• Harley McKenson-Kenguéléwa

Afrique - France : les chambres consulaires, mobilisées pour libérer le potentiel des PME africaines

Mis à jour : 26 déc. 2020


Soutenir les acteurs économiques, qu’ils soient publics ou privés, favoriser les projets les plus structurants, accélérer le rythme de la formation professionnelle .... Dans les plans de relance économique en Afrique, le rôle des Chambres de commerce, d'industrie, d'agriculture, de métiers et d'artisanat a toute sa place. C'est ce qu'a démontré le colloque en ligne intitulé " Les priorités du développement africain : les solutions pour une coopération innovante, fondée sur les actions des chambres consulaires et des territoires ", qui s’est déroulé le 18 septembre 2020 en coopération avec l’Assemblée nationale française.


Le webzine "CEO Afrique" qui a assisté à cet événement virtuel, en a tiré les éléments les plus significatifs relatifs aux interventions des e-conférenciers.





« [ ... ] Il y a près d’un an, j’avais proposé une espèce de grande plateforme numérique sous la forme d’un "Meetic", gérée à partir du Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères .On aurait pu y faire des rencontres d’affaires, des rencontres de coopération entre les chambres consulaires [ .... ]. Il faudrait s’appuyer notamment sur nos ambassadeurs ayant une bonne connaissance de nos territoires et nos régions. Je prône la mixité des actions avec celles des diplomates africains qui viendraient renforcer le rôle des conseillers diplomatiques auprès des préfets [ ... ] » .  


C'est par ces mots, présentés sous l’aspect d'un plaidoyer très enthousiaste, que Vincent Ledoux   — Député du Nord à l'Assemblée nationale française, rapporteur spécial du budget ‘action extérieure de l’État’, président du GE Diplomatie économique avec l’Afrique et auteur du rapport sur la coopération des territoires avec l’Afrique — a présenté le chapitre introductif du webinaire, modéré par Denis Deschamps, délégué Général de la CPCCAF (Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones), qui s’est tenu le Septembre 2020 depuis le Palais Bourbon pour réfléchir collectivement sur les priorités du développement africain.

Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) et les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) en France sont pleinement mobilisées dans une démarche qui pose les bases d'un véritable partenariat axé autour du co-développement avec l’Afrique, s'inscrivant dans une logique économiquement viable pour les pays bénéficiaires; ceci est d'autant plus vrai depuis le début de la pandémie de Covid-19. Elles constituent un outil indispensable pour le partage d’expérience et de réflexion entre pairs. C’est pourquoi les représentants de plusieurs réseaux ( CCI Paris Ile-de-France, CMA Pays de la Loire, CCI Bordeaux Métropole, CMA du Finistère, CCI Côte d'Ivoire, CCIAM de Pointe Noire au Congo, CCI du Mali, Conseil national des artisans du Sénégal etc ...), diplomates et acteurs majeurs de la vie publique française s’y sont réunis virtuellement.

Chacun à sa manière a souligné l’importance du rôle joué par les chambres consulaires dans l’accompagnement des PME et TPE africaines. El Hadji Magatte SEYE, Ambassadeur du Sénégal en France , observe par exemple qu’il est « important que les gouvernements tracent le cadre et dessinent l’orientation. Mais cela ne pourra se faire effectivement qu’avec l’implication et la participation du secteur privé, notamment par le biais des chambres consulaires » .

Pour sa part, Mounir Mouakhar, président de la Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines Francophones (CPCCAF) et Président de la CCI de Tunis, rappelle que « l’objectif de la CPCCAF qui a été créée en Mai 1973 par les présidents ivoirien, sénégalais et français de l’époque  —  Félix Houphouët-Boigny, Léopold Sédar Senghor et Georges Pompidou — était de promouvoir de l’activité économique entre la France et les pays africains et que cet objectif poursuivi reste toujours d’actualité. [ ... ] » .

Emmanuel COHET, ambassadeur français chargé des partenariats économiques avec l’Afrique, abonde en ce sens, estimant que « dans ce contexte post-covid, il est important de poursuivre notre engagement et tous œuvrer pour la relance de nos économies et, bien sûr, la relance des économies en lien avec nos partenaires africains ».

Dans la même lignée de pensée, Didier Kling, président de la CCI Paris Île-de-France, explique que « [ .... ] lorsqu’il y a une crise économique sur la planète, l’Afrique subit nécessairement des conséquences. Il est important que nous en prenions pleinement conscience pour aider l’Afrique à traverser cette phase difficile et participer à la relance à laquelle les Africains aspirent à juste titre [ .... ]. Il ne peut avoir de croissance sans la présence des chambres de consulaires : chambres de commerce, chambres de métier, chambres d’agriculture [ ... ] » .

De son côté, Joël Fourny, président de CMA France, a mis l’accent sur la thématique de l’artisanat qui a vocation à être développé sur les territoires, indiquant que « Le réseau des chambres de métiers, en matière de coopération, est très engagé depuis un certain nombre d’années, au service des territoires africains, avec une mise à disposition de notre savoir-faire et nos compétences en terme de  formation par alternance [ ... ] ».

Pierre Goguet, président de CCI France et vice-Président d'Eurochambres, l'association des chambres de commerce européennes, salue « le virage tout numérique de la CPCCAF, plus rapide que prévu, qui va déboucher sur un programme de formation à distance, preuve de cette agilité avec des perspectives nouvelles ».

Stéphane Drobinski, directeur général de la CCI Côtes d'Armor se veut, quant à lui, plus pédagogue en tirant les enseignements sa propre expérience passée au Congo, à Djibouti ou au Sénégal :

« L’ objectif du compagnonnage, c’est bien sûr d’améliorer les performances des chambres consulaires. Lorsqu’on mène une action de compagnonnage, on travaille sur le renforcement des capacités internes, que ce soit les ressources humaines, la gestion, ou la communication; en somme, tous les services support qui vont permettre aux chambres de se développer. On travaille aussi à la structuration du tissu économique local. La première mission de compagnonnage que nous réalisons, c’est d’aller voire les chefs d’entreprise locaux pour identifier leurs besoins en terme d’accompagnement. En second lieu, nous analysons les forces et faiblesses d’une CCI ou CMA, ce qui va nous permettre par la suite d’utiliser la chambre comme un outil d’accompagnement des entreprises locales, avec la mise en place de plans de progrès, et de plan d’actions [ ... ]. Il n‘y a que comme cela que nous parvenons à suivre nos missions sur le long terme » .


L’accompagnement des chefs d’entreprise, au cœur de la stratégie de croissance économique en Afrique

« [ ... ] On considère que le développement économique passe par le celui des entreprises, fait remarquer Stéphane Drobinski, directeur général de la CCI des Côtes d'Armor. C’est en tous cas ce que nous prônons en France et , en l’ occurrence, en Afrique. Les entreprises et les entrepreneurs sont créatrices et créateurs de valeur et de richesse [ ... ] . Il faut le défendre et le marteler; il y a que ce moyen là de pouvoir développer des pays et des économies.


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Parmi les chambres consulaires françaises les plus actives dans le paysage de l’accompagnement à l’international, la CMA des Pays de la Loire


Pointe-Noire, capitale économique du Congo

figure aussi en bonne place, eu égard à son savoir-faire . Elle opère en Afrique depuis 1995, notamment au Bénin,au Congo, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Mali et au Togo. L’un des leviers identifié par cette structure passe indéniablement par la formation des chefs d’entreprise locaux. Son chargé de mission à l’international, David Ruffin, fait partager son expérience sur le terrain ainsi que les moments forts de son séjour à Pointe-Noire, capitale économique du Congo.

« Pour entreprendre, il faut maîtriser les principes managériaux et organisationnels. [ .... ] Depuis 2015, nous avons élaboré des formations de primo-entrepreneurs avec les équipes de la CCIAM de Pointe-Noire . C’est à minima une formation qui a pu réunir 466 dirigeants d’entreprises, se déclinant en 5 séquences afin que ces derniers puissent continuer à travailler et à vivre décemment. Parmi ces chefs d’entreprise, figurent des mécaniciens , des boulangers et même des huissiers de justice [ ... ] ! » .

Une assistance très appréciée, dont se réjouit le Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie d’Agriculture et des Métiers de Pointe-Noire, Didier Mavouenzela, qui a tenu à apporter quelques autres précisions :

« [ ... ] L’idée a germé à la suite d’un projet pilote de compagnonnage [ ... ]. Nous avons constaté que nos entreprises locales étaient faiblement structurées, dénuées de vision et, surtout, entretenaient un dialogue peu fructueux avec les banques ou éprouvaient des difficultés à être en cohérence avec les standards du marché. Pour apporter des solutions à ces problèmes, nous avons donc conçu le " parcours d’entrepreneur " doté de 15 modules répartis sur 4 blocs de compétences : ‘Gouverner, diriger’, ‘élaborer sa stratégie’, ‘structurer son organisation’ et ‘bâtir des outils de gestion’. [ .... ] Le parcours, c’est 63 dirigeants formés par promotion de 15. Depuis 2018, nous avons dispensé 20 jours de formation étalée sur 6 mois pour permettre aux entreprises de travailler. Le compagnonnage consulaire a fait gagner du temps à la Chambre de Pointe-Noire » .

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En marge du renforcement de compétences et connaissances dédiées aux dirigeants d’entreprise, la formation technique représente aussi un enjeu vital et stratégique pour les salariés qui veulent maintenir leur employabilité

« [ ... ] Je voudrais insister sur un point très important sur lequel les organismes consulaires ont aussi un rôle très important, c’est l’investissement dans le capital humain, dans la montée en compétences , dans la formation, dans l’expertise et dans les échanges [ .... ] » a ainsi martelé l’ambassadeur français chargé des partenariats économiques avec l’Afrique, Emmanuel Cohet.

Accompagner le développement de filières économiques à fort potentiel

Les travaux de marketing territorial effectués par les chambres consulaires peuvent ouvrir le champ à l’identification et la valorisation de secteurs d’activité prometteurs et inclusifs. À ce titre, David Ruffin, délégué international de la CMA des Pays de la Loire déplore que les ONG, porteurs de programmes de développement en Afrique, soient parfois éloignées des attentes et besoins formulés par le secteur privé local, n’hésitant pas à mettre en avant l’expertise de la Chambre des métiers qu’il représente :

« En collaboration avec la Chambre de commerce et d’Industrie du Mali et en lien avec l’Assemblée permanente des chambres de métiers du Mali, nous travaillons sur la formation professionnelle avec des entreprises locales, dans les métiers de la viande de boucherie, de la mécanique, et de l’automobile, notamment pour les pré-diagnostics de véhicules [ ... ]. Les besoins des entreprises formelles et informelles, que nous constatons localement, reposent sur des attentes techniques. Pour faire progresser les compétences locales, il faut favoriser l’économie endogène ou de proximité ... ».

Pour sa part, le directeur des projets stratégiques de la CCI Bordeaux Gironde, Jean Nazaire Talla, relate ses expériences passées avec la Chambre de Commerce de Côte d’Ivoire.


« [ ... ] Dans le cadre du compagnonnage avec la CPCCAF,  nous avons identifié trois filières prioritaires pour la Chambre : les industries agro-alimentaires, le BTP, l’Hôtellerie et la restauration. Et pour ces filières, c’est un travail de diagnostic qui a été mené avec les équipes des deux CCI, des conseillers ou des experts venus de Bordeaux et ceux de la CCI de Côte d’Ivoire qui ont co-piloté et co-animé ces actions. Et nous avons pu en dégager, à la fin du compagnonnage, un projet de création d’un centre de formation sur les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, secteurs qui sont très demandeurs de main d’œuvre qualifiée, sur lesquels la Chambre de Côte d’Ivoire a identifié un potentiel de croissance [ ...].

Faman Touré, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire confirme que « le compagnonnage, dont la CCI a largement bénéficié, a été couronné de succès. Il y a eu des renforcement de capacités des équipes, de l’appui à la promotion du secteur privé, une mise en place de nouveaux packages de produits, et l’élaboration des business plans [ ... ] » .


Parmi les autres filières économiques à valoriser, il y a lieu de citer l’agriculture, un secteur aux potentialités gigantesques en Afrique, un continent où 65 % des terres arables sont inexploitées, mais qui est confronté à des problématiques majeures : le changement climatique, la sécheresse, l’érosion des sols etc ... C’est en se saisissant de ces questions que David Barthe, directeur général de la chambre d'Agriculture de Saône-et-Loire, veut promouvoir et faire respecter les principes de l’agroécologie dans cette partie du monde.

« [ ... ]  L’agriculture est clairement un élément d’indépendance et central dans la stratégie de développement d'un pays, car il s’agit de nourrir des femmes et des hommes durablement [ ... ]. Avec le compagnonnage sur des projets que nous menons en Afrique, nous allons pouvoir travailler, collaborer et apprendre ensemble pour mieux produire demain et offrir des rendements performants [ ... ]. Nous portons actuellement le projet "Al Bouzhour", en collaboration avec la Chambre de Commerce d'Industrie d'Agriculture des Mines et d'Artisanat du Tchad (CCIAMA), qui valorise  la filière Semences de qualité ».


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Les partenariats stratégiques entre chambres consulaires, éléments-clés du développement des entreprises

Les partenariats conclus entre les chambres consulaires français et les chambres de commerce, d’industrie, d’agriculture et d’artisanat d'Afrique peuvent avoir le mérite de faire bénéficier aux pays receveurs des capitaux, de l’expertise, de la technologie, de la visibilité et des débouchés à l’international via des réseau d’entreprises. Le fort degré d'implication et d’engagement de la CCI de Bordeaux Gironde sur le continent n’est plus à démontrer, comme en témoigne, son directeur des Projets Stratégiques, Jean Nazaire Talla.

« [ ... ] Nous avons mobilisé les entreprises ivoiriennes et co-organisé en partenariat avec la CCI de Côte d’Ivoire un ensemble d’événements locaux qui ont permis d’assurer une promotion forte du sommet Afrique-France [ initialement prévu en Juin 2020 à Bordeaux ] auprès des entreprises domiciliées principalement sur Abidjan ».

Même mobilisation du côté de la Chambre de Commerce et d'Industrie métropolitaine Aix-Marseille Provence (CCIAMP) qui a lancé , en décembre 2017, Africalink, une communauté d’entrepreneurs d’Afrique et d’Europe. La force porteuse de la philosophie de ce réseau : faire du business qui soit profitable des deux côtés de la méditerranée, avec l’idée de mettre sur pied des projets structurants sans sentiment de misérabilisme ou de philanthropie , mais plutôt dans un état d'esprit d'ambition, qu'il faut conjuguer avec réalisme et pragmatisme.

« [ ... ] L’Afrique n’a plus besoin d’aide; elle a besoin de business, d’investissements, de partenaires, et dans les deux sens. Nous voulons travailler en Nord-Sud, en Sud-Nord et en Sud-Sud .... C’est ça la base d’Africalink, explique Denis Bergé, chef des relations internationales à la CCIAMP et délégué général d'Africalink. [ .... ] On oppose souvent l’institutionnel et le business, alors qu’en réalité les deux sont complémentaires. Lorsque nous partons en mission en Afrique avec des entrepreneurs, nous avons tout intérêt à emmener avec nous nos institutionnels qui vont ouvrir les portes politiques et les réseaux afin que le business se puisse se faire ».

Fort de 163 membres, Africalink peut s'enorgueillir d'avoir été choisi en tant que partenaire du sommet Afrique-France  — qui aurait du se tenir à Bordeaux du 4 au 6 juin 2020 — sur le thème de la ville et des territoires durables, un véritable signe de reconnaissance pour ce réseau qui n’a que deux ans d’existence.

De nouveaux leviers pour le développement économique territorialisé en Afrique

Les chambres consulaires ne sont pas seules à opérer sur le continent; d'autres organes étatiques sont reconnues pour leur capacité d’intervention et la mobilisation des ressources humaines, financières et techniques dans le cadre de la coopération internationale, à l’instar du Conseil Présidentiel pour l’Afrique.

« Le Conseil Présidentiel pour l’Afrique a joué un rôle déterminant dans le projet de  développement d’un centre de formation professionnelle et technique au Bénin, financé par des bailleurs de fonds, y compris l’Agence Française de Développement (AFD), se réjouit Mbaye Fall Diallo, enseignant-chercheur à l'Université de Lille, spécialisé dans le marketing et le management des marques, et membre du CPA . Tant que l’on n’aura pas résolu la problématique de la formation professionnelle, il existera toujours un pan entier de la stratégie de développement qui ne pourra pas être mis en œuvre » .

À ses côtés, d’autres acteurs du co-développement ont prouvé leur efficience :

« [ .... ] En ce qui nous concerne, on vient de lancer un "Club Afrique" en Côtes-d'Armor qui permet à nos entreprises de poursuivre ses liens avec les chambres et les entreprises et les CCI que l’on a accompagnées » assure Stéphane Drobinski, Directeur général de la Chambre de Commerce et d’Industrie des Côtes d'Armor.

Le directeur des Projets Stratégiques de la CCI de Bordeaux, Jean Nazaire Talla, souligne, pour sa part que « lorsqu’on regarde les réseaux d’entrepreneurs qui ont été mobilisés, on peut citer le Club d’entreprise " Bordeaux-Afrique " qui a été un élément moteur dans la promotion du sommet Africa-France auprès des partenaires africains, naturellement en coopération très étroite avec les équipes de la CPCCAF »


La trésorerie, nerf de la guerre pour les entreprises africaines

L’occasion est donnée, pour d’autres intervenants, de déceler les freins qui empêchent le développement des entreprises de s’enclencher. Un autre levier à actionner est celui des financements, alors que ceux-ci sont à même d’assurer une pérennité des start-up, PME et TPE, voire permettre à ces derniers d'afficher des ambitions plus élevées en terme de conquête de nouveaux marchés. L’ambassadeur Emmanuel Cohet relève donc, qu’en matière d’identification des priorités, « il y a le défi du financement » .

Un constat partagé par Olivier Louédec , un artisan en construction de bateaux qui a eu à effectuer une mission de compagnonnage à Port-Gentil au Gabon, en Mai 2019 :

« [ ... ] Il y avait de grosses difficultés structurelles. En matière de locaux, chaque artisan était équipé d’un seul toit, ce qui est difficile pour la réalisation de pirogues en résine qui demande de travailler au sec. La plupart d’entre eux étaient très peu outillés, n’avaient pas de trésorerie, ce qui impliquait forcément beaucoup de problèmes ».

Même son de cloche du côté de l’ambassadeur sénégalais en France, El Hadji Magatte Seye qui atteste que le recours au cofinancement « permettrait au secteur privé africain, en rapport avec le secteur privé français, de concrétiser certains projets de développement en Afrique [ ... ] » .


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Permettre aux entreprises d’accéder plus facilement aux financements bancaires ou aux fonds d’investissement auxquels elles sont éligibles constituerait donc un progrès notable.

Grands enjeux et perspectives de développement local

L’évolution du cadre législatif et réglementaire est au cœur du progrès constant d’une société et des efforts accrus doivent être consentis sur les réformes structurelles. Philippe Clerc, spécialiste en intelligence économique internationale à CCI France [ établissement national fédérateur des chambres de commerce et d'industrie françaises, NDLR ] insiste sur la nécessité absolue d’adopter des politiques publiques ambitieuses en matière de développement durable qui, si elles étaient bien élaborées, pourraient avoir un impact considérable sur la dynamique entrepreneuriale. Cet expert-conseiller met en exergue quelques pays africains faisant preuve d’exemplarité et déployant des efforts importants pour tenir compte des pratiques plus éthiques et plus durables dans leur modèle économique :

« [ .... ] Il faut valoriser davantage les petites entreprises qui entrent dans cette dynamique vertueuse. Des études ont été menées au Cameroun, au Gabon, au Tchad, et en Guinée équatoriale sur la pratiques des entreprises. On s’aperçoit que les autorités de ces pays ont encouragé les entreprises à intégrer les normes et les pratiques de responsabilités sociales et environnementales. En ce qui concerne plus particulièrement le Cameroun, le gouvernement a co-élaboré son projet de loi et a mobilisé l’ensemble des parties prenantes, jusqu’aux syndicats de salariés dans les entreprises pour co-écrire une loi dans ce sens [ ... ]. Regardons l’innovation du reporting RSE du droit OHADA qui est entré en vigueur le 1 Janvier 2019 pour encadrer l’obligation d’information sur les RSE. Il faudra que l’on s’en empare pour donner une dynamique dans notre univers consulaire ».

C’est d’ailleurs dans cet esprit que la Chambre de Métiers et de l'Artisanat du Finistère (CMA29) compte intervenir en Afrique. Elle mène déjà les programmes ARCHIPELAGO dédiés à la formation professionnelle avec ses homologues consulaires des Chambres de métiers du Sénégal et du Niger et est également présent au Gabon, en qualité de partenaire technique du programme ACTIF GABON destiné au développement de proximité, porté par CMA France.


« Notre démarche d’accompagnement du secteur privé en matière d’environnement s’appelle " ENVIR’A ". elle s’articule autour de trois axes: un axe de conseils qui vise à la facilitation du respect de la réglementation environnementale par les entreprises , un axe de promotion qui cherche à valoriser l’engagement des entreprises en matière d’environnement, enfin un nouvel axe prometteur qui consiste à améliorer la performance environnementale des entreprises, soutient Olivier Poulhès, responsable de mission Europe et International auprès de la Chambre de métiers et de l'artisanat du Finistère . [ ... ] Nous avons tiré les enseignements d’un diagnostic filière réalisé au Gabon dans la province d’Ogooué-Lolo : Respecter la réglementation, c’est une condition première pour prétendre aux certifications FSC [Forest Stewardship Council : Conseil de Soutien de la Forêt, label environnemental, NDLR ], et une meilleure valorisation de la ressource, et ce fait, un accès à de nouveaux marchés [ ... ] Nous connaissons également la problématique des déchets sur le continent africain. La passerelle est toute trouvée ».


Par Harley McKenson-Kenguéléwa





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