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Lesotho : l’après-AGOA, test grandeur nature de la politique industrielle


Pendant plus de deux décennies, l’accès préférentiel au marché américain a contribué à faire du textile-habillement le principal moteur industriel du Lesotho. Mais ce modèle arrive à un tournant. L’AGOA a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2026, tandis que les entreprises basotho ont déjà subi les effets de l’incertitude commerciale et de nouveaux épisodes tarifaires américains. L’enjeu dépasse désormais la seule survie des usines textiles : il s’agit de savoir si la politique industrielle peut transformer une industrie dépendante d’un avantage douanier en une véritable plateforme manufacturière, diversifiée, intégrée aux chaînes de valeur régionales et capable de créer des emplois durables.




Pendant longtemps, le modèle semblait fonctionner. Le Lesotho avait trouvé dans le textile une improbable spécialisation industrielle. Ses coûts de main-d’œuvre relativement faibles, son intégration à l’Afrique australe et surtout son accès préférentiel au marché américain avaient permis à un petit royaume enclavé de devenir l’un des principaux exportateurs africains de vêtements vers les États-Unis. Mais l’avantage qui avait contribué à bâtir cette industrie est aussi devenu sa principale vulnérabilité. L’African Growth and Opportunity Act (AGOA) a façonné les décisions d’investissement, l’organisation des usines, les chaînes d’approvisionnement et même la géographie de l’emploi industriel au Lesotho. Or, à mesure que Washington reconfigure sa politique commerciale, la question change de nature. Il faudra se demander ce que deviendra l’économie basotho lorsque l’avantage préférentiel ne pourra plus être considéré comme acquis.

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