Zones économiques spéciales en Afrique : un moteur de développement à double vitesse
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- 26 juin
- 87 min de lecture
À travers le continent africain, les zones économiques spéciales se sont imposées comme des instruments clés des politiques d’industrialisation et d’attraction des investissements, promettant exportations accrues, montée en puissance manufacturière et création d’emplois. Ces ZES africaines incarnent l’ambition d’accélérer la transformation structurelle des économies. Pourtant, derrière ces succès indéniables, un constat s’impose : leur impact reste inégal, souvent circonscrit à des enclaves dynamiques peu connectées aux tissus productifs nationaux. Alors que la Zone de libre-échange continentale africaine redessine les perspectives d’intégration régionale, une question centrale émerge : ces zones constituent elles de véritables moteurs de développement inclusif ou des îlots de performance dans des économies encore fragmentées ?

Crédit photo : ©CEO Afrique / Harley McKenson-Kenguéléwa
« Les zones économiques spéciales qui réussissent sont celles qui s’inscrivent dans des politiques publiques d’industrialisation de long terme et qui reposent sur un partenariat public-privé solide». Cette conviction, exprimée par Patrick Sevaistre, président de la Commission "Institutions Européennes" au sein du CIAN (Conseil Français des Investisseurs en Afrique), résume l’un des principaux enseignements du webinaire intitulé "Zones Économiques Spéciales (ZES) en Afrique : Levier de transformation structurelle ?". Derrière cette formule se dessine une réalité essentielle : une zone économique spéciale ne saurait être réduite à un simple espace foncier bénéficiant d’avantages fiscaux ou douaniers. Son efficacité dépend de sa capacité à s’inscrire dans une stratégie nationale de développement, à attirer des investissements productifs, à structurer des chaînes de valeur locales et régionales, et à créer un véritable écosystème industriel associant pouvoirs publics, entreprises privées, institutions financières, centres de formation et acteurs territoriaux.
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