessment Program", un programme-cadre visant à contrôler la qualité des produits avant expédition des marchandises vers le pays. INTERTEK est accrédité par le "SON" (Standards Organisation of Nigeria) pour effectuer cette vérification. Plus que cela, le "SON Product Certification", qui est délivré aux entreprises demandeuses, est indispensable à l’export. Car, sans ce certificat, ces sociétés exportatrices risquent de s’exposer à des pénalités et de la destruction de marchandises. Il est donc très important de se familiariser avec ce process et de ne pas s’aventurer dans une démarche d’exportation vers le Nigeria, en supposant que, sous prétexte que les produits concernés soient rigoureusement conformes aux standards européens, l’entreprise répond forcément aux standards nigérians, ce qui n’est pas du tout le cas [ ....]. Si vous entrez sur le territoire nigérian de façon "propre", les probabilités que vous subissez de la corruption sont minces » détaille sa directrice du département des ventes, Laetitia Vagner


Un des secteurs les plus prolifiques est sans aucun doute celui des Nouvelles Technologies et du Numérique. Propulsé sur le devant de la scène Tech grâce aux levées de fonds effectués par ses startups, soit 307 millions de dollars US levés en 2020 ( devant le Kenya (304 millions de dollars), l’Égypte (269 millions de dollars) et l’Afrique du Sud (259 millions de dollars) , le Nigeria se positionne parmi les leaders de l'innovation sur le continent africain. La Yabacon Valley — surnom de Yaba, un quartier de Lagos — où sont installées les jeunes pousses locales les plus prometteuses, est un poids lourd du digital dans cette partie du monde, aux côté de la "Silicon Savannah" au Kenya ou la "Silicon Cape" en Afrique du Sud. Mais avec l’émergence de nouvelles places des nouvelles technologies en Afrique, le Nigeria se doit d’œuvrer pour se développer davantage s’il veut rester dans la course à l'innovation.


Partant du constat que les développeurs sont très recherchés dans ce domaine, Romain Poirot-Lellig, fondateur de la start-up KWIK spécialisée dans la livraison B2B, fait observer que « la présence de startups françaises au Nigeria est très limitée ». Et d’ajouter « Si vous voulez engager des bons développeurs en tant que startuppers au Nigeria, vous serez forcément en concurrence directe avec les acteurs issus de l’industrie du pétrole, l’industrie des assurances, l’industrie bancaire etc... De ce fait les attentes de salaires sont très élevées ; ce n’est pas forcément compatible avec l’esprit start-up ».


 

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Le secteur de la logistique a toujours le vent en poupe. Eu égard à l’immensité du territoire, il est plus que jamais nécessaire pour les autorités d’optimiser le transport de marchandises et faciliter le déplacement des cargaisons d'un endroit à l'autre. Dans le domaine maritime, le Nigéria est confronté à une congestion de ses ports, à l’absence de sécurisation des eaux au large du pays et à la corruption qui représente un véritable fléau. Le challenge pour les importateurs est de pouvoir réduire les temps d’attente pour l’arrivée au port des conteneurs maritimes. Les choses semblent évoluer dans le bon sens, avec le Port de Lekki, actuellement en construction, situé en cœur de la zone de libre-échange de Lagos.


« Le futur terminal de conteneurs de Lekki sera opéré par CMA CGM, via sa branche CMA Terminals . On a déjà recruté une équipe de direction qui est en train de piloter le projet. Le port de Lekki représente un un investissement d’un montant de 1,3 milliards de dollars, soit une capacité supplémentaire de 1,2 millions de TEUs [ Twenty-Foot Equivalent Unit, NDLR ] » déclare Lionel Odeyer, directeur général du bureau de CMA-CGM au Nigeria.


Il convient de relever que les difficultés logistiques touchent également la partie terrestre.


« Les infrastructures sont catastrophiques. Vous avez des camions qui attendent entre 20 , 30 ou 40 jours avant de pouvoir être pris en charge, signale Eric Maldonado, directeur général "Advanced International Merchant Ltd" [ ... ]. Aujourd’hui, la durée moyenne d’un import/export se situe autour de 45 ou 60 jours. Nous, "Advanced International Merchant" avons réussi à contourner le problème de congestion d’Apapa via les barges [ ... ]. A partir de là, lorsque cela fonctionne, on peut réduire jusqu’à 12 jours pour un import & export. Nous avons décentralisé le problème, ce qui nous a permis de gagner en efficacité, de restreindre tout ce temps qui semblait incompressible, au vu des infrastructures ».


Pour sa part Romain POIROT-LELLIG, a décidé de s’attaquer à cette problématique en fondant KWIK, une plateforme spécialisée dans la livraison B2B via sa flotte de motos et de camions :


« Nous avons commencé à mettre sur pied un service de livraison "just-in time" en deux heures, soit une livraison de 35 kilos maximum par moto. Nous avons ensuite élargi notre flotte aux camions et aux vans. Et ça marche très bien ! Nous disposons aujourd’hui de près de 80000 clients, dont 10% de très grands comptes, parmi lesquels CFAO [ ... ] » .


Enfin, cela va sans dire que le secteur de l’Énergie figure parmi les marchés en première ligne au Nigeria. Cela va de soi : Les coupure intempestives de courant sont légion dans les principales villes du pays. Selon un rapport de la direction générale du Trésor français, le Nigéria est le pays qui abrite le plus grand nombre de personnes au monde n’ayant aucunement accès à l’électricité, soit environ 85 millions d’habitants représentant 43% de la population totale.


« [... ] Le Nigeria a produit en 2019 entre 1,9 et 2 millions de barils par jour. Aujourd’hui, on est plutôt sur une production de 1,4 millions de barils par jour, des chiffres en deçà des attentes en raison des quotas imposés par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) » argumente Marc Geniteau, Directeur de Total E&P Nigeria.


 

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Christophe Begat, directeur du bureau Schneider Electric au Nigeria, abonde dans ce sens, ajoutant « qu’il y a à peu près 15 gigawatts de disponible en production, alors que le besoin est de 50 gigawatts ; l’écart est énorme ».


Une analyse partagée par Dimitrios Dendroulakis, directeur régional des ventes chez AXENS, une entreprise opérant dans la pétrochimie, déclarant au passage que « le Nigéria, qui pourrait produire jusqu’à 10 millions de baril de pétrole par jour, est obligé d’importer du brut, souvent de qualité moyenne [ ... ]. Le pays pourrait devenir un hub régional d’énergies renouvelables. Mais pour atteindre cet objectif, il doit mettre l’accent sur la formation À ce titre, Axens ambitionne de contribuer à ce que les cadres nigérians soient suffisamment bien formés afin qu’ils puissent eux-mêmes prendre en main la gestion de leurs installations [ ... ] ».


Ces difficultés d’accès à l’énergie amènent la majeure partie des habitants et des entreprises à recourir aux groupes électrogènes.


« [ ... ] Les groupes électrogènes ne constituent pas toujours des solutions éco-responsables, tempère Christophe Begat. L’idéal est donc d’essayer de limiter leur utilisation. Nous avons commencé à mettre en place des solutions de substitution à base de batteries, avec des capacités de stockage un peu plus importantes. Et nous fournissons des solutions logicielles qui vont permettre justement de basculer d’une source à l’autre, en fonction de la disponibilité de cette source. En cas de coupure du réseau, nous faisons en sorte que les batterie puissent prendre le relais ».


Marc Geniteau a évoqué, parmi les autres pistes alternatives, « l’électrification par panneaux solaires » qui est solidement ancré dans la « feuille de route de Total Energies ».


Le créneau du GPL carburant (Gaz de Pétrole Liquéfié) serait sur le point de générer une croissance phénoménale pour les entreprises issues du secteur, amorcée depuis plusieurs années déjà. En effet, les autorités locales s’attellent à établir une généralisation de l’adoption du GPL à travers tout le pays, afin d’exploiter au mieux leurs réserves naturelles de gaz et réduire leur dépendance au pétrole.


« [ ... ] Il y a des infrastructures à créer, un parc automobile à rénover dans sa totalité au Nigeria. Aujourd’hui, un bon nombre de voitures anciennes fonctionnent encore à l’essence classique . Ce n’est pas pour demain ; mais il conviendrait d'amorcer des efforts dans le sens de l’adoption généralisée du GPL » anticipe Marc Geniteau ».


Les usages domestiques du gaz naturel (consommations de gaz destinées à la cuisson, eau chaude, chauffage etc...) ne sont pas en reste.


« En 2020, le Nigeria a consommé 1 million de tonnes métriques. Seulement 15 millions de foyers ont accès au LPG. Le pays atteindra son plein potentiel lorsqu’il consommera environ 8 millions de tonnes métriques [ ... ]. À l’heure actuelle, notre entreprise KiakiaGasest distribue plus de 10 000 tonnes de gaz annuellement dans les foyers nigérians » soutient son directeur exécutif Emmanuel Uwandu.



 

Par Harley McKenson-Kenguéléwa


 


 


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