• Harley McKenson-Kenguéléwa

La mode africaine, en quête d’authenticité et de notoriété

Mis à jour : mai 16


Lors du webinaire intitulé " L’Afrique, nouvelle inspiration de la mode mondiale ", un certain nombre de participants, parmi lesquels Imane Ayissi (styliste camerounais), Valérie Ka (co-fondatrice de Share Africa), Youssouf Fofana (co-fondateur de la marque "Maison Château Rouge"), Vanessa Moungar (Banque Africaine de Développement, Conseil Présidentiel pour l'Afrique ) et Moulaye Taboure (co-fondateur d'Afrikrea), ont mis à l’honneur la création textile africaine. Une occasion pour évoquer également les enjeux et les besoins les plus marquants recensés au niveau de la valorisation de la créativité artisanale et du développement d’une véritable industrie de l’habillement sur le continent.

Pour notre part, le webzine CEO Afrique, qui a visionné cette e-conférence, en a profité pour faire partager la fascination et l'engouement que suscite cet aspect du lifestyle africain.




Alors que les consommateurs africains ont porté leur regard vers l'Europe pendant des années pour tout ce qui touche à la mode, une nouvelle génération de créateurs originaires du continent est en train d’émerger sur la scène mondiale et se forgeant un nom et apportant ainsi avec elle sa propre sensibilité. Mais comment peut-on définir cette mode africaine ? La question a parcouru avec clarté le webinaire organisé le 2 Février 2021 par la plateforme Share Africa, sous le thème " L’Afrique, nouvelle inspiration de la mode mondiale ", chaque intervenant fournissant sa propre réponse ou proposant des pistes de réflexion.

Une caractéristique bien visible des vêtements africains est la vivacité, voire l’excentricité des couleurs, avec parfois une dominante de teintures noire, blanche, orange, bleu turquoise, bazin-jaune, ocre-rouge ou indigo. Mais la mode africaine se distingue aussi par sa grande diversité, chaque pièce de vêtement reflétant l’identité culturelle d’un pays.


« Il n’y a pas une, mais "des" modes [ ... ]. l’Afrique n’est pas un pays ; c’est un continent composé de plusieurs États, avec diverses modes et cultures » tient à rappeler le mannequin, danseur et styliste camerounais Imane Ayissi, premier créateur d’Afrique subsaharienne invité à défiler dans le calendrier officiel de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM), une structure rassemblant des acteurs de l'art de l'habillement et privilégiant la création et le développement international.


Le wax, emblème de la mode africaine ?


« [ ...] Il fut un temps où l’inspiration africaine sur les podiums, se résumait aux motifs "panthère et léopard" » déplore la journaliste et modératrice de ce webinaire, Aida Touhiri


Mais force est de constater également que le code vestimentaire africain se réduit malheureusement au wax dans l’imaginaire collectif.


« Le wax n’est pas du tout originaire du continent africain. Ce tissu prend sa source en Indonésie, notamment avec les batiks javanais, et arrive par la suite en Hollande » explique Youssouf Fofana, co-fondateur de la marque Maison Château Rouge, dont les locaux sont situés dans le quartier du même nom, au sein du 18ᵉ arrondissement de Paris.


En effet, au cours du XIXème siècle, lors de leur tentative de prise de contrôle de quelques îles se trouvant en Asie du Sud-Est, les forces coloniales hollandaises se font épauler par des mercenaires recrutés sur les côtes d’Afrique de l’Ouest — dont le territoire de l'actuel Ghana — qui s’empressent de rapporter chez eux le tissu wax, dont les techniques d’impression sous cire s’inspirent des batiks javanais. Flairant le bon filon et tenant compte du pouvoir d'attraction de cette matière, les Hollandais misent sur la construction d’usines en vue d’une production maximale. À cet instant même, la mode vestimentaire africaine va vivre une mutation sans précédent; c’est dans la découverte du wax que les créateurs vont puiser leur inspiration pour offrir aux habitants du continent des modèles en conformité avec leur