Agences de notation : l’Afrique veut reprendre la main sur la perception de son risque financier
Dernière mise à jour : il y a 6 heures
En lançant officiellement, l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA), l’Union africaine ouvre un nouveau front dans le débat sur le financement du continent. Destinée à compléter Moody’s, S&P Global Ratings et Fitch Ratings, la nouvelle agence entend apporter davantage de données, d’expertise locale et de contexte dans l’évaluation du risque africain. Derrière cette initiative se joue une question autrement plus stratégique : qui définit le prix du risque africain, et avec quelles conséquences sur le coût de la dette, l’accès aux marchés de capitaux et le financement du développement ?

Crédit photo : ©CEO Afrique / Harley McKenson-Kenguéléwa
« L’AfCRA n’a pas vocation à attribuer des notes favorables. Sa mission est de produire des analyses qui débouchent sur des actions concrètes et répondent aux besoins réels de l’Afrique ». En posant ainsi les termes du mandat de l’African Credit Rating Agency (AfCRA), son directeur général par intérim, le Dr Sifiso Falala, a résumé l’ambition — mais aussi l’exigence — de cette nouvelle institution : contribuer à une évaluation plus juste du risque financier africain sans renoncer à l’indépendance, à la rigueur méthodologique ni à la crédibilité indispensables à toute agence de notation. Le 7 octobre dernier, à l’InterContinental Mauritius Resort Balaclava, à Port-Louis, sur l’Île Maurice, des délégations nationales africaines, représentants de l’Union africaine, responsables de l’AfCRA et des institutions des Nations unies, ainsi que des dirigeants du secteur privé, se sont réunis pour assister au lancement officiel de cette agence, dont la création s’inscrit dans un débat de fond sur les conditions de financement du développement du continent.
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