• Harley McKenson-Kenguéléwa

À la recherche des Business Angels d’Afrique francophone

Mis à jour : mai 16


L’activité de business angels est encore à l'état embryonnaire dans la majorité des pays d’Afrique francophone, pour des raisons d’ordre juridique, sécuritaire, social et pédagogique.

(Source : Forbes Afrique )
À la recherche des Business Angels d’Afrique francophone

Au Burkina Faso, Moctar Dembélé et Gérard Niyondiko conçoivent en 2013 un savon anti-moustique innovant baptisé « Faso Soap » pour lutter contre le paludisme. Malgré les immenses potentialités que regorge leur start-up, ils peinent à trouver des financements et s’en remettent trois ans plus tard à la générosité des internautes via le crowdfunding pour récolter des fonds. Cet exemple, qui n'est pas un cas isolé, en dit long sur l’état du marché quasi-inexistant de l’investissement individuel en Afrique francophone, alors que l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Kenya et le Ghana, qui ont eu un rôle précurseur en la matière, semblent conserver une longueur d’avance sur toute l'étendue du continent. Seules les sociétés ayant atteint un stade de développement plus avancé semblent avoir les faveurs des gros fonds d’investissement. Mais la grande majorité des Etats membres des espaces CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) et UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) tardent à favoriser l'émergence de business angels, également connus sous l'appellation « d’anges financiers ».

Un business angel est une personne fortunée qui investit son argent, puisé dans son épargne, dans des projets à fort potentiel de croissance qu'il aura choisis en fonction de son secteur d’activité de prédilection. La principale motivation qui anime un ange financier réside dans la volonté de payer moins d’impôts. Cependant, la législation dans les pays de l’OHADA, l’Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des affaires, ne prévoit pas un ensemble de mesures incitatives très poussées d'ordre fiscal et les textes relatifs à l’investissement individuel sont assez flous, pouvant parfois induire les lecteurs en erreur, car le terme « investisseur » y est utilisé à toutes les sauces : de temps à autre, nul ne sait s’il s’agit d’un financier au sens premier du terme ou si l’on parle tout simplement d’un entrepreneur qui souhaite développer ses activités.

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Aux Etats-Unis, le pays le plus en pointe au monde en matière d’investissement individuel, l’expérience montre que seuls les avantages fiscaux motivent les personnes à injecter leurs fonds dans le capital d’une société. En outre, il est plus judicieux pour l’Etat de donner un « coup de pouce fiscal » à des anges financiers, réputés soutenir l’économie nationale et davantage téméraires que les banques pour leurs prises de risque, plutôt que d’accorder des crédits d’impôts aux sociétés naissantes. Il en va donc de la responsabilité des nations appartenant à l’espace OHADA d’étoffer l’arsenal juridique dans ce sens.

Le fait qu’un particulier aspire à devenir un business angel laisse supposer qu’il possède un passé professionnel de chef d’entreprise ou de cadre dirigeant, doté de surcroît d’une expertise technique qui lui permet de dénicher les meilleurs projets dans le secteur d’activité qu’il maitrise parfaitement.

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Or le tissu économique dans la majorité des pays d’Afrique francophone, dominé par les TPE (Très Petites Entreprise), est très faible et se renouvelle trop lentement