• Harley McKenson-Kenguéléwa

Sortie de crise Covid-19 : Quel plan de relance pour les économies africaines ?

Mis à jour : mai 16


Après une longue période de confinement, suivie de mesures de déconfinement progressif, les dirigeants d’entreprise et patrons d’usine africains se demandent comment ils vont préparer le redémarrage de leur activité. À travers son émission-live qui s’est tenue le 18 Juin 2020, la "Tribune Afrique", en partenariat avec l'agence conseil 35°Nord, a interrogé un panel d'experts composé de Ylias Akbaraly, PDG du groupe Sipromad & président du Conseil d'administration de Thomson Broadcast , Philippe Labonne, directeur général adjoint de Bolloré Transport & Logistics, Kako Nubukpo, doyen de la Faculté de sciences économiques et de gestion de l'Université de Lomé (Togo) et Remy Rioux, directeur général de l'Agence française de développement (AFD) . Ces derniers ont formulé des propositions de sortie de crise, en fonction de la manière dont la pandémie sera maîtrisée.


Pour notre part, le webzine CEO Afrique, qui a visionné la conférence, en a profité pour prendre également la température des échanges commerciaux entre les pays africains et la France.




La guerre contre le coronavirus n’est pas seulement sanitaire; elle est aussi économique par la grande ampleur des conséquences de cette crise du Covid-19. La pandémie a eu l'effet d'un véritable coup de massue sur la croissance économique des pays africains.


« [ .... ] La pandémie du Covid-19 a engendré une déstructuration des circuits logistiques et une baisse du cours des matières premières. On a assisté à une véritable dégringolade du prix du pétrole [ ... ], analyse Kako Nubukpo, citant au passage des pays comme le Nigeria, l’Algérie et l’Angola qui dépendent étroitement de l’exportation de l’or noir. On voit bien qu’il y a eu une chute des recettes touristiques et une baisse des transferts d’argent des migrants en direction de l’Afrique » poursuit l’économiste togolais.


La situation est d’autant plus préoccupante que Rémy Rioux, directeur général de l'Agence française de développement (AFD) tire la sonnette d'alarme :


« La Commission économique pour l’Afrique parle de l’ordre de 20 millions d’emplois qui pourraient être perdus à court terme. À l’AFD, via notre filiale PROPARCO, nous sommes évidemment extrêmement inquiets pour nos clients du secteur privé africain — tourisme, transport aérien, secteur alimentaire, secteur extractif — . Tous ces secteurs sont frappés par ce choc externe » .


Parmi les autres institutions qui se sont engagées à soutenir les PME et TPE africaines, figurent le groupe Ekobank et l’Agence de Développement de l’Union Africaine (AUDA-NEPAD).


Par ailleurs, la différence de réponse et de tonalité des politiques de dépenses publiques en Afrique par rapport à l'Europe se reflète dans le fait qu’il n’y a pas vraiment eu de dispositifs de soutien aux revenus des ménages, dont la plupart se trouvaient déjà dans une situation de précarité extrême. Un très grand nombre de travailleurs n’ont bénéficié d'aucune protection sociale au moment où le confinement a été mis en œuvre et sont restés chez eux sans revenus de subsistance. Eu égard à l’insuffisance de la mobilisation des ressources publiques, les marges de manœuvre des pouvoirs publics paraissent très limitées. Ajouté à cela, il convient de noter que le taux d’épargne sur le continent est relativement insuffisant, du fait du faible niveau des revenus, et les systèmes de retraite ne couvrent qu’une partie infime des populations. Il est difficile dans ces conditions d’envisager sérieusement une relance de la demande, moteur de croissance menant à la relance de la production et à la création ou la préservation d’emplois.


L’heure est désormais venue de gérer efficacement les situations d'urgence et de survie auxquelles doivent faire face les TPE et PME locales qui sont à l'arrêt. Mais la réouverture de ces entreprises ne permettra sans doute pas de ramener dans l’immédiat les économies à leur niveau antérieur. Les effets dévastateurs du coronavirus ont amené les intervenants à se poser la question de plusieurs scénarios de sortie de crise .


Vers une nouvelle dynamisation des relations économique et commerciale entre le continent africain et la France ?