Dakar, une terre d'entrepreneurs

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Dakar, une terre d'entrepreneurs

Réformes en cours ou à venir, esprit d'entreprendre ... Grâce à une mobilisation forte de l'ensemble des acteurs privés et des pouvoirs publics, la capitale du Sénégal veut passer à la vitesse supérieure et créer un véritable écosystème entrepreneurial et numérique de standing international. Mais les défis restent nombreux.

 

 

Diamniadio (Sénégal), où se tiendra le deuxième volet des Rencontres Africa du 24 au 25 Octobre 2019, fait peau neuve — nouvelles infrastructures, palais de congrès avant-gardiste, hôtels flambant neufs — et se mobilise actuellement pour assurer prochainement aux participants, dont vous feriez peut-être partie, un accueil digne de la traditionnelle hospitalité locale. En attendant, afin de calmer votre impatience et vous mettre en appétit pour cet événement business, la plateforme d’information CEO Afrique, partenaire associé Média des Rencontres Africa, vous invite à " faire escale " à Dakar à une trentaine de kilomètres de la ville nouvelle, en vous distillant quelques informations ci-dessous. Idéal pour anticiper ou prolonger votre voyage d’affaires dans un Sénégal qui gagne, au fil des ans, en crédibilité en tant que l’une des destinations phares du continent .


Il ne se passe pas un jour sans que nous entendions parler de jeunes entrepreneurs sénégalais détenteurs de prix & trophées : Yaye Souadou Fall , fondatrice de E-Cover (Anzisha Prize et First Runner Up Environmental), Sanoussi Diakite (prix spécial de l'innovation pour l’Afrique à impact social) , Mamadou Sall, concepteur de Bayseddo (ABC Innovation),  Abdou Khadr Diop , co-fondateur d' Ownlabs (Ericsson Innovation Awards) etc ... Cette pléthore de distinctions prouve bien que l’esprit d’entrepreneuriat et d’innovation sénégalais est bien réelle et que Dakar, véritable épicentre de l’économie nationale, a le potentiel pour devenir une

 "start-up city", en tenant compte de plusieurs tendances et facteurs déterminants.

 

 

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Une fierté nationale qui a amené les autorités du pays à conforter leur engagement en faveur du développement de la culture de l'entrepreneuriat et de l'innovation.

 

 

Le Sénégal semble vouloir à tout prix faciliter la vie des entrepreneurs en améliorant ses procédures administratives relatives aux délais et aux coûts nécessaires à la création. La dernière édition du rapport Doing Business de la Banque mondiale place le pays de la Teranga dans le Top 10 en matière de création d’entreprise en Afrique subsaharienne.

 

Par ailleurs, en vue de prochaines réformes visant à de simplifier les démarches liées notamment à ce volet, le régime des droits d’enregistrement, qui permet aux porteurs de projet de constituer une SARL (Société à responsabilité limitée) ayant un capital inférieur ou égal à 10 millions de francs Cfa, sera revu à la baisse, passant ainsi de 25 000 francs CFA à 15 000 francs CFA., selon l’Agence pour la Promotion des Investissements et des Grands travaux de l’ État (APIX).

 

 

Il convient de noter que le nombre de création d'entreprises et d’associations au Sénégal a progressé pour s’inscrire à 9 459 en février 2019, soit une hausse spectaculaire de 103,5% par rapport au mois de janvier de la même année, un nouveau record, selon les données de l 'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

 

 

Des projets entrepreneuriaux de qualité

 

Tout le monde aurait-il donc soudainement envie, sur un coup de tête, de devenir son propre patron en terre dakaroise ? Des éléments de réponses montrent plutôt qu’il s’agit, dans la plupart des cas, de décisions mûrement réfléchies qui requièrent une longue et méticuleuse préparation, une organisation structurée et bien développée, ainsi que de la patience à toute épreuve. Le Sénégal apparaît en tête des pays francophones d'Afrique subsaharienne concernant les levées de fonds réalisées en 2018, soit un montant de 22 millions de dollars, et au 7ème rang sur l’ensemble du continent, juste derrière le Kenya (348 millions de dollars) le Nigeria (306 millions), l’Afrique du Sud (250 millions), la Tanzanie (75 millions), l’Égypte (67 millions) et le Malawi (28 millions), selon un rapport publié le 22 mars 2019 par le fonds d’investissement Partech Africa. L'engouement des investisseurs pour les pépites sénégalaises de main ne fait que confirmer la qualité des projets entrepreneuriaux financés par capital risque et le dynamisme des start-up locales.

 

 

Lire aussi : Innovation technologique : enjeux et défis pour les start-up africaines

 

 

C'est en partant de ce constat que Dakar Network Angels (DNA) souhaite se positionner dans le paysage des business angels intervenant en phase d’early stage avec des tickets d’investissement élevés pour les jeunes pousses innovantes à fort potentiel de croissance. Un représentant de ce réseau de business angels, dont l’anonymat sera préservé, s’est confié dans nos colonnes :

 

« Depuis trois ans, le Sénégal figure dans le classement des 10 – 12 pays qui lèvent le plus de fonds pour leurs startups. Cela traduit l’existence de jeunes pousses de qualité qui attirent les investisseurs. [ ... ] le retour de nombreux " repats " brillants et formés à en Europe ou aux Etats-Unis, a également insufflé un nouvel engouement pour l’entrepreneuriat notamment dans la Tech ».

 

Tout cet écosystème dakarois bouillonnant se concentre aussi en partie autour d’une multitude d'offres d’ incubateurs, d’accélérateurs et d’espaces de co-working — CTIC Dakar, Jokkolabs, Impact Hub Dakar, Synapse Center, Rencontre des Entrepreneurs (RDE), Kinaya Ventures etc ... — qui veulent se placer en haut de l'échelle de l'attractivité pour les jeunes pousses. L'expérience montre qu’ un bon accompagnement du patron de start-up, de TPE ou PME par une structure d’appui à la création d’entreprise contribue de manière non négligeable à l’augmentation du taux de pérennité de son activité, à condition que les mentors et tuteurs aient déjà été confrontés eux-même à la problématique.

 

 

Lire aussi :  Afrique : Incubateurs & accélérateurs pour créer son entreprise

 

 

« Les incubateurs et accélérateurs de Dakar donnent une visibilité accrue aux start-up locales par le biais d'événements tels que des concours de pitch ou des Demo Day [ .... ] », assure Birane Salane, coordonnateur des incubateurs du groupe ISM (Institut Supérieur de Management) et communicant spécialisé en technologies.

 

Au delà de l'aspect financier, Dakar Network Angels veut aussi consacrer une part non négligeable de son action à l'accompagnement : 

 

« Notre réseau est d’abord engagé à renforcer les capacités des entrepreneurs qu’il choisit d’accompagner à travers le partage d’expérience, le mentorat, l’accès à des opportunités d’affaires, la mise en relation en vue de l’investissement, pour ne citer que ceux-là ».

 

D’origine sénégalaise, né et ayant grandi en France, Bamba Lô choisit de tenter sa chance à Dakar et fonde en Août 2016 PAPS, une start-up spécialisée dans la livraison géolocalisée à la demande . Ce diplômé de la prestigieuse école de commerce Sup de Co Dakar témoigne :

 

« Nous avons été incubés par Orange Fab Senegal et ensuite par Google Launchpad au Nigeria. L'apport est indéniable ! De ce fait, j’ai pu faire le distinguo entre le porteur de projet encore au stade de l'idée et le véritable chef d'entreprise, ou, mieux encore, entre un produit et une marque. Ce sont l'appui et l'expertise de ces deux incubateurs qui nous ont permis de prendre conscience de cette différence fondamentale et de faire grandir PAPS rapidement » .

 

Aujourd’hui sa société, basée à la cité Ker Gorgui, comptabilise 1300 livraisons par jour, réparties entre les régions du Senegal et le Burkina Faso et compte s’appuyer sur d’autres partenaires en vue de développer son réseau à travers toute la sous-région ouest-africaine.

 

                    Bamba Lô, Fondateur de PAPS

 

 

 

Des écoles de commerce qui font rayonner l'excellence académique en matière d'entrepreneuriat

 

En restant plus globalement dans le domaine de l'éducation et la formation, les établissements d'enseignement supérieur basés dans la capitale sénégalaise font émerger une nouvelle classe d'entrepreneurs: Bousculés par la concurrence internationale, des écoles de commerce tels que BME Dakar, IAM Dakar, ISM Dakar ou Sup de Co Dakar ont été amenés à répondre aux nouvelles exigences du marché en ce concerne la pédagogie, la recherche, leur ouverture à l’international ou leurs critères de sélection, ce qui leur a valu par la suite d’être classés parmi les meilleurs dans les pays d'Afrique subsaharienne francophone. Avec une grande probabilité de succès à la clé, car un étudiant ayant poursuivi des études en entrepreneuriat & management dans ces institutions sera mieux armé pour surmonter les défis colossaux liés à la création d’entreprise. Dorénavant, ces écoles de commerce sénégalaises, dont l’excellence n’est plus à démontrer, n’ont rien à envier à leurs homologues occidentaux.

 

 

Un autre point positif qui mérite d'être souligné : De plus en plus d’entrepreneurs à succès ont la même volonté de s’épanouir dans leur travail, à travers de nouveaux challenges générés par le plaisir et la fierté, en contribuant à leur tour à la croissance de l’économie . Tel est le cas du fondateur d’InTouch, Omar Cissé. Motivé par l’envie d’être associé à des projets innovants potentiellement créateurs d’emploi, ce diplômé de l’école polytechnique de Dakar et titulaire d 'un MBA a lancé CTIC Dakar, le premier incubateur du Sénégal qui revêt symboliquement une dimension " d'utilité publique " , et mis en place Teranga Capital, un fonds d’investissement destiné au financement et à l'accompagnement des PME qu’il choisit d’épauler afin de participer à leur réussite.

 

 

 

 

Une marge de progression qui reste encore forte

 

Au niveau de la sphère francophone, Dakar est certes un acteur de poids, mais à l’échelle de tout le continent, son dynamisme entrepreneurial est à relativiser. Dakar se prend désormais à rêver d’une véritable " Téranga Valley ", au même titre que Yabacon Valley au Nigeria ou la Silicon Savannah au Kenya. Mais en possède t-elle réellement les moyens ? Tour d'abord, " Ndakaaru " [ Dakar en wolof,

NDLR ] se doit d' atteindre quelques jalons autour de la thématique du financement et déterminer l’importance de cette question à propos de l’idée de faire émerger de plusieurs communautés de business angels. Même si le rapport " Africa Wealth Report 2018 ", publié les cabinets de recherche New World Wealth et AfrAsia Ban, exclut Dakar du Top 20 des villes africaines où vivent des individus possédant une fortune estimée à au moins 1 million de dollars, il est fort à parier qu’un bon nombre d’anciens chefs d’entreprise, cadres dirigeants et jeunes retraités fortunés auraient le profil requis pour soutenir quelques PME et des start-up locales peu gourmandes en capitaux. La clé réside dans le fait qu’il faille instaurer une fiscalité favorable aux business angels. Sans incitation fiscale ambitieuse, il sera extrêmement difficile de faire émerger en nombre conséquent des réseaux d’anges financiers capables de donner des ailes aux start-up dakaroises et de nombreux projets potentiellement lucratifs ne verraient jamais le jour. 

 

 

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Le comité de direction de Dakar Network Angels abonde dans ce sens estimant que « l’ État doit mettre en place des "incentives" pour inciter les classes moyennes et plus aisées à investir une partie de leur patrimoine dans les startups ».

 

Toujours dans le registre de la fiscalité destinée aux business angels, Bamba Lô, CEO de la start-up PAPS, qui est auréolé du " Prix Orange Innovation 

challenge 2016 " et du " Grand Prix Pitch Hub Africa 2017 ", propose une toute autre lecture :

 

« Le législateur devrait porter sa réflexion sur la constitution de start-up dotées d’un statut à part entière qui bénéficieraient d’ allègements fiscaux les cinq premières années de leur existence, des crédits d'impôt accordés au titre des sommes versées pour l'emploi, ainsi que des subventions pour les projets innovants et des crédits d’impôt R&D [ ... ] ».

 

Le grand challenge pour les entrepreneurs consiste non seulement à trouver des financements, mais également à insuffler davantage d'ambition pour permettre à leurs projets de grandir et maturer au minimum au niveau de la sous-région de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), voire sur l’ensemble du continent. Il est donc tout aussi important pour les start-up et PME de Dakar d’incorporer les concepts de " transfrontalité ", de " commerce intra-africain " et " d'internationalisation " dès les premières esquisses de leur modèle économique.

 

« La taille du marché défavorise les entrepreneurs par rapport à leurs pairs africains anglophones  déplore Dakar Network Angels. Une équipe expérimentée aux profils variés reste effectivement le facteur-clé du succès à tous les stades du cycle de développement. Mais la taille et le niveau de maturité (existence de la demande) du marché adressable sont tout aussi importants » .

 

 

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La mise sur pied de fonds d’investissement et d’incubateurs à vocation multi-sectorielle pourrait bien enlever une belle épine du pied aux porteurs de projets non dédiés au numérique et aux TIC qui suscitent un enthousiasme un peu débordant à la simple évocation de ce secteur.

 

 

 

« il est vrai que les structures d'accompagnement sont focalisés sur les TIC. Cela s'explique par le fait que le numérique permet de lever plus rapidement des fonds. Cependant , la Tech est un secteur transversal qui touche d’autres domaines tels que l'agriculture, la santé, l’éducation, d’où de nouveaux secteurs " hybrides " —l’AgriTech , la HealthTech, l’ EdTech  etc... — qui jouent un rôle prépondérant dans l’économie sénégalaise » explique Birane Salane.

 

Birane Salane, coordonnateur des incubateurs du groupe ISM

 

 

Il est aussi raisonnable d'envisager, comme axe de réflexion, l’idée d’inculquer l’esprit d’entreprendre dès l'enseignement secondaire. Autrement dit une telle initiative donnerait les moyens aux élèves de développer très tôt, à partir de la classe en seconde, des compétences entrepreneuriales de base leur permettant éventuellement de lancer à tout moment leur start-up avant même la fin de leurs études si une opportunité se présentait à eux.

 

En conclusion, si une proposition de loi visant à développer plus en profondeur tout l’écosystème entrepreneurial et numérique tarde à être adoptée, les professionnels et le secteur public n'en demeurent pas moins sérieux dans ce suivi. L’objectif du "Sen Start up Act" est, d’entre autres, de stimuler la création d’entreprise et l’innovation, faciliter l’accès au financement de projets et promouvoir le métier de business angel.

 

« La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une " startup act " , c’est à-dire un ensemble de recommandations pour l’amélioration de l’environnement des affaires pour les entrepreneurs, qui a été portée à la connaissance des autorités publiques et qui devrait être exécutée sous peu. [ ... ] La prise de conscience des pouvoirs publics concernant les opportunités du digital a récemment conduit à la création d’un véhicule d’investissement, dans le cadre d’un accord de partenariat entre la Délégation générale sénégalaise pour l’accélération de l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes (DER) et GreenTec Capital Partners, pour favoriser l’émergence d’un plus grand nombre de startups », se réjouit Dakar Network Angels.

 

 

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 Par Harley McKenson-Kenguéléwa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tags : 

 

journal des startups africaines , journal des entrepreneurs africains

 

 

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