• Harley McKenson-Kenguéléwa

À la croisée des chemins, l'industrie du jeu vidéo en Afrique cherche sa voie

Mis à jour : mai 16


Les jeux vidéos connaissent un développement fulgurant en Afrique. Reste que la plupart des studios qui opèrent dans ce domaine ne sont pas encore rentables, d’où la nécessité d’élaborer un business model approprié, face aux enjeux socio-économiques du continent africain.

" L’industrie du Jeu vidéo en Afrique " : Tel a été le thème du webinaire organisé le 11 Mars dernier par "Share Africa" et modéré par Mohamed Zoghlami (Afric'Up, 3D Net Info, Africa in Colors), auquel ont participé Olivier Madiba (Kiro’o Games Studio), Désiré Koussawo (association Futurolan), Nousra Soulaimana (Gameloft) et Mickaël Newton (Ubisoft , association Loisirs Numérique).

Le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, a donc dressé un état des lieux des jeux vidéo et identifié les perspectives de développement dans cette partie du monde.




Kiro’o Games Studio, Paradise Game, Bonobo, Masseka Game Studio ... On ne compte plus le nombre de studios de jeu vidéos dédiés au continent africain qui foisonnent un peu partout. Certes l’Afrique ne pèse pas lourd, les revenus générés sur le continent ne représentant qu’1% du chiffre d'affaires de l'industrie du jeu vidéo au niveau mondial. Toutefois, la croissance de cette industrie revient surtout à l’utilisation du mobile dont le taux de pénétration est très élevé.


« À la différence de ce qui se passe sur les autres continents, c’est le mobile gaming qui porte le développement du jeu vidéo en Afrique. On y recense à peu près 300 à 400 millions de joueurs qui jouent sur smartphone. Il faut savoir que la téléphonie fixe est peu utilisée, l'Afrique ayant sauté une étape technologique pour passer directement au digital. Les gens y possèdent deux, voire trois téléphones mobiles ! » rapporte Mohamed Zoghlami, co-fondateur d'Afric'Up et d'Africa in Colors, spécialiste des industries créatives.


Les développeurs africains ont donc compris la nécessité de créer des jeux destinés aux téléphones portables, au détriment des ordinateurs fixes ou des consoles classiques.

Cette croissance pourrait aussi tirer profit un dynamisme démographique, avec une forte proportion des jeunes au sein des différentes populations locales, d’autant plus que, selon les projections de l’Organisation des Nations Unies (ONU), plus de la moitié aura moins de 25 ans.


« [ ... ] L’Afrique, c’est à l’heure actuelle 800 millions de jeunes de moins de 25 ans. Cela constitue tout de même un vivier de clients potentiels que les grands éditeurs et studios n’ont pas encore eu l’occasion de prospecter, avec à la clé la possibilité pour de jeunes joueurs de débourser, ne serait-ce qu 1 euro par mois en mobile payment [ ... ]. La force de l’Afrique réside dans cette jeunesse » poursuit Mohamed Zoghlami.


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Ce qui était encore considéré une simple distraction pour enfants et adolescents introvertis est devenu aujourd'hui un véritable phénomène de société, avec en prime le développement d'un secteur à part entière et l'apparition d’expertises techniques en matière de conception de jeu. Le secteur se caractérise par une une myriade de petits acteurs, les poids lourds étant concentrés davantage en Afrique du Sud, avec Celestial Games, Free Lives, Nyamakop ou Triggerfish Animation Studios .