Éthiopie : le grand virage économique d’Abiy Ahmed
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- il y a 1 jour
- 11 min de lecture
Pendant des décennies, l’Éthiopie a construit sa croissance économique autour d’un État omniprésent, d’un secteur public dominant et d’un contrôle étroit des changes et du système financier. Depuis 2024, le gouvernement d’Abiy Ahmed accélère une rupture d’une tout autre ampleur : libéralisation du marché des changes, nouvelle politique monétaire, ouverture du secteur bancaire aux investisseurs étrangers, développement du marché des capitaux, réforme fiscale, restructuration de la dette et désengagement progressif de l’État de certaines activités. Les premiers résultats sont encourageants, avec une croissance attendue à 9,2 % sur l’exercice 2025/26 selon le FMI. Mais inflation, pénuries de devises, dette extérieure, risques géopolitiques et fragilités sociales rappellent que le grand virage économique éthiopien ne fait que commencer.

Addis Abeba, capitale de l'Éthopie
Pendant près de deux décennies, l’Éthiopie a incarné une forme singulière de capitalisme d’État africain. Le gouvernement a piloté l’investissement, contrôlé étroitement les devises, réservé des secteurs entiers aux entreprises publiques et maintenu un système financier largement fermé aux capitaux étrangers. Ce modèle a produit des résultats spectaculaires en matière d’infrastructures et d’accumulation de capital. Il a aussi atteint ses limites. À partir de 2022, la guerre au Tigré, les tensions sécuritaires, la raréfaction des financements extérieurs, la pression sur les réserves de change et les déséquilibres macroéconomiques ont progressivement fragilisé le modèle. L’Éthiopie a finalement fait défaut sur son Eurobond en décembre 2024 après n’avoir pas honoré plusieurs paiements de coupons et le principal, pour un montant total de 1,099 milliard de dollars, selon l’analyse conjointe du FMI et de la Banque mondiale.
Vous souhaitez en lire plus ?
Abonnez-vous à ceoafrique.com pour continuer à lire ce post exclusif.