• Harley McKenson-Kenguéléwa

Concours pour entrepreneurs : une stratégie gagnante pour booster sa start-up ?

Mis à jour : oct. 17


Est-il judicieux de postuler à un concours quand on est porteur d’un projet ambitieux et en quête de financements ? D’anciens lauréats témoignent.

(Source : Forbes Afrique)

Phénomène récent, les événements autour de l’entrepreneuriat sont de plus en plus fréquents sur le continent : concours à la création d’entreprise en phase de pré-démarrage, prix de la meilleure start-up de l’année, trophée de la jeune pousse innovante… Certains y voient un véritable accélérateur de croissance. D’autres, beaucoup plus sceptiques, considèrent ces évènements comme un moyen peu honorable pour les organisateurs de promouvoir leur propre structure au détriment des candidats. Alors, mirages ou opportunités ? La plupart des observateurs interrogés s’accordent en tous les cas à dire que ces compétitions apportent une solution alternative aux banques, jugées trop frileuses pour accorder des crédits. Surtout lorsque les projets requièrent des investissements lourds, rentabilisables uniquement sur le long terme.

Tremplin

Sanoussi Diakité, chercheur sénégalais en agroalimentaire et lauréat de l’édition 2013 du Prix de l'innovation pour l'Afrique (PIA), explique ainsi que « son prix lui a permis de conduire les tests et l'adaptation d'une technologie sur le fauchage mécanique du fonio ». Dotée d’une somme totale de 150.000 dollars, la « Rolls Royce » des compétitions africaines suscite chaque année un intérêt grandissant auprès des porteurs de projet à la recherche de financement partout sur le continent. Même son de cloche chez Mariane Megne, fondatrice de NewFrame, une société qui conçoit des applications mobiles. Cette ingénieure camerounaise est issue de la première promotion du programme TEEP (Tony Elumelu Entrepreneurship Program), établi en 2015 grâce à l’initiative du milliardaire nigérian du même nom. « Au terme d’un Bootcamp au Nigeria, j’ai bénéficié d’un appui financier de 5,000 $, qui m’a servi de capital d'amorçage pour démarrer mon entreprise », se souvient-elle.

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Quant à Mohamed Lamine Bakayoko, qui a remporté 10 millions de francs CFA (15200 euros) lors de l’édition 2015 de CGECI-Academy en Côte d’Ivoire, il souligne la place centrale des concours dans l’écosystème entrepreneurial.

« Les prix décernés constituent de véritables airbags pour nous PME, dont les trésoreries sont toujours très limitées », rappelle ainsi ce dirigeant d’une PME spécialisée dans la torréfaction du café.


Son compatriote, Richard Seshie, gagnant du Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique de l’Année 2012, a pu réaliser avec sa dotation financière de 25000 euros une étude de marché grandeur nature pour sa société Vivus Limited.

« Les fonds reçus grâce au Prix m'ont permis de tester mes hypothèses et mon modèle économique initial. », assure-t-il.

Mais tout ne semble pas rose pour autant. Des gagnants d’autres cérémonies affirment ne jamais avoir vu la couleur du trophée ou se sont vu remettre les sommes promises à une date ultérieure non fixée. Christian Mwijage, fondateur de EcoAct Tanzania et vainqueur d’un concours qui s’est déroulé cet été, en a fait l'amère expérience.

« J’attends toujours mon chèque, car je dois acheter en urgence des machines pour mon usine ». s’était-il confié il y a quelques mois. 

Toutefois, les entrepreneurs candidats ont la possibilité d’adopter une approche différente, en considérant ces épreuves comme un tremplin et non comme une fin soi. Les concours donnent ainsi l’occasion de rencontrer des contacts prestigieux susceptibles d’investir dans leur projet avec des sommes plus conséquentes, assorties d’une bonne visibilité média.

« La couverture médiatique engendrée par le programme TTEP m’a permis d’élargir ma clientèle et un réseau solide d’investisseurs, ainsi qu’une exposition médiatique, bien avant la remise effective du prix ! » renchérit Mariane Megne

Marie-clarisse Bonzia, fondatrice de « Chic-Kwanga », vit un véritable conte de fées sur le plan professionnel. Le prix obtenu lors de l’édition 2016 du concours ABC Innovation dans la catégorie « She for Africa » lui donne l’occasion d’être interviewée par un magazine prestigieux. Mais cette mère de deux enfants, de nationalité congolaise, ne s’imaginait pas une seconde que la publication de l’article servira d’élément déclencheur à d’autres opportunités. Approchée par Radio France internationale (RFI) pour en savoir davantage sur son idée entrepreneuriale, elle obtient également un portrait dressé dans Amina, un magazine féminin francophone, et prépare un projet d’entretien avec Tropics Magazine, implantée à Johannesburg, qui sera prévue au courant du premier trimestre 2017.

« Aujourd’hui, il m’est proposé d’exporter mon concept aux Etats-Unis, dans l'État de l'Alabama et d’ouvrir le capital de mon projet à des investisseurs potentiels. » affirme-t-elle avec enthousiasme et fierté.


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Force est de constater que la mauvaise réputation des concours à la création d’entreprise en Afrique est due en grande partie aux promesses non tenues de certaines d’entre elles. Mais les choses sont en train de changer.

« Lorsque j'ai postulé au programme de la fondation Tony Elumelu en Février 2015, je dois avouer que je n'y croyais pas vraiment. Mais une fois sélectionné, je dois admettre que toutes les promesses ont été honorées », reconnait Henri Makaki Ngolle. Grace à la qualité exceptionnelle de l’encadrement pédagogique, ce porteur de projet camerounais en ressort avec la création de " Kmer Foods ", une start-up ayant pour vocation la promotion de la gastronomie de son pays.


La suite sur le site d'information de Forbes Afrique

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