• Harley McKenson-Kenguéléwa

Les 7 Travaux d' Hercule Que le Nouveau Président de la Centrafrique Devrait Mener

Mis à jour : mars 16




Les Centrafricains ont élu leur président. Ce dernier sera amené à relever de nombreux défis gigantesques auxquels la Centrafrique est confrontée. Tous les prétendants à la magistrature suprême – ou presque – ont été unanimes à reconnaître que le retour à la paix, à la sécurité publique et à la réconciliation constitueront une composante majeure du mandat présidentiel, une condition sine qua non à l’assainissement du climat des affaires. Mais une fois que la stabilité sera réinstaurée, qu’en sera-t-il de la mise en œuvre du programme que portera le nouveau chef de l’état, notamment celle relative à l’entrepreneuriat ? Selon de nombreux experts et observateurs de la vie économique, il est est difficile de percevoir la moindre grille de lecture destinée à comprendre les différentes actions menées dans le pays pour faire émerger une nouvelle classe d’entrepreneurs .


La Centrafrique n’a jamais possédé un véritable écosystème entrepreneurial digne de ce nom et les différentes crises qui ont secoué le pays ces dernières décennies n’ont fait que réduire à néant tous les efforts visant à maintenir un semblant d’activité économique. D’autre part, les organes de l’état et autres institutions bien vieillottes, ayant sous leur tutelle la création et le développement des entreprises, n’ont jamais adopté une politique ambitieuse en faveur des entrepreneurs et ne sont aucunement adaptés aux enjeux pressants. Il est grand temps de changer radicalement de logiciel et mettre en place de nouvelles structures.

L'entrepreneuriat pourrait être au cœur du développement de ce pays et être élevé au rang de priorité nationale au même titre que la restauration de l’ordre public. Le tout nouveau chef de l’Etat aura donc la lourde responsabilité de choisir deux trajectoires diamétralement opposées : soit créer les conditions nécessaires pour faire émerger une nouvelle génération d'entrepreneurs centrafricains et patrons de start-up à succès, ambitionnant ainsi de faire hisser le pays à un niveau comparable à celui du Kenya, du Nigéria ou du Ghana, ou bien maintenir la Centrafrique dans une boucle temporelle au sein de laquelle il continuerait à adopter des positions qui relèveraient exclusivement de la pure politique politicienne, ce qui ferait rester le pays dans le chaos et le visserait éternellement à la dernière place mondiale en matière d’environnement des affaires.

En espérant que le président Touadera s'entoure de collaborateurs expérimentés et de véritables serviteurs de l'état, je vous livre en attendant les 7 chantiers sur lesquels il devrait se pencher en priorité sur le plan entrepreneurial, une politique dont la mise en œuvre devra, selon moi, changer radicalement le visage économique de la Centrafrique.


L’instauration d’un Conseil Centrafricain pour la Promotion de l’Entrepreneuriat et de l’Investissement


Il s’agit de créer une agence de promotion des investissements, dotée de prérogatives larges et puissantes en charge de la planification et du développement de l’entrepreneuriat et des investissements en Centrafrique, un point de passage unique pour ceux qui souhaitent créer une entreprise, obtenir un permis de construire, identifier les secteurs d’activité à fort potentiel de croissance ou nouer des partenariats avec des entreprises étrangères

Calquée sur les modèles singapourien et rwandais qui ont fait leur preuve – respectivement le Singapore Economic Development Board et le Rwanda Development Board –, cette structure serait gérée comme une entreprise privée par un directeur qui devra s’entourer de personnes les plus expérimentées et diplômées d’Ecoles de Commerce. A cet égard, seuls le pragmatisme et la culture du résultat primeront sur les autres indicateurs.


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La stratégie de l’agence serait contrôlée par un Conseil d’administration composé de plusieurs membres, parmi lesquels le Ministre de l’économie du plan et de la coopération internationale qui présiderait ce Conseil, le Ministre du Commerce de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises, les PDG d' entreprises centrafricaines les plus importantes, les dirigeants de quelques firmes étrangères implantées dans le pays, ainsi que certains représentants d’importants fonds d’investissement internationaux dédiés à l'Afrique.

Ces patrons peuvent être associés ainsi à la réflexion sur l’avenir