• Harley McKenson-Kenguéléwa

Le Rwanda, un hub incontournable pour le business

Mis à jour : mars 1


Pourquoi le Rwanda est-il une pays aussi dynamique et attractif ? Sans

doute parce que son économie dispose de nombreux atouts, que des spécialistes et experts — dont Jérémie Blin (Chargé d’affaires, Ambassade de France au Rwanda), Ntoudi Mouyelo (Conseiller stratégique, Rwanda Finance Limited) et Bernard Binagwaho (Directeur Afrique et Moyen-Orient, Groupe Tactis) — ont choisi d’énumérer lors du webinaire organisé le 25 Février dernier par le bureau de Bpifrance à Nairobi, en partenariat avec l'agence publique "Rwanda Finance" et l'Ambassade de France au Rwanda, sous le thème " Export & Vous au Rwanda ". Une occasion pour le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, d’évaluer les forces et les faiblesses du Pays des mille collines, sur la base des interventions des panélistes.

Quartier d'affaires de Kigali . Crédit photo : ©Rwanda Development Board


La politique volontariste menée par les autorités rwandaises a permis au pays d’engranger des succès économiques internationalement remarqués. Cette réussite a aussi fait de Kigali une ville-phare de l’économie nationale, une capitale désormais reconnue pour son dynamisme, et dont l’image a considérablement changé en l'espace de vingt ans. Dans un contexte de mondialisation croissante et de libéralisation des échanges, l’attractivité est devenue pour cet État d’ Afrique de l’Est un enjeu majeur, un gage susceptible de renforcer la confiance des investisseurs et des promoteurs de projets du monde entier. D’autant plus que le Rwanda a occupé la troisième place du classement en nombre de congrès internationaux sur le continent (la ville de Kigali se hissant au deuxième rang derrière Cape Town) selon les statistiques de l’International Congress and Convention Association (ICCA) publié en Mai 2020. Jouant la carte du tourisme d'affaires, cette destination MICE [Meetings : réunions, Incentive, Conferences et Exhibitions / Events : événements ; NDLR] se mobilise en permanence pour accueillir les PME, start-up et multinationales venues du monde entier.


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Une localisation stratégique pour la desserte de la sous-région


Le positionnement stratégique fait du Rwanda une plateforme commerciale incontournable en Afrique de l’Est, offrant aux investisseurs et entrepreneurs un accès privilégié au Marché commun de l'Afrique orientale [ COMESA : Common Market for Eastern and Southern Africa, NDLR ] de 500 millions d'habitants.

Sa situation géographique l'imprègne fortement d’influences émanant de toute l'Afrique de l'Est, la région la plus dynamique du continent. Par ailleurs, cette position privilégiée garantit par ailleurs au Rwanda de porter une influence directe sur ses voisins les plus proches (République Démocratique du Congo, Ouganda, Burundi, Tanzanie, voire la Centrafrique qui est un peu plus éloignée etc....) qui le considèrent comme un exemple à suivre, pour certains d’entre eux, en matière de développement économique. Les autres pays restent aussi très proches, à moins de deux heures trente minutes d’avion pour le Kenya, l’Éthiopie ou le Congo-Brazzaville.


« Il existe au Rwanda une forte volonté de travailler sur les deux tableaux — l’Afrique de l’Est anglophone et l’Afrique de l’Ouest & Centrale francophone — avec la possibilité pour les entreprises installées à Kigali d’utiliser l’ensemble du pays comme une plateforme pour rayonner sur toutes ces sous-régions » soutient Jérémie Blin, chargé d'affaires à l'Ambassade de France au Rwanda.


De surcroît, le fait pour le Rwanda d’évoluer dans ces espaces géographiques lui confère un multilinguisme intégral qui permet de supprimer les barrières de la communication entre les différentes communautés d’affaires et concourt à renforcer son ouverture vers le monde pour mieux affronter les enjeux de demain, partant du constat que l'anglais demeure la langue internationale des affaires et que le Swahili est parlé — en tant que première ou seconde langue — par près de 150 millions de locuteurs, à travers des pays comme le Kenya, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie, l’Ouganda, le Burundi, le Mozambique, le Malawi, la Zambie, la Somalie, le Soudan du Sud, les Comores et Mayotte.


« Le français, l’anglais, le swahili et le kinyarwanda sont les quatre langues officielles du Rwanda qui fait partie des rares pays de la sous-région à offrir cette possibilité de faire des affaires dans différentes langues » se réjouit Ntoudi Mouyelo, conseiller stratégique de "Rwanda Finance Limited", en charge de la coordination du projet "Kigali International Financial Center".


Un environnement des affaires salué par la communauté internationale


Son attractivité n'est pas seulement due à sa situation géographique. Le Rwanda a le vent en poupe, même si le rythme du taux de croissance de son PIB s’est contracté au cours de l’année 2020, grippé par le pandémie de Covid-19.


« La croissance du Rwanda s’est établie à peu près à 8% par an sur la période 2009 - 2019 — hors période Covid-19 — avec un PIB légèrement supérieur à 10 milliards de dollars » corrobore le diplomate français.


Qui aurait pu imaginer que le Rwanda se relèverait du traumatisme causé par le génocide de 1994 pour s’imposer, un quart de siècle plus tard, comme l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique et qu’il est désormais plus facile d’y faire des affaires qu’au Portugal, aux Pays-Bas ou en Belgique selon le dernier rapport Doing Business 2020 de la Banque mondiale ? Les autorités du pays veulent adresser un signal fort à la planète tout entière afin que les investisseurs prêtent davantage attention à ce nouvel épicentre que constitue l’Afrique, une région du monde vers laquelle la Chine, l’Inde, la Corée du Sud ou la Turquie ont déjà recentré leur stratégie.


Le Rwanda pointait à une piteuse 139e place du palmarès international en matière de facilité de faire des affaires ( 27e rang à l’échelle du continent africain, coincé entre l’Érythrée et la Tanzanie), selon l’édition 2006 de "Doing Business" [ Ce classement des économies, établi par la Banque Mondiale, n’a été instauré que le 13 Septembre 2005, soit deux ans après le lancement de la première édition du rapport "Doing Business" en Septembre 2003, NDLR ].



Une quinzaine d’années plus tard en 2020, le Rwanda fait un bon spectaculaire, se hissant au 38ème rang à l'échelle planétaire et, de ce fait, propulsé au 2e rang sur tout le continent africain, reléguant plusieurs pays qui le devançaient auparavant, parmi lesquels l’Afrique du Sud, le Maroc, la Namibie, le Botswana, la Tunisie, le Kenya, la Zambie, l’Éthiopie, l’Ouganda, le Malawi, le Nigeria, le Ghana ou le Lesotho .





Un esprit d’entreprise conquérant comme moteur


Le Rwanda, c’est avant tout un esprit d’entreprise omniprésent, avec de jeunes pépites qui rayonnent au niveau national et continental. Cette vitalité s’exprime à travers tous les secteurs d’activité et notamment en matière d’innovation technologique. Plusieurs success stories telles que Mergims, AC Group ltd, Irembo, GiraICT, SafeMotos, ainsi que l’incubateur KLab pourraient être érigées en symbole de la renaissance du Pays des Mille Collines, de l’entrepreneuriat numérique et de la montée en puissance de l’African Tech.



Il est facile de créer son entreprise au Rwanda. Cela ne prend qu’une demi-journée.



De plus, l’écosystème local encourage et accompagne l’initiative privée pour répondre à la demande des créateurs en devenir, au centre duquel figurent l’incubateur Entreprenarium, la fondation suedoise Norrsken, l'African Leadership University de Kigali, ainsi que les espaces co-working "Impact Hub Kigali", "The Office" et surtout KLab (Knowledge Laboratory), véritable incarnation de l’esprit startup , dont le partage d’expériences, de connaissances et de bonnes pratiques entre pairs, au sujet de l’entrepreneuriat et des nouvelles technologiques, demeure illimité.

Parmi les recettes de la dynamique entrepreneuriale, la plus fondamentale est l’intérêt particulier pour la digitalisation dont les autorités locales ont fait le pari, se traduisant par un fort engagement à numériser l'ensemble des services administratifs afin de réduire les lourdeurs bureaucratiques.


« La publicité ne ment pas : Il est facile de créer son entreprise au Rwanda. Cela ne prend qu’une demi-journée, entre le moment où l’on envoie un mail et celui où la société est créée, dès l’instant que l’on ait défini les statuts ... » observe Bernard Binagwaho, directeur Afrique & Moyen-Orient du groupe Tactis, spécialisé dans l'ingénierie & le conseil et le déploiement d’infrastructures numériques.


Des opportunités d’investissement dans des secteurs porteurs de croissance


Le Rwanda offre d’innombrables secteurs à explorer, mais quelques domaines phares sont à privilégier. Traditionnellement, le tourisme et l’industrie minière (or, coltan, saphir, cassitérite, wolframite....) sont particulièrement importants dans son dynamisme économique.


« [ ... ] Tout ce qui touche au développement durable, aux transports urbains et aux énergies renouvelables représente des sujets qui intéressent les Rwandais. Il y a vraiment une grande volonté de s’inscrire dans une trajectoire de croissance durable, avec un focus sur la préservation de l’environnement , a affirmé Jérémie Blin. La santé est aussi un domaine dans lequel le pays veut monter en gamme, de telle sorte que les Rwandais puissent enfin se soigner sur place et non systématiquement à l’étranger. Il y a aussi beaucoup d’attentes au sujet de construction de barrages et d’accès à l’électricité [ ... ] ».


S’ajoutent également des secteurs stratégiques soutenus par l’État, dans le cadre de la "Vision 2050", un projet de société visant à hausser le niveau de vie des populations locales en opérant de grands changements socio-économiques.


« Le gouvernement a défini une série de secteurs prioritaires : le développement humain, à travers des projets structurants axés autour de l’Éducation ; la santé, y compris la télémédecine, avec l’objectif de créer un hôpital de référence au Rwanda et la compétitivité & l’intégration transcontinentale. L’agriculture représente aussi un pilier fort au niveau de la contribution au développement économique du pays. Le dernier pilier de la "Vision 2050" est orienté autour de l’urbanisation, favorisant l’élaboration d’un programme très ambitieux de construction de logements à loyer modéré [ ... ] » précise Ntoudi Mouyelo.


Outre ces domaines évoqués ci-dessus, le Rwanda veut faire de la construction automobile et des télécommunications des contributeurs clés au PIB.


« Le constructeur Volkswagen a ouvert récemment une usine d'assemblage de voitures en Rwanda. Le fabricant Mara Phones y a également implanté une nouvelle usine d'assemblage de téléphone mobile » résume Jérémie Blin.


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Le choix du numérique et des nouvelles technologies


Le Rwanda ambitionne de s’imposer désormais dans le numérique sur le continent africain. Et pas seulement parce qu’il peut compter sur ses startups innovantes et miser sur le déploiement de son réseau très haut débit, par la fibre optique, qui a fait éclore une pléthore de jeunes pousses dépendants du secteur d’activité des TIC; d’autant plus qu’à l’exception notable de quelques grandes métropoles comme Johannesburg, Cape Town, Nairobi, Lagos, Tunis ou Casablanca, peu de métropoles en Afrique sont aussi connectées que la capitale Kigali.



Situé à une dizaine de kilomètres de la capitale. Kigali Innovation City (KIC), en cours de développement, s’érigera en un cluster à la pointe des dernières technologies, avec l'idée de créer un écosystème de coopération visant l’excellence, centré dans l’ardente volonté de soutenir la recherche dans les grands secteurs de demain que sont l’internet des objets, l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle ou l’analyse des données et concentrera en son sein des structures d'appui aux start-up innovantes, un centre de recherche en sciences quantiques baptisé " Quantum Leap Africa " et une antenne de l’université américaine Carnegie Mellon.


« Le Rwanda constitue une vitrine de l’innovation en Afrique et est très demandeur de projets pilotes. Beaucoup de délégations étrangères viennent voir ce qui s'y passe, scrutant par la même occasion les activités de la structure panafricaine "Smart Africa", qui y a établi son siège, dont le rôle est de développer le numérique en tant que véritable facteur de développement économique » s’enthousiasme Bernard Binagwaho.


Signe que le Rwanda est devenu l’un des épicentres de l’innovation technologique : le géant mondial de l'e-commerce Alibaba, fondé par Jack Ma, a signé fin Octobre 2018 un accord avec les autorités locales, portant sur le lancement de sa plate-forme de commerce électronique (Electronic World Trade Platform, eWTP), afin de permettre aux PME rwandaises d’exporter leurs produits vers la Chine et, d’une manière générale, tirer profit du commerce mondial.


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Une destination plébiscitée par les investisseurs étrangers


Contexte de crise sanitaire oblige, le Rwanda a certes enregistré une baisse de 47,1% de ses investissements directs étrangers (IDE) en 2020, passant de 2,46 milliards de dollars US en 2019 à 1,3 milliard de dollars, selon un communiqué du Rwanda Development Board (RDB), des chiffres qui ne lui ont pas permis d’intégrer le top 5 des pays les plus attractifs en matière d’IDE que sont le Sénégal ( 1,5 milliard $) l’Ouganda, l’Éthiopie (2,1 milliards $) , l’Afrique du Sud (2,5 milliards $), le Nigeria (2,6 milliards $) et l’Égypte, en tête de peloton avec une captation de 5,5 milliards $ d’investissements reçus en 2020, d’après les données de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement). Toutefois, il convient de noter que le pays avait atteint un niveau d'investissement record de 2,46 milliards USD, dont 37% en investissements directs étrangers en 2019, au point que le Greenfield Performance Index 2020, publié par le "FDI Intelligence" du très sérieux organe de presse économique et financier britannique "Financial Times", le plaçait au 2e rang mondial des meilleures performances en matière d'IDE par rapport à la taille de son économie, juste derrière le Togo.

Cette reconnaissance met en exergue la performance de Rwanda Development Board, une puissante agence dirigée par Clare Akamanzi, en charge de stimuler l'économie nationale — calquée sur les modèles singapourien et mauricien [ Economic Development Board, NDLR ] — misant sur une stratégie très volontariste d’attraction d’IDE qui a porté ses fruits, signe d’une confiance renouvelée des investisseurs étrangers qui, par leurs décisions d’investissements, reconnaissent le dynamisme économique et technologique rwandais . Nul ne saurait douter que le RDB profitera des perspectives macroéconomiques plus positives, établies par les institutions financières et les agences de notation, pour promouvoir le Rwanda comme destination d'affaires de choix pour les bailleurs de fonds internationaux.


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Les principaux pays de provenance des flux d’IDE sont le Portugal, le Royaume-Uni, l'Inde et les Émirats Arabes Unis. Plus singulièrement, les relations économiques avec la France, quoique discrètes, continuent leur petit bonhomme de chemin.


« Les relations commerciales entre le Rwanda et la France sont assez modestes, contrairement à celles effectuées avec l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Suède, dont la présence économique est beaucoup plus importante. Toutefois, depuis mon arrivée dans ce pays il y a à peu près 1 an et demi , plusieurs entreprises hexagonales ont donné un retour d’informations positif, signe du bon climat des affaires qui y règne . [ ... ] À l’occasion du Salon VIVATECH qui s’était tenu en Mai 2018 à Paris, les chefs d’État français et rwandais s’étaient convenus de relancer les relations diplomatiques entre leur pays. Cela s’est traduit, sur le plan économique par le retour de l’Agence Française de Développement qui a signé une convention de financement de 7,5 millions d’euros dans le domaine de la formation professionnelle et a octroyé un prêt de 40 millions d’euros pour appuyer les mesures sociales et sanitaires du gouvernement [ ... ]. On devrait signer dans les prochaines semaines un prêt de 80 millions d’euros destiné à faciliter l’accès à l’énergie » rapporte Jérémie Blin.


À l’heure où l’internationalisation devient impérative pour atteindre une taille critique, les entreprises françaises pourraient se tourner davantage vers l’Afrique, en s’implantant dans un premier temps au Rwanda, malgré l’étroitesse de son marché national, pour en faire un tremplin par la suite en vue de rayonner sur l’ensemble du continent. Au-delà de la capitale qui a vu son importance décupler sur la place africaine , le Rwanda bénéficiera encore plus de l’apport de la ZLECA (Zone de libre-échange continentale africaine) dans les années à venir, une mégazone qui la mettra en corrélation avec le développement économique des pays de tout le continent.


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Des défis de taille à relever


Le Rwanda demeure toutefois pénalisé par quelques points faibles persistants. Selon le dernier rapport Mercer, la capitale Kigali reste ainsi une ville relativement chère, se situant à la 30e place pour le coût de la vie, ce qui pourrait constituer un goulot d’étranglement pour les affaires notamment . En 2020, l'étude du cabinet de conseil Oliver Wyman avait placé Tunis en tête du classement des métropoles les moins onéreuses du continent.


Plus inquiétant, certains des atouts de l’économie rwandaise se transforment petit à petit en points faibles : le positionnement géographique stratégique du pays, loué pourtant par les entreprises, pourrait ne plus l’être dans les années à venir, si aucune initiative n'était prise pour augmenter et diversifier l’offre de lignes aériennes.


« Le constat est d'autant plus vrai lorsque l’on travaille avec l’Afrique du Nord ou des grandes villes d’ Afrique de l’Ouest. Par exemple, pour effectuer un voyage d'affaires en Tunisie, il faut s’accrocher : Les passagers doivent endurer trois ou quatre vols différents, totalisant une journée entière; il n’ y a aucune liaison directe entre Kigali avec ces autres parties du continent » déplore Bernard Binagwaho.


Sont également cités l'ambiguïté sémantique de certains termes juridiques ou le caractère obscur de textes de loi, rendant difficile leur interprétation et leur lisibilité.


« [ ... ] Plusieurs lois récentes sont parfois peu interprétables, comme par exemple celles relatives au champ d’application de la TVA, dont les interprétations diffèrent selon les comptables envers qui nous nous sommes adressés. Il est fortement recommandé de solliciter les services d’un bon avocat d’affaires pour se faire accompagner, lors d’un projet d’implantation au Rwanda » suggère le représentant du groupe Tactis


Parmi les autres lacunes, l’absence d’attractivité du Rwanda en qualité de centre financier de premier plan. Premier élément pointé du doigt : le Rwanda Stock Exchange, perçu à tort ou à raison comme une "coquille vide", avec seulement 10 sociétés cotées. Cette place financière représente une capitalisation boursière d’environ 3,49 milliards USD, selon le site d’accès aux données boursières "Trading" . À titre de comparaison, la capitalisation boursière de Johannesburg Stock Exchange, la plus grande bourse des valeurs d’Afrique et figurant dans le top 20 des plus grands marchés financiers de la planète, dépasse les 700 milliards de dollars !


Ajouté à cela, l’insuffisance en nombre de fonds d’investissement susceptibles de dynamiser l’économie nationale et, de ce fait, créer de l’emploi. Il y a heureusement des raisons d’espérer : Les autorités se sont donc saisies de cette problématique pour mettre sur pied "Rwanda Finance Limited" (RFL), une agence gouvernementale ayant pour vocation de promouvoir la place financière du Rwanda, avec à la tête du conseil d’administration le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam, l'ex-patron du groupe bancaire Credit Suisse.


« "Rwanda Finance" compte lancer une plateforme qui aura pour vocation de faciliter l’implantation des différents fonds d’investissement panafricains à Kigali » annonce Ntoudi Mouyelo.


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Par ailleurs, plusieurs réformes, qui viennent d’être mises en œuvre, sont favorables aux entreprises, notamment en matière fiscale. Les pouvoirs publics ont émis le souhait de signer des conventions avec de nombreux pays en vue d'éviter les doubles impositions.


« Nous avons rencontré quelques difficultés, du fait de l’application des taxations qui effectuent plusieurs "aller-retours" entre la société-mère et notre filiale à Kigali. Il semble qu’il y ait beaucoup d’accords bilatéraux en cours de négociation. J’ai bonne espoir que la France soit concernée » souhaite Bernard Binagwaho.


Une nouvelle encourageante récente, en phase avec les objectifs fixées par les autorités : Le Rwanda et le Qatar ont signé une convention fiscale portant sur la non-double imposition et destinée à prévenir l'évasion fiscale. Concrètement, il s’agira d’exonérer de retenue à la source les dividendes et autres bénéfices distribués par des filiales à leur société mère et d'éliminer la double imposition de ces revenus au niveau de la société mère, de part et d'autre des deux pays.



Le Kigali Convention Center. Crédit photo : ©Rwanda Development Board


Par Harley McKenson-Kenguéléwa


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