Angola : les réformes peuvent-elles enfin libérer l’économie de sa dépendance au pétrole ?
- Harley McKenson-Kenguéléwa

- il y a 24 heures
- 12 min de lecture
L’Angola sait désormais que sa dépendance aux hydrocarbures n’est plus seulement une vulnérabilité économique : elle devient une contrainte structurelle. Alors que la production pétrolière décline et que les recettes de l’État restent étroitement liées à l’or noir, Luanda accélère une série de réformes touchant aux subventions aux carburants, aux finances publiques, à la fiscalité, aux entreprises d’État, au marché des capitaux et au climat des affaires. L’objectif est ambitieux : faire émerger une économie davantage portée par l’agriculture, l’industrie, les mines, les services et l’investissement privé. Mais l’Angola peut-il réellement sortir du piège pétrolier sans provoquer un choc social et budgétaire ?

Luanda, capitale de l'Angola
Pendant des décennies, le pétrole a été à la fois la force et la faiblesse de l’économie angolaise. Il a financé l’État, soutenu les réserves de change, alimenté les grands programmes d’infrastructures et donné au pays une place centrale parmi les producteurs africains d’hydrocarbures. Mais cette richesse a également façonné une économie vulnérable aux cours internationaux, à l’épuisement des gisements et aux cycles d’investissement du secteur extractif. Le problème est désormais devenu plus visible. En 2025, la croissance du PIB réel angolais a atteint 3,1 %, mais la production quotidienne de pétrole est tombée à 1,03 million de barils par jour, contre 1,10 million en 2024, selon le Fonds monétaire international. Sur la même période, le secteur pétrolier s’est contracté de 5,2 %, tandis que l’économie hors pétrole a progressé de 5,2 %, portée notamment par l’agriculture, l’industrie manufacturière, le commerce et les diamants.
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