Ghana : après la crise, le difficile retour de la crédibilité économique
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- il y a 1 jour
- 10 min de lecture
Deux ans après avoir frôlé la crise de financement, le Ghana semble avoir changé de trajectoire. Croissance robuste, inflation ramenée à un niveau historiquement bas, cedi raffermi, réserves de change reconstituées et restructuration de la dette en voie d’achèvement : les indicateurs macroéconomiques ont spectaculairement rebondi. Mais cette embellie ne doit pas masquer les fragilités persistantes d’une économie encore marquée par la crise de la dette de 2022. Sous la présidence de John Mahama, Accra doit désormais transformer la stabilisation en croissance durable, rétablir durablement la confiance des investisseurs et éviter le retour des dérives budgétaires qui ont précipité le pays dans la crise.

Il y a encore deux ans, le Ghana incarnait l’une des expressions les plus aiguës de la vulnérabilité financière des économies africaines. Après des années de déficits, d’endettement rapide et de pression sur le cedi, le pays avait perdu l’accès normal aux marchés internationaux de capitaux. En décembre 2022, Accra avait demandé une restructuration de sa dette extérieure, prélude à un programme de soutien du Fonds monétaire international (FMI), approuvé en mai 2023 pour un montant de 3 milliards de dollars sur 39 mois. Le FMI a achevé la sixième et dernière revue du programme en juillet 2026, portant les décaissements cumulés à environ 3 milliards de dollars. Le redressement qui s’est opéré depuis est spectaculaire. Selon le FMI, le PIB réel du Ghana a progressé de 6 % en 2025, après 5,8 % en 2024, avant d’accélérer à 6,4 % au premier trimestre 2026. Le Ghana Statistical Service confirme cette performance de début d’année, avec une croissance annuelle de 6 % en 2025 et de 6,4 % au premier trimestre 2026.
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