• Harley McKenson-Kenguéléwa

La Bourse des valeurs, une alternative attrayante pour le financement des PME & startups

Mis à jour : mai 13


Développer sa stratégie de croissance externe, accroître ses parts de marché, augmenter sa notoriété. Tout cela peut amener une société à s’introduire en bourse ou émettre un emprunt obligataire. Mais il serait risqué d’avoir recours à l’improvisation.

Afin d’aider les entreprises à réussir leur entrée en bourse sur le marché de la BVMAC en Afrique centrale, plusieurs personnalités, dont Cyrille Feudjio (Head of Deals Advisory, PwC), Geoffroy Kamga (PwC Afrique francophone subsaharienne), Leandre Bouanza Mombo (directeur général, CEO de BGFI Bourse), Jean-Claude Ngbwa (Directeur Général de la BVMAC), Marc Kamgaing (Fondateur de Harvest Asset Management), Jules Samain, (Directeur général pour l’Afrique, GuarantCo) et Georges James Ndzutue Fotso (Directeur général chez ALIOS FINANCE Group), ont décrypté le sujet lors du webinaire intitulé " Les différentes étapes du processus d'introduction en bourse ", organisé le 24 Février dernier par le bureau d’Afrique subsaharienne du cabinet de conseil et d'audit PWC, modéré par Geoffroy Kamga.

Le webzine CEO Afrique qui a visionné cette e-conférence, s'est intéressé aux aspects stratégiques que les sociétés doivent prendre en considération lors du processus d'introduction en bourse.




« Notre marché financier offre des financements longs et est suffisamment liquide [ ... ]. La collecte de l'épargne s’y fait auprès du grand public » .


C’est par ces quelques mots que Jean-Claude Ngbwa, directeur général de la BVMAC (Bourse des Valeurs Mobilières de l'Afrique centrale) a exhorté les investisseurs à placer leur argent sur ce marché financier situé à Douala, capitale économique du Cameroun, opérationnel depuis Juillet 2019, la résultante d’une fusion entre la "Douala Stock Exchange" (DSX) et l’ancienne Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale créée à Libreville, au Gabon. Ce rapprochement était supposé donner un nouvelle élan à cette Bourse des valeurs unifiée de la CEMAC [ Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, composée du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et le Tchad, NDLR]. Mais force de constater que le marché des introductions en Bourse est resté au point mort dans la sous-région. En effet, La BVMAC ne compte que quatre valeurs sur le marché actions — Société des Eaux Minérales du Cameroun (SEMC), SAFACAM (Société Africaine Forestière et Agricole du Cameroun), SOCAPALM (Société Camerounaise de Palmeraies) et SIAT GABON (Société d'Investissement pour l'Agriculture Tropicale) — et les volumes d’échanges sur ces titres y sont très modestes. Sans oublier le fait que la capitalisation du marché "actions" s’établit à 30 684 725 300 Francs CFA (46 657 445 euros) et celle des obligations totalise 554 004 630 880 FCFA ( 842 387 876 euros) .

À titre de comparaison, à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), le marché "action"s représente une capitalisation boursière de 3931 milliards de Francs CFA ( 5,98 milliards d’euros). Le marché obligataire, quant à lui, possède une capitalisation de 5718 milliards de francs CFA (8,69 milliards de dollars).


Lire aussi : Investir en bourse en Afrique : Comment placer son argent sur le marché de la BRVM


Un résultat décevant, pour la BVMAC, qui s’explique par une méconnaissance de ce mode financement, la culture boursière n'étant pas encore suffisamment ancrée dans les mœurs des PME locales en quête de liquidités. Cependant, face aux problèmes systémiques de financement auxquels sont confrontées les entreprises, notamment auprès des établissements bancaires, certaines d’entre elles pourraient envisager sérieusement une entrée sur ce marché financier. Une introduction en bourse, désignée également sous son acronyme anglais IPO [ Initial Public Offering : Offre Publique Initiale, NDLR ] est un processus au cours duquel une entreprise — Grande Entreprise (GE), Entreprise de Taille Intermédiaire (ETI), PME, start-up etc ... — ouvre son capital en vendant des actions existantes ou nouvelles sur le marché boursier.