• Harley McKenson-Kenguéléwa

« La révolution numérique a transformé les start-up africaines en véritables moteurs du changement »

Mis à jour : 25 déc. 2020


" Startup Lions ", C'est le titre du dernier livre de Samir Abdelkrim, expert de l’innovation africaine, dont les travaux sont unanimement reconnus par la profession, et initiateur du prochain sommet Emerging Valley 2018. Sa plume nous plonge au cœur du monde de la technologie numérique sur le continent et nous montre comment des jeunes ont créé des écosystèmes entrepreneuriaux sans l’aide des pouvoirs publics. Ses trois ans d'immersion en terre africaine sont retranscrits dans cet ouvrage qui vous en apprend bien plus que des cours théoriques dispensés dans une université. Originaire de Kabylie, ce natif de Marseille nous délivre un message d’optimisme et d'espoir en une Afrique qui veut se réinventer.

(Source : Forbes Afrique)
Samir Abdelkrim au centre de la photo

Forbes Afrique : Existe-t-il une spécificité en milieu entrepreneurial en Afrique ?

Samir Abdelkrim : Les entreprises, tous continents confondus, ont des objectifs de profit, de rentabilité, d’augmentation de part de marché… Les jeunes entrepreneurs du continent africain donnent toutefois à leur start-up une dimension patriotique, un aspect que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Le dévouement et l'amour qu'ils portent à leur pays sont sans égal, ce qui les amène à vouloir résoudre des problèmes dans le but de contribuer au développement et à la transformation structurelle des économies africaines. La révolution numérique a transformé les start-up africaines en véritables moteurs du changement et du renouveau en Afrique.


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Un tel engagement s’explique par le fait que les administrations centrales et les collectivités locales n’ont pas su doter suffisamment leur pays en infrastructures depuis l'avènement des indépendances. Ajouté à cela la mauvaise gouvernance, un fléau qui touche un bon nombre de pays dans cette partie du monde. Aujourd’hui, toutes les sphères de la société y rivalisent de créativité et d’audace pour apporter leur pierre à l’édifice en vue d’un développement pérenne et efficient. Plus singulièrement, l’entrepreneuriat n’ambitionne pas de se substituer à la puissance publique ; il souhaite plutôt accélérer toutes les initiatives de développement. Des start-ups innovantes que je cite dans mon livre, tels que M-Kopa au Kenya ou Tech-Innov au Niger en sont de parfaits exemples.

F.A : Une partie de votre travail aborde l’importance des communautés technologiques qui occupent une place prépondérante dans les écosystèmes entrepreneuriaux africains. On a le sentiment que le numérique serait en passe de devenir le seul moteur de croissance. Ne craignez-vous que les autres secteurs d’activité prometteurs, pourtant plébiscités par les investisseurs (agro-business, santé, finance, transport, énergie …), soient moins valorisés ?

S.A : Le numérique a le mérite de créer des opportunités, des modèles ou des solutions qui transcendent tous les secteurs de l’économie : l’énergie, l’inclusion

financière, l’éducation, la logistique et le transport… Il a su s’attaquer à des problèmes cruciaux, là où l’appareil d’Etat a failli dans son rôle de régalien. Regardez ce qui se passe au Kenya : des millions de personnes n’étaient pas bancarisés. Aujourd’hui, des opérateurs comme M-Pesa leur donnent la possibilité de transformer leur numéro de téléphone en RIB, de faire de leur portable un coffre-fort virtuel et de transformer leur argent en monnaie numérique, de payer leur facture via le mobile. De plus, le numérique en Afrique ne se contente pas d’apporter des solutions « made in Africa » destinées au seul continent ; il résout également des problèmes similaires au Bangladesh, en Inde ou au Brésil. En somme, ce qui s’y passe en matière d’innovation a pour vocation de se globaliser.


L’appropriation de la langue de Shakespeare par des Nigérians, des Kenyans ou des Ghanéens est aussi un facteur déterminant. La barrière linguistique étant levée, ils peuvent se rendre par exemple aux Etats-Unis, notamment à la Silicon Valley, le temple de l’innovation, où ils font aisément leurs armes. Lorsqu’ils retournent au pays pour monter leur boite, ils ont le sentiment d’avoir franchi 5000 étapes et semblent mieux armés pour se lancer dans une aventure entrepreneuriale ! Il est effectivement beaucoup plus difficile pour un ressortissant issu d’une région africaine francophone de s’internationaliser après avoir démarrer une activité dans son pays d’origine. Pour finir, l’écosystème entrepreneurial en terre anglophone est caractérisé par une présence beaucoup plus marquée de business angels, véritables moteurs de croissance, à l’instar du fondateur de « Hotel.ng », Mark Essien, qui positionne désormais comme investisseur pour aider à son tour les sociétés nigérianes les plus prometteuses en quête de financement.


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Toutes ces explications sont toutefois à relativiser. Le fait de démarrer une activité sur un marché national ne constitue pas un obstacle : par exemple, un Ouagalais a tout intérêt à tester son concept innovant au Burkina Faso afin de valider son business model. Par la suite, la question est de savoir si la solution apportée au niveau local est en mesure de résoudre le même problème en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou au Mali. Le cas échéant, il pourrait envisager d’intégrer une dimension panafricaine dans sa stratégie de conquête de marchés. D’autre part, des secteurs comme la FinTech permettent de s’affranchir des « frontières terrestres » et de donner l’occasion à des plateformes comme « WeCashUp » de fournir des solutions bancaires à travers toute l’Afrique, preuve que le numérique est un véritable « enabler ». Autre lueur d’espoir : les fonds d’investissement conçoivent de plus en plus des outils de financement sur-mesure dédiés aux Etats francophones : Teranga Capital au Sénégal, Sinergi Burkina, Sinergi Niger, Partech Africa etc…


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